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Le Cameroun se rêve en destination de tourisme médical

C’est l’espoir du ministre de la Santé publique après l’inauguration, vendredi, du Centre hospitalier de recherches et d’application en chirurgie endoscopique et reproduction humaine (Chracerh)

C’est un ministre de la Santé publique qu’on a vu tout serein et heureux vendredi, en matinée, à la cérémonie d’inauguration du Centre hospitalier de recherches et d’application en chirurgie endoscopique et reproduction humaine (Chracerh). Et pour cause: l’établissement, situé au quartier Ngousso à Yaoundé, a été parrainé par la Première dame du Cameroun, Chantal Biya, qui en a assuré l’inauguration ce 06 mai, en présence de la communauté des médecins du Cameroun et d’un parterre de personnalités et d’invités de marque dont les deux enfants du défunt professeur Maurice-Antoine Bruhat.

Ancien doyen de la faculté de médecine de Clermont-Ferrand, le Pr Bruhat est reconnu comme l’inventeur de la chirurgie endoscopique, technique qui permet d’opérer sans ouvrir l’abdomen, en limitant ainsi les conséquences des actes chirurgicaux. Le médecin français a été aux premiers pas de la création d’un centre spécialisé en chirurgie endoscopique au Cameroun, sous l’invitation de Chantal Biya, comme l’a rappelé le Pr Jean-Marie Kassia, administrateur-directeur général du Chracerh et l’un des élèves du Pr Bruhat.

C’est un « jour de bonheur historique », a dit, ému, le Pr Kassia, par ailleurs président de la société africaine de chirurgie endoscopique. Le Chracerh a été hissé « au standard de ce qui se fait le mieux aujourd’hui dans le monde en matière de chirurgie endoscopique », a-t-il relevé.

Mais il a fallu du temps pour l’« accouchement au forceps » de ce complexe, a relevé le Pr Kassia dans son discours de circonstance. Chantal Biya a posé la première pierre du Centre le 02 décembre 1999, deux ans sensiblement avant le démarrage des travaux proprement dits, en 2001. En 2010, il a fallu repenser le bâtiment avant de le voir entrer effectivement en service en avril 2014. Il est venu prolonger ce qui se faisait déjà au Centre de recherche et d’application en chirurgie endoscopique et reproduction humaine de Yaoundé, qui fonctionnait depuis 1998, à la Fondation Chantal Biya.

Le Chracerh, qui s’étale sur une superficie de 7300m2, comprend trois niveaux, deux-sous sols avec une capacité d’accueil de 100 lits; cinq laboratoires cliniques, six blocs opératoires, un amphithéâtre de 300 places, une salle d’entraînement en chirurgie endoscopique sur simulateur ou sur des cochons. Le complexe abrite aussi des lieux de recueillement, notamment une chapelle et une mosquée.

Les principales activités qui y seront menées au plan médical sont: la gynécologie classique (chirurgie endoscopique), « 83% des opérations y sont réalisées à ventre fermé »; la chirurgie des cancers gynécologiques en particulier les cancers du sein; la procréation médicalement assistée. Il s’agit sur ce dernier point de techniques de fécondation in vitro.

« Au plan de l’enseignement et de la recherche, le Chracerh a vocation à devenir la vitrine du savoir-faire camerounais dans le domaine de la chirurgie endoscopique, la fécondation in vitro et la sénologie (pathologies liées au sein) », a relevé son administrateur-directeur général. Le Centre abrite aussi « trois parcours universitaires » débouchant sur des diplômes reconnus par le ministère de l’Enseignement supérieur, et collabore avec de nombreux « partenaires internationaux ».

Le délégué du gouvernement auprès de la Communauté urbaine de Yaoundé, Gilbert Tsimi Evouna, a souhaité pour sa part « que ce centre soit bien maintenu ».

Offre hospitalière du Cameroun
De source officielle, des femmes de 52 ans, et même de 55 ans ont déjà pu connaître le bonheur de la maternité dans ce Complexe public, qui revendique des taux de grossesse de 33,3%, « comparables à ceux obtenus dans les pays scientifiquement avancés », précise le Pr Kassia.

De quoi flatter le ministre de la Santé publique, André Mama Fouda, qui inscrit la réalisation de ce pôle médical dans la « dynamique sanitaire » « voulue » par le chef d’Etat camerounais Paul Biya.

André Mama Fouda a profité de l’occasion à lui offerte ce jour pour rappeler le parcours du Cameroun en matière d’infrastructures hospitalières publiques depuis l’accession du pays à l’indépendance. Rappel, nous le soulignons, sur le plan quantitatif.

En 1960, a expliqué André Mama Fouda, le Cameroun comptait seulement deux hôpitaux centraux: L’hôpital Laquintinie de Douala, ouvert en 1931; et l’Hôpital Central de Yaoundé, ouvert en 1933. Il a fallu attendre le début des années 80 pour voir l’ouverture du Centre hospitalier et universitaire (CHU) de Yaoundé en 1981; celle de l’Hôpital Général de Yaoundé en 1987 et l’Hôpital Général de Douala en 1988.

Dans le secteur public, le Cameroun compte aujourd’hui 2387 formations hospitalières: 07 hôpitaux généraux (1ère catégorie), 08 hôpitaux centraux (2e catégorie), 14 hôpitaux régionaux (3e catégorie), 143 hôpitaux de district (4e catégorie), 234 centres médicaux d’arrondissement (5e catégorie) et 1981 centres de santé intégré (6e catégorie).

A côté des hôpitaux gynéco-obstétriques de Yaoundé et Douala, il est prévu, « dans les trois prochaines années », la construction de formations hospitalières similaires dans trois autres villes du Cameroun: Bafoussam, Ebolowa et Garoua.


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Tourime médical
En tout, le Minsanté projette la construction d’une dizaine d’hôpitaux modernes « dans les deux prochaines années ». Deux de ces hôpitaux seront financés par la Corée et le Japon et les huit autres par les fonds publics issus du Plan d’urgence triennal pour l’accélération de la croissance du Cameroun.

Le Chracerh a pour mission principale de « garantir à la femme les meilleures conditions de procréation » et « dispenser des soins de haut niveau en gynécologie » pour des femmes dont la grossesse comporte des risques importants pour la santé de la mère.

Il permet de « donner espoir aux couples stériles », a résumé la Première dame du Cameroun, dont l’engagement est principalement tourné vers la santé de la mère et de l’enfant.

« D’ici deux ans, nous serons capables de prendre en charge toutes les pathologies en général », augure André Mama Fouda..

« C’est un privilège pour le monde sanitaire, mais surtout une avancée pour notre pays qui pose, avec l’ouverture progressive de ces hôpitaux de référence les jalons d’un tourisme médical en direction de notre pays. L’on ne viendra plus ici pour voir des monuments, l’on va venir aussi au Cameroun pour se soigner », prédit le ministre de la Santé publique.


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