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Financement : L’Etat lance la deuxième phase de ses emprunts

Pour le deuxième trimestre, le gouvernement camerounais n’émettra que des bons du trésor pour une valeur globale de 35 milliards

Le gouvernement a lancé vendredi 03 mai 2012 dernier, sa deuxième phase d’émission de titres publics. Les potentiels souscripteurs ont jusqu’au 09 mai prochain, jour de l’attribution définitive des titres, pour se rapprocher des spécialistes en valeur du trésor (SVT), seuls habilités à négocier ces titres. Au total, ce sont 35 milliards de Bons du trésor, qui seront émis jusqu’à la fin du mois de juin, avec des échéances qui courent du 09 novembre au 28 décembre 2012. La somme à acquérir à l’issue de cette opération devrait s’ajouter aux premiers 20 milliards obtenu lors du premier trimestre. Même si le gouvernement n’en parle pas de manière spontanée, il semble finalement qu’il ait du mal à organiser l’opération d’émission des obligations du trésor (emprunt obligataire). Pour ce deuxième trimestre, le calendrier initial prévoit à côté de l’émission des bons du trésor, celle des obligations d’un montant global de 35 milliards dont 15 en mai et 20 en juin. Il reste difficile de savoir à quel niveau se situe les négociations sur cette part avec les partenaires. En 2011, le gouvernement avait dû renoncer en raison, apprend-on, d’une difficulté à s’entendre avec le secteur financier. Le nouveau ministre Alamine Ousmane Mey des finances a récemment fait un plaidoyer devant le secteur privé, pour l’adhésion à l’emprunt obligataire, lors d’une rencontre au sein de la plus ancienne organisation patronale camerounaise.

L’analyse des experts et des observateurs proches de la finance camerounaise reste pourtant aujourd’hui la même. « Fractionner les emprunts (bons et obligation du trésor) était certes stratégiquement pertinent, dans la mesure où elle permet aux partenaires de l’emprunt de souffler et de ne pas sentir le poids de l’engagement, mais le problème reste entier. Il faudra en 2012 mobiliser 285 milliards de FCFA. Monsieur Mey a été un banquier et il sait que pour les banques ce sera presque mission impossible, alors je ne vois pas comment il convaincra les banques de suivre une initiative qu’elles ont refusé de suivre en 2011 » maintient un conseiller en placements au profit de grandes organisations. Selon l’analyse de cet expert, les banques ont suivi la première fois une opération d’emprunt obligataire par effet d’entrainement – innovation – mais aussi de test. Mais depuis deux ans, ces banques ont été tellement sollicitées qu’elles sont aujourd’hui dans une allée très étroite et les premiers crédits ne sont pas encore complètement remboursés. Depuis 2010 les banques en groupements syndiqués ou sur les opérations d’émission des titres ont donné jusqu’à près de 400 milliards de FCFA à des activités garanties par l’Etat. A cette réalité, certains observateurs ajoutent aussi qui les situations de déficits budgétaires que connait l’Etat camerounais ces dernières années, pèsent essentiellement sur les banques. D’un autre côté, même si le Cameroun garde de bonnes marges dans sa capacité à s’endetter, l’utilisation faite du premier emprunt dont on n’a pas encore le compte rendu, incite les investisseurs à la prudence. Au total le gouvernement devrait pouvoir mobiliser 285 milliards en recourant à ses partenaires du secteur privé. Un argent qu’il dit mobiliser pour contribuer au lancement des grands chantiers « structurants » devant permettre au pays de relancer la croissance (création de richesse) et parvenir à « l’émergence en 2035 ».

Repartition du 1er emprunt obligataire
Journalducameroun.com)/n

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