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Forum économique France Cameroun: Intégralité du discours de Paul Biya

Il s’est exprimé le 31 janvier 2013 à la clôture de la rencontre, à Paris

Je voudrais d’abord remercier mon ami, Monsieur le Ministre Michel ROUSSIN pour les paroles aimables qu’il a eues pour me souhaiter la bienvenue et me présenter la structure des travaux qui vous réunissent. Je voudrais également remercier les orateurs qui ont porté témoignage de leurs activités au Cameroun, activités présentes ou futures. Je suis charmé et convaincu que beaucoup d’autres entreprises vont les suivre.

Monsieur Michel ROUSSIN, Vice-président du MEDEF International,
Mesdames et Messieurs les représentants des patronats français et camerounais,
Honorables invités,

Je voudrais tout d’abord remercier le MEDEF d’avoir contribué à organiser cette rencontre et d’y avoir convié de hautes personnalités du monde des affaires. Certaines d’entre elles ne me sont pas inconnues, car, à travers diverses époques, leurs sociétés ont déployé leurs activités au Cameroun ou continuent d’y être présentes. Je vous sais gré à toutes et à tous d’être venus.

Des rencontres comme celle-ci sont importantes à divers titres. Elles permettent de renouer certains contacts anciens. Elles donnent aussi l’occasion à des investisseurs qui ne connaissent pas le Cameroun de découvrir des opportunités d’affaires. Et peut-être aussi, aux uns et autres, de se rendre compte que mon pays a beaucoup changé.

Il y a quelques années, j’étais venu à votre rencontre. Je vous avais alors annoncé qu’après plus d’une décennie d’efforts et de sacrifices, mon pays, le Cameroun, venait d’atteindre le point d’achèvement de l’Initiative PPTE et que s’ouvraient de nouvelles perspectives de notre économie.

Je vous avais également indiqué que mon pays allait se lancer dans un vaste programme d’investissements dans les infrastructures de production d’énergie et celles routières, portuaires et aéroportuaires.

J’avais enfin émis le v u de voir le secteur privé français s’engager dans cette dynamique et se joindre à mon pays afin de contribuer avec nous à la réalisation de nos grandes ambitions économiques.

Que s’est-il passé depuis lors ?

J’espère que les exposés des ministres qui m’accompagnent, sur la politique économique du Cameroun, et les échanges qu’ils ont eus avec vous ou avec vos représentants, vous auront permis de mesurer les progrès accomplis par le Cameroun. Ils auront pu vous assurer que les perspectives n’ont jamais été aussi favorables à l’économie camerounaise, malgré un environnement international difficile, marqué par la crise. Et de ce fait, ils auront pu vous convaincre de venir sur place afin d’examiner les conditions d’une éventuelle participation à nos grands projets qui balisent notre marche vers l’émergence à l’horizon 2035.

Nous voici donc au terme de cette rencontre.

Les échanges et les débats qui l’ont illustrée, ont, semble-t-il, fait apparaître la disposition de diverses entreprises françaises de nous accompagner dans la réalisation de nos objectifs. Je m’en réjouis vivement.

Je note que lors du 25ème Sommet Afrique/France qui s’est tenu en 2010, cette question avait déjà été évoquée. Il avait été alors constaté que sans la participation de partenaires extérieurs, notamment français, l’atteinte des objectifs du Millénaire serait difficile. En contrepartie, il avait été reconnu que, de notre côté, il était nécessaire d’améliorer l’environnement des affaires en renforçant sa lisibilité.

Je dois vous dire, en ce qui concerne le Cameroun, que cet environnement s’est considérablement amélioré grâce aux réformes entreprises pour promouvoir la bonne gouvernance et la lutte contre la corruption. Nous nous préparons à aller encore plus loin.

Au regard de la demande récurrente des investisseurs, le Gouvernement de mon pays a engagé une réflexion, de concert avec le secteur privé camerounais, afin de mettre en place un nouveau système d’incitations plus attractif.

