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Cameroun : Mebe Ngo’o lâché par ses frères du Sud

Edgard Alain Mebe Ngo'o, entouré des ministres Jules Doret Ndongo et de Jacques Fame Ndongo, en 2017, devant le palais présidentiel, alors que le chef de l'Etat rentre d'un voyage de l'étranger.

Dans une motion de « soutien au chef de l’Etat », les « forces vives de la région du Sud » apportent leur soutien à l’actuelle campagne de lutte contre la corruption au Cameroun.

Son nom ne figure désormais plus dans les décriées motions de « soutien au chef de l’Etat ». Pris en grippe par la justice du Cameroun qui le soupçonne de détournement de la fortune publique, Edgard Alain Mebe Ngo’o est de toute évidence lâché par ses frères du Sud.

Ceux-ci viennent de réaffirmer leur soutien à la lutte menée par le chef de l’Etat contre les prévaricateurs de la fortune publique. Lutte qui vient de faire une victime, en la personne de Mebe Ngo’o, ancien ministre.

C’est du moins ce que révèle la « motion de soutien » au président Paul Biya datée du 10 mars à Ebolowa, la capitale régionale du Sud, fief du clan Bulu dont est issu le président Paul Biya.

Dans les colonnes du quotidien gouvernemental Cameroon Tribune de ce 13 mars, un millier de noms des « forces vives de la région de Sud » noircissent les pages 8 et 9.

Dans le   traditionnel dithyrambe d’allégeance, les « créatures » affirment soutenir « énergiquement la lutte menée par les pouvoirs publics contre la corruption [et] la délinquance économique ».

Sous la conduite de Jacques Fame Ndongo, ministre d’Etat, ministre de l’Enseignement supérieur, membre influent du bureau politique (le saint des saints) du RDPC au pouvoir ; l’élite de la région du Sud rappelle que le président Paul Biya n’est pour rien dans l’actuelle campagne contre les détournements de deniers publics.

« Rappelons, à ceux qui feignent de l’ignorer, que Son excellence Monsieur Paul Biya est le garant constitutionnel de l’indépendance de la justice. Celle-ci a toujours dit le droit au nom du peuple camerounais, et dans le sacro-saint principe de la séparation des pouvoirs », font savoir les signataires du document.

En clair le président Paul Biya n’est en rien impliqué dans la procédure judiciaire en cours en ce moment contre son « fils », l’ancien ministre Edgard Alain Mebe Ngo’o.

Ce dernier est en détention provisoire au pénitencier de Kondengui depuis le 8 mars. La justice le soupçonne de surfacturations dans l’achat de matériel militaire du temps où il était ministre de la Défense, entre 2009 et 2015.

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