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A Achille Mbembe. Ce n’est pas le peuple de Mandela qui devient fou, c’est l’ANC

Par Alexis Dieth

Mise en contexte, par Journalducameroun.com: L’Afrique du Sud est secoué depuis quelques jours par une vague de xénophobie qui touche les étrangers africains vivant dans ce pays. « Je ressens une énorme honte à la fois pour l’Afrique du Sud et pour l’Afrique en générale. Beaucoup de honte, parce qu’au fond, petit à petit, une idéologie de la haine est en train de s’ancrer dans la mentalité sud-africaine et il sera, à mon avis, assez difficile de déraciner cette idéologie », a déclaré le philosophe et historien camerounais Achille Mbembe, résidant en Afrique du Sud, dans une interview accordée à RFI le mardi 21 avril 2015. (L’opinion partagée ci-dessous a été publiée le 20 avril, certainement en référence à des propos de même type tenus par Achille Mbembe).

Non! Monsieur Achille Mbembe! Ce n’est pas le peuple de Mandela qui devient fou! C’est l’ANC au pouvoir en Afrique du sud qui a trahi l’héritage de Mandela et qui devient fou. C’est l’ANC au pouvoir en Afrique du sud qui a trahi l’héritage de Mandela (cf. Notre article [i «Nelson Mandela ou le pouvoir du caractère» décembre 2014) en s’accaparant le pouvoir politique et en partageant le pouvoir économique avec les Blancs au détriment du petit peuple noir sud-africain. C’est cette ANC qui détourne la colère du petit peuple spolié sur les boucs émissaires « étrangers ».

Ciril Ramaphosa, un des compagnons de route de l’ANC de la dernière heure, est devenu l’un des hommes les plus riches d’Afrique du sud sans compter une pléthore d’autres tandis que le petit peuple, sur lequel ces oligarques sud-africains noirs n’hésitent pas à faire ouvrir le feu comme en témoigne le massacre de mineurs en grève, crève la dalle! Monsieur Achille M’bembe vous qui aviez déménagé avec armes et bagages au pays de l’anticolonialisme et du panafricanisme triomphant, porté au pinacle en Afrique Noire , vous devez maintenant avoir le courage de tourner votre critique contre cette élite prédatrice noire qui est en train de sucer le sang du petit peuple sud africain et qui en détourne la colère vers les boucs émissaires «étrangers»!

Ne vous contentez pas d’une condamnation générale! Parlez plutôt de la responsabilité de Jacob Zuma, de ses châteaux, de cette bourgeoisie de parvenus noirs tous membres de l’ANC qui, indifférents à la misère du plus grand nombre, s’empiffrent.

Brocardez ces rois traditionnels qui furent des collaborateurs zélés du pouvoir blanc sous l’apartheid et qui en appellent aujourd’hui à l’expulsion des étrangers noirs!

Parlez de la dérive oligarchique des compagnons de Mandela! Parlez de leur goût immodéré pour l’ostentation dans une Afrique du sud plus inégalitaire que jamais.

Parlez de Jacob Zuma et de son prédécesseur Thabo Mbeki qui avaient tous les deux dépêché aux portes d’Abidjan une flotte surarmée pour soutenir et défendre l’imposture et la violence meurtrière de Laurent Gbagbo un autre «anticolonialiste» et «panafricaniste» xénophobe qui sévissait en Côte d’Ivoire.

Pour ce qui nous concerne nous n’avons jamais été dupes de l’esbroufe «panafricaniste» et «anticolonialiste» de ces prédateurs qui ont oublié leur origine, les townships, aussitôt le pouvoir d’Etat dans leurs mains. Ils ont commencé à se remplir le ventre et les poches au détriment du peuple noir et à trahir l’héritage de Mandela avant sa mort. Comme hier en Côte d’Ivoire, les «étrangers» en Afrique du sud, aujourd’hui, ne sont que les boucs émissaires et les victimes expiatoires d’une politique locale de prédation qui s’appuie sur un système endogène de domination dont nous révélerons bientôt l’architecture.

Le petit peuple qui s’engage dans ces ratonnades meurtrières est un peuple manipulé et instrumentalisé par des politiciens sans foi ni loi.

Alexis Dieth
conakrypost.net)/n

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