Ce nouveau système sera discuté en février 2013, à l’occasion du Cameroon Business Forum qui est une plateforme d’échanges entre le Gouvernement et le secteur privé. Après ces discussions, ce nouveau projet sera présenté comme projet de loi à l’Assemblée Nationale.

Je saisis cette occasion pour marquer notre appréciation des initiatives prises par le Gouvernement français pour soutenir nos projets de développement dans différents domaines.

Mesdames, Messieurs,

Les principaux thèmes débattus en commun par les représentants des entreprises françaises et camerounaises et les ministres qui m’accompagnent, montrent bien que les secteurs de notre économie où existent des opportunités d’investissement ne manquent pas. Notre Document de Stratégie pour la Croissance et l’Emploi a défini cinq secteurs prioritaires de concentration de l’investissement qui sont les infrastructures, la production, l’éducation, la santé et la gouvernance.

De même, notre nouvelle politique agricole, qui vise à faire du Cameroun « le grenier de l’Afrique», appelle la modernisation de notre agriculture, de notre élevage et de notre pêche.

Autant de chantiers ouverts pour la création des joint-ventures entre les PME françaises et les PME camerounaises.

Je suis heureux de constater que durant vos échanges, vous avez identifié les partenariats que les hommes et les femmes d’affaires français pourraient établir avec leurs homologues camerounais. Le Gouvernement de mon pays est prêt à tout mettre en uvre pour favoriser ces partenariats. Les investisseurs français ont un rôle à jouer dans le renforcement du secteur privé dont les autorités camerounaises voudraient faire le moteur de la croissance économique de notre pays.

Bien entendu, les conclusions de vos échanges ne doivent pas rester lettre morte. Il faut passer à la pratique. C’est ce que nos populations attendent.

Je crois que les circonstances s’y prêtent. En septembre 2011, j’avais dit à mes compatriotes que l’année suivante le Cameroun serait un « immense chantier ». Je ne m’étais pas beaucoup trompé. Barrages, routes, ports, infrastructures diverses sont sortis de terre. De toute évidence, cela n’a été possible que grâce à la stabilité politique dont nous jouissons.

Contre vents et marées, le Cameroun avance. Il sait que pour atteindre ses objectifs, il aura besoin de ses partenaires extérieurs, Etats ou sociétés privées. Il comprend aussi que chacun doit y trouver son avantage, dans un partenariat gagnant-gagnant, pour utiliser une expression consacrée.

Je me dois dans ce sens, de me féliciter du partenariat particulier que mon pays entretient avec la France et les hommes d’affaires français.

Les résultats auxquels nous sommes parvenus jusque-là, nous les devons en grande partie à nos partenaires français.

L’Agence Française de Développement, occupe à cet égard une place de choix. Elle a su mener à bien le premier Contrat de Désendettement, Développement (C2D), et suscité l’élaboration d’un deuxième C2D et son adoption par d’autres pays.

Je voudrais également relever la contribution de nombreux groupes français dont j’ai parlé au début de mon propos. Par leurs technologies, leur expertise et leur savoir-faire, ils continuent d’ uvrer pour le décollage économique de mon pays.
Je voudrais les rassurer que mon Gouvernement et moi-même restons à leur écoute pour créer les conditions les meilleures à leur plein épanouissement.

Mesdames, Messieurs,

Le Cameroun est-il un bon risque ? Nous le pensons et nous le disons. Le Cameroun a-t-il de l’avenir ? Nous le pensons aussi et nous le disons. C’est pourquoi je vous invite à saisir les opportunités qui se présentent aujourd’hui de participer au développement du Cameroun de demain.

Avant de conclure, je voudrais dire ma satisfaction à tous ceux qui ont contribué à la préparation et à l’animation de cet important rendez-vous économique franco-camerounais et les remercier pour leur excellent travail.

Je vous remercie de votre attention.

Paul Biya s’est exprimé devant les chefs d’entreprises français et les officiels camerounais le 31 janvier 2012 à Paris
Prc)/n
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