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Le Congrès s’apprête à asséner un coup dur à Trump sur son mur frontalier

Le Congrès américain devrait infliger jeudi une sérieuse humiliation au président Donald Trump en votant, avec le soutien de républicains, contre le financement d’urgence du mur qu’il construit à la frontière mexicaine pour lutter contre l’immigration clandestine, le forçant à dégainer son premier veto.

Depuis plusieurs jours, le président républicain met la pression sur les sénateurs de son camp pour tenter d’éviter le camouflet qui s’annonce: malgré une majorité républicaine au Sénat, la chambre haute semble partie pour approuver une résolution démocrate ordonnant la fin immédiate de la mesure d’exception qui a permis à Donald Trump de contourner le Congrès afin de financer le mur.

« Un vote important sur l’urgence nationale aujourd’hui au Sénat américain sur la sécurité à la frontière et le mur (qui est déjà en pleine construction). Je suis prêt à mettre mon veto, si nécessaire », a encore tweeté le président américain jeudi matin. « La frontière sud est un cauchemar humanitaire et pour la sécurité nationale, mais cela peut être facilement réglé! »

Le vote au Sénat est attendu vers 13H45 (17H45 GMT) mais cet horaire pourrait fluctuer.

Hasard du calendrier, Donald Trump est attendu au Capitole, siège du Congrès, dès 12H00 (16H00 GMT), avec le Premier ministre irlandais Leo Varadkar pour un déjeuner traditionnel célébrant le saint patron de l’Irlande, Saint Patrick.

Leur hôte? La puissante présidente démocrate de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, pourfendeuse de ce projet de mur « immoral » et « inutile ». Le dialogue à table pourrait virer à l’aigre.

« Un vote en faveur de la résolution aujourd’hui par des sénateurs républicains est un vote en faveur de Nancy Pelosi, de la criminalité et des démocrates qui sont pour les frontières ouvertes! », a justement martelé peu avant ce déjeuner Donald Trump.

Le président républicain a encore tenté de justifier la constitutionnalité de sa décision de recourir à une mesure « d’urgence nationale » pour obtenir quelque huit milliards de dollars pour le mur, lorsque le Congrès a refusé de lui allouer cette enveloppe.

« De grands juristes sont d’accord pour dire que nos initiatives pour régler l’urgence nationale à la frontière sud et protéger le peuple américain sont à la fois CONSTITUTIONNELLES ET EXPRESSEMENT autorisées par le Congrès », a-t-il tweeté.

Le débat n’est pas théorique: c’est parce qu’ils estiment qu’il piétine, avec cette mesure, les pouvoirs du Congrès qu’au moins six sénateurs républicains ont annoncé qu’ils soutiendraient la résolution démocrate. Soit déjà assez pour qu’elle soit approuvée malgré la majorité républicaine (53 sièges sur 100). Et d’autres semblent prêts à suivre.

– Vote pour la « Constitution » –

La Chambre, contrôlée par les démocrates, a déjà approuvée cette même résolution.

Le président américain devrait ensuite signer le texte pour qu’il entre en vigueur, ce qu’il a juré de ne pas faire. En mettant son veto, il s’assure de pouvoir continuer la construction du mur

Le chef de la majorité républicaine au Sénat, Mitch McConnell, aura bien tenté de raisonner ses troupes jusqu’au bout: « Le président opère dans les limites de la loi, et la crise à notre frontière est bien trop réelle », a-t-il déclaré dans l’hémicycle jeudi matin.

Peine perdue. Peu après, le sénateur et ex-candidat à la présidentielle en 2012, Mitt Romney a annoncé qu’il rejoignait les cinq autres républicains rebelles. « C’est un vote en faveur de la Constitution », a-t-il écrit.

Populaire auprès de la base républicaine, Donald Trump a des relations plus compliquées avec ses troupes au Congrès, où il enchaîne les revers cette semaine.

Mercredi soir, c’est sa politique étrangère, et notamment son solide soutien à l’Arabie saoudite, qui ont été clouées au pilori, également grâce à des voix républicaines: le Sénat a approuvé une résolution l’exhortant à arrêter tout soutien américain à la coalition saoudienne dans la guerre au Yémen.

Cette fois, les rebelles républicains étaient notamment motivés par leur colère face à la réaction tiède de Donald Trump après l’assassinat à Istanbul du journaliste saoudien Jamal Khashoggi en octobre 2018, par un commando venu de Ryad.

La Chambre devrait à son tour approuver cette mesure, dont les auteurs dénoncent l’implication des Etats-Unis dans le « désastre humanitaire » au Yémen. Donald Trump a, là aussi, prévu de la bloquer par un veto.

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