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Le rapport Mueller bientôt dévoilé, l’Amérique retient son souffle

Elus démocrates et républicains affûtaient dimanche leurs arguments avant de découvrir les conclusions du procureur spécial Robert Mueller sur l’enquête russe, un document qui pourrait avoir un impact majeur sur l’avenir politique de Donald Trump.

Alors que le suspense était à son comble à Washington, le président des Etats-Unis, qui passe le week-end en Floride dans son luxueux club de Mar-a-Lago, a fait preuve d’une retenue inhabituelle: il n’a pas dit un mot sur ce document confidentiel depuis qu’il a été remis vendredi au ministre de la Justice William Barr.

« Bonjour, je vous souhaite une bonne journée! », a-t-il simplement tweeté dimanche matin, avant d’aller faire une partie de golfe avec son directeur de cabinet Mick Mulvaney, et le sénateur républicain Lindsey Graham.

Bill Barr devait transmettre d’ici la fin d’après-midi au Congrès les principales conclusions du texte, auquel la Maison Blanche assure ne pas avoir eu accès jusqu’ici. Donald Trump devrait être de retour à la Maison Blanche en début de soirée.

Robert a mis un terme à ses investigations à l’issue d’une enquête de près de deux ans sur laquelle très peu d’éléments ont fuité mais qui a tenu le pays en haleine, rappelant celle du Watergate qui a poussé Richard Nixon à la démission en août 1974.

Image forte: le discret et méthodique ancien patron du FBI s’est rendu dimanche matin à l’église épiscopalienne Saint Johns, situé juste en face de la Maison Blanche. Il a brièvement souri aux photographes, sans dire un mot.

Le rapport qu’il a rédigé devra répondre à une myriade de questions: l’équipe Trump a-t-elle travaillé main dans la main avec Moscou pour faire élire le magnat de l’immobilier ? Le 45e président des Etats-Unis a-t-il ensuite essayé de faire obstruction à la justice? Les investigations ont-elles mis au jour de nouveaux fronts judiciaires susceptibles de mettre le milliardaire en difficulté ?

– « Les démocrates changent de discours » –

Comme pour préparer le terrain à l’absence de révélations fracassantes, certains élus démocrates s’employaient à souligner les limites de l’enquête menée par l’ancien patron du FBI.

« Le procureur spécial enquêtait dans un cadre restreint (…) Ce que le Congrès doit faire, c’est avoir une vue d’ensemble », a souligné sur CNN Jerry Nadler, président démocrate de la puissante commission judiciaire de la Chambre des représentants.

Forts de leur nouvelle majorité à la Chambre, les démocrates ont lancé plusieurs enquêtes parlementaires allant des soupçons de collusion avec Moscou aux paiements pour acheter le silence de maîtresses supposées en passant par d’éventuelles malversations au sein de l’empire Trump.

Certains alliés du milliardaire républicain criaient eux déjà victoire, voyant dans le fait que le procureur Mueller n’ait pas recommandé pas de nouvelles inculpations à l’issue de ses investigations la preuve qu’il n’y a aucune « collusion ».

De fait, ce chef d’inculpation n’a jamais été retenu pour les 34 personnes mises en cause dans ce dossier, parmi lesquelles six proches collaborateurs de Trump.

L’enquête a notamment entraîné la spectaculaire déchéance judiciaire de son ex-chef de campagne, Paul Manafort, ou encore de son ex-avocat personnel, Michael Cohen, tous deux condamnés à la prison pour des malversations diverses et des déclarations mensongères.

« Jusqu’ici, le rapport Mueller était la référence absolue. Il allait être la planche de salut des démocrates et allait détruire le président Trump », a ironisé le sénateur du Texas Ted Cruz, devenu depuis quelques mois un farouche défenseur de Donald Trump. « Aujourd’hui, on voit déjà les démocrates changer de discours et dire +Il faut faire d’autres investigations+ ».

« Les preuves ne les intéressent pas », a-t-il poursuivi sur CNN. « ce qu’ils disent de fait c’est qu’ils vont destituer le président parce qu’il est Donald Trump… ».

– « Mettre fin au Trumpisme » –

Pour Pete Buttigieg, jeune maire de la ville de South Bend (Indiana) et candidat aux primaires démocrates pour la présidentielle, le document tant débattu est important mais son camp ne doit pas perdre de vue l’échéance de novembre 2020.

« Il est possible que le seule réponse possible soit une procédure de destitution mais, pour moi, la façon la plus claire de mettre fin au Trumpisme est de le battre de manière massive dans les urnes », a-t-il expliqué.

La présidente démocrate de la Chambre, Nancy Pelosi, s’est d’ores et déjà prononcée contre une procédure de destitution à moins qu’il y ait quelque chose « de vraiment convaincant et accablant et soutenu par les deux partis », ce qui apparaît hautement improbable à ce stade.

Depuis des mois, Donald Trump n’a de cesse de dénoncer une « chasse aux sorcières » orchestrée par les démocrates qui n’auraient pas digéré sa victoire-surprise le 8 novembre 2016 face à Hillary Clinton.

Cette semaine, il a ouvertement mis en cause la légitimité de l’enquête, prenant sa base électorale à témoin. « C’est assez extraordinaire que lorsque vous avez remporté une grande victoire, quelqu’un arrive et rédige un rapport venu de nulle part ».



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