Société › Société

Exploitation forestière au Cameroun: l’illégalité tisse sa toile

Du bois suscite les appétits des exploitants. (c) Droits réservés

Le rapport 2018 de l’Oie remet au goût du jour diverses infractions commises par les exploitants forestiers dans le cadre de l’exploitation des ressources des forêts au Cameroun.

La liste des dérives est longue. Le rapport annuel 2018 de 53 pages de la Coordination de l’Observation indépendante externe (Oie), égrène le chapelet des infractions des exploitants forestiers: l’exploitation en grume non autorisé, l’abattage de bois dans les forêts communautaires, souches houppiers et billes non marquées, exploitation des essences interdites (Bubinga), non délimitation des assiettes annuelles de coupe (Aac), abandon des billes en forêt ou dans les parcs à bois abandonnées, obstruction des cours d’eau, chevauchement des limites entre les ventes de coupes (Vc) et les forêts communautaires (Fc), création et extension des champs communautaires et des plantations agroindustrielles…

Autant de dérives relevées par l’Oie (regroupe plusieurs organismes luttant contre l’exploitation forestière illégale) dans les forêts communautaires et les forêts communales des régions de l’Est, du Littoral, du Sud et du Centre, les forêts domaniales des régions de l’Est, Sud et Littoral. Les contrevenants aux différentes lois sur l’exploitation forestière profitent en général de la misère ambiante qui règne dans ces localités, de l’analphabétisme des populations et de la corruption.

Les acteurs du secteur semblent se plaire dans le milieu émaillé de dessous de table et pots de vin en tout genre. Une étude du Centre de recherche et d’action pour le développement durable en Afrique centrale révèle que «20% seulement des impôts versés par les compagnies forestières aux communes sont investis dans le développement local». Une autre enquête menée par Greenpeace Forest Monitor et le Centre pour l’environnement et le développement (Ced), estimait à 100 milliards Fcfa de pertes enregistrées chaque année du fait de cette gangrène implantée dans l’exploitation forestière au Cameroun.

Sanctions

En 2018, une dizaine de sociétés d’exploitation forestière ont été sanctionnées par des amandes s’élevant à plus de 10 millions de Fcfa pour certaines ainsi que la suspension des titres d’exploitions forestières. Des sanctions en rapport avec des infractions concernent aussi bien l’exploitation illégale que l’exploitation hors des limites de l’assiette de coupe attribuée. Les nombreuses sanctions du gouvernement à l’encontre des exploitants véreux n’y font rien.

A lire aussi: Exploitation forestière: la mise en garde du ministre de l’Administration territoriale

Une source au ministère des Forêts et de la Faune (Minfof) explique la suite donnée à ces punitions «l’entreprise (sanctionnée) a la possibilité de solliciter la transaction c’est-à-dire qu’elle est punie et demande à transiger. La possibilité de transaction permet l’absolution de la faute avec l’engagement à ne plus le faire. Il y a des sanctions pécuniaires pour réparer la faute». Ainsi, la récidive suppose une amende plus lourde lors des prochaines sanctions et non le retrait complet du permis d’exploitation. Mais «vous n’avez plus droit aux documents sécurisés» que lorsqu’il y a non-paiement de la transaction.

À LA UNE
Sondage

Un candidat de l'opposition a-t-il une chance de gagner la présidentielle 2018 au Cameroun?

View Results

Loading ... Loading ...
Retour en haut
error: Contenu protégé