Politique › Judiciaire

Drame d’Eseka: les procédures judiciaires piétinent en France

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Le Tribunal de Creteil vient de refermer l’information judiciaire qu’il avait commandé au motif qu’il n’était pas prouvé que les  infractions reprochées auraient été commises par les dirigeants de Camrail.

Les plaintes contre le groupe Bolloré portées devant la justice française à la suite de la catastrophe ferroviaire d’Eseka aboutiront-elles? La question se pose alors que le dossier ouvert devant le Tribunal de Creteil vient de se refermer. En effet, le doyen des juges d’instruction a établi la «non recevabilité à se porter partie civile» du Comité de libération des prisonniers politiques (CL2P) et le Syndicat national des conducteurs de train du Cameroun (SPTC). Selon lui, ces organisations n’ont pas subi de préjudice personnel et direct à la suite de cette catastrophe.

Un autre argument avancé par ladite instance serait l’absence de preuves démontrant que les infractions reprochées auraient été commises par les dirigeants de Camrail, et pour le compte de cette dernière.

Le CL2P et le SPTC avaient déposé une plainte avec constitution de partie civile pour tentative de meurtre, homicide involontaire par personne morale et par violation manifestement délibérée d’une obligation réglementaire de sécurité ou de prudence, blessure involontaire et  non-assistance à personne en danger…

Cette démarche est rejetée à Creteil au moment où au Cameroun, le rapport de l’enquête officielle a établi la responsabilité de Camrail dans l’accident qui a fait officiellement 79 morts et plus de 575 blessés.  Selon les conclusions de l’enquête communiquées le 23 mai dernier, cette société aurait mis en route un train surchargé et présentant une rallonge inappropriée de la rame, une défaillance du système de freinage ainsi qu’une motrice dont le freinage rhéostatique était hors de service.

Le CL2P et le SPTC ont interjeté appel de la décision du Tribunal de Créteil devant la Chambre  Le recours a été enregistré le 22 juin. «Il s’agira de démontrer que le cercle des victimes d’Éséka est extrêmement large, et que le drame du 21 octobre 2016 a directement impacté les buts et objectifs des organisations plaignantes. Par ailleurs, il est indiscutable que les infractions reprochées ont été inspirées par le profit, et que l’heure de la reddition des comptes est proche», indique les plaignants.

 

 

 



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