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Cameroun-Extrême-Nord: le Certificat d’études primaires de 43 000 élèves en péril

Des élèves à l'Extrême-Nord. Lendemain incertain? (c) Droits réservés

Ils n’ont pas d’acte de naissance. Document essentiel pour la composition des dossiers pour ce premier examen.

La région de l’Extrême-Nord enregistre le taux le plus bas d’enregistrement des naissances au Cameroun (42%). Ces chiffres datant de 2014, sont du Fonds des Nations Unie pour l’enfance (Unicef). L’absence de ce document qui marque l’existence d’un être humain, selon le Bureau national de l’état civil (Bunec) a recalé 18 000 enfants, en classe de Cours moyen 2 (Cm2). Ils n’ont pas pu passer le Certificat d’études primaires (Cep) l’année dernière.

L’acte de naissance étant une pièce essentielle pour la constitution du dossier à ce premier examen officiel. Pour cette année scolaire 2018-2019, d’autres recalés s’annoncent. En effet, sur les 400 000 enfants n’ayant pas d’acte de naissance dans cette région, 43 000 sont en classe Cm2. Les épreuves écrites et orales du Cep se déroulent du 11 au 12 juin prochain sur l’étendue du territoire national.

D’après les chiffres de l’Unicef, les régions du Sud-Ouest et de l’Est sont également frappées par ce phénomène. En effet, d’après les études de l’organisme onusien, chaque année, environ 1/3 d’enfants ne sont pas enregistrés à la naissance. En 2014, seulement 66% de naissances ont été enregistrées au Cameroun. Une situation généralement plus accrue dans les zones rurales: 48% contre 81% dans les zones urbaines.

Un phénomène qui inquiète plusieurs membres de la société civile. Les pesanteurs culturelles, la pauvreté ambiante, l’insécurité, l’analphabétisme, le manque d’infrastructures sont quelques causes du manque d’enregistrement des naissances au Cameroun. Selon le Bunec, sur les 8 centres d’état civil existant à Bétaré-Oya dans la région de l’Est, seuls deux sont fonctionnels. Ainsi, sur les 2800 centres d’état civils secondaires que comptent le Cameroun, moins de 113 fonctionnent. En plus, on note un manque de personnels. Autant de faits qui maintiennent le phénomène d’enfant «apatride» dans ces zones.

La convention relative aux droits de l’enfant (Cde) ratifiée par le Cameroun et entrée en vigueur au pays le 10 février 1993 édicte que l’enfant doit être enregistré aussitôt à sa naissance. L’état des lieux de l’enregistrement des naissances a été repassé en revue le 21 février dernier par des experts lors d’un atelier de formation à l’attention des journalistes à Yaoundé.

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