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Cameroun: Doume, plaque tournante du trafic faunique?

Des écailles de pangolin (c). Droits réservés

Les braconniers et présumés trafiquants des villages environnants y transportent «leur marchandise» pour les acheminer dans les capitales.

Un homme a été interpellé pour trafic et vente d’écailles de pangolin à Doume, dans la région de l’Est Cameroun. Il a été arrêté par des agents de la Délégation divisionnaire de la forêt et de la faune du Haut Nyong, le 3 février, alors qu’il tentait de vendre 40 kg d’écailles de pangolin.

L’opération a été menée en collaboration avec la police, le cabinet du procureur de la République avec l’assistance technique de LAGA, un groupe de protection de la nature.

L’homme a été arrêté chez lui au moment où il déplaçait son butin. Selon les informations recueillies, il appartient à un important réseau de trafic dans la région. Les membres de ce groupe ont été traqués par une équipe d’enquêteurs pendant plus de six mois. Le réseau est spécialisé dans la fourniture d’énormes quantités d’écailles de pangolin dans la région, qu’ils revendent dans les grandes villes, Yaoundé et Douala.

Les agents de sécurité avaient pour cible, deux trafiquants. L’un d’eux a pris la fuite dès qu’il a aperçu les forces de sécurité. A bord d‘une moto, il a pu se faufiler dans les dédales d’un quartier et échapper aux équipes. Son compère n’a pas eu la même chance et s’est vu arrêter et sa « marchandise » saisie.

Située le long de l’autoroute Yaoundé-Bertoua, à environ 278 km de Yaoundé, la ville de Doume s’est vite transformée en plaque tournante de collecte et la fourniture d’écailles de pangolin.

Les braconniers locaux et les trafiquants des villes et des localités comme Abong-Mbang, Dimako, Bertoua, Nden-Ndam, Kouen, Mendim, etc. y transportent et y revendent des écailles. Celles-ci sont achetées et stockées par certains grands trafiquants basés à Doume qui les transportent à leur tour à Yaoundé et à Douala, où ils fournissent d’autres trafiquants qui en exportent au Nigeria et en Asie (les écailles sont prisées pour leurs «vertus thérapeutiques»).

En mai 2018 déjà, trois personnes ont été arrêtées dans la ville pour trafic d’écailles de pangolin. La loi faunique camerounaise précise que toute personne reconnue coupable de ces accusations encourt une peine pouvant aller jusqu’à 3 ans et une amende pouvant aller jusqu’à 10 millions FCFA.

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