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Les bonds de Nathan Wounembaina, du Cameroun à Chaumont

Le réceptionneur-attaquant de 29 ans rêve de remporter le championnat de France de Volley-ball et d’aller à la Ligue des champions européenne

Le parfum enivrant de la Ligue des champions européenne, le Chaumont Volley-Ball 52 (CVB52), équipe-surprise du championnat de France (Ligue A), pourrait l’humer pour la toute première fois la saison prochaine. Pour y parvenir, le CVB52 devra se défaire de Tours en demi-finales de Ligue A, le 26 avril (match aller), puis le 30 (retour), voire le 3 mai (match d’appui).

A cette occasion, les Chaumontais pourront compter notamment sur leur réceptionneur-attaquant Nathan Wounembaina. Le Camerounais, auteur d’une belle saison, affiche sa détermination, à deux semaines d’une éventuelle finale, le 8 mai à Paris. « En signant ici (en mai 2013), un de mes objectifs personnels était de qualifier Chaumont pour la Champions League, lance le joueur d’1 mètre 98. On n’y est pas encore mais, si on se qualifie, ce sera la cerise sur le gâteau. »

« C’est un joueur naturellement talentueux »
Nathan Wounembaina connaît bien cette prestigieuse compétition. Il y a participé lorsqu’il évoluait en Belgique, sous les couleurs de Noliko Maaseik (2010-2013).

A 29 ans, le « Lion indomptable » a déjà un bon bagage. Il a quitté son Cameroun en 2006, direction l’Algérie (à Bordj Bou Arreridj en 2006-2007), puis l’Egypte (au Talae El Giesh VB de 2007-2009), avant de se révéler chez les Belges du VC Asse-Lennik (2009-2010).

Fort de ces expériences, Nathan Wounembaina est devenu un joueur et un personnage apprécié, selon son coéquipier José Trèfle : « C’est un gars qu’on a envie de connaître et avec lequel on a envie de passer du temps, parce qu’il est toujours souriant et parce qu’il dégage du bonheur. » L’international français ajoute : « C’est un joueur naturellement talentueux. Ça se voit dans sa gestuelle [.] dans son aisance et dans sa manière d’appréhender les choses. »

Le volley-ball, une histoire de famille
L’ex-pensionnaire du Port autonome de Douala a de qui tenir. Chez les Wounembaina, le volley-ball est une histoire de famille : le père était un amateur et un des frères de Nathan a joué en équipe nationale. « J’ai commencé le volley tout petit, parce que toute ma famille a pratiqué ce sport, raconte le sociétaire du CVB52. À l’âge de six ans, je jouais déjà à la maison. C’est grâce à mes frères et s urs que j’ai pris goût au volley. Devenir un joueur professionnel est ensuite devenu un rêve ».

Pourtant, Nathan Wounembaina aurait pu embrasser un tout autre destin sportif. « J’ai pratiqué presque tous les sports parce que j’ai grandi dans un camp où on pouvait jouer au basket, au tennis, au football, du handball, assure-t-il. J’ai vraiment eu envie de faire une carrière de basketteur. Mais au Cameroun, c’est difficile de réussir dans ce sport. C’est une des raisons pour lesquelles j’ai choisi le volley-ball ». Et ce sans regret. « Si j’avais choisi le basket-ball, je ne sais pas où j’en serais aujourd’hui », rit-il. Plus sérieux, il déplore : « Au Cameroun, le volley-ball, ça ne paye pas. On ne peut pas en faire sa vie, c’est impossible. »

Le Championnat du monde 2014 en ligne de mire
Le volley camerounais est pourtant une valeur sûre du continent. L’équipe nationale a remporté deux Championnats d’Afrique (1989 et 2001) et a fini neuf fois sur le podium en 19 éditions.

« On parle quand même du volley-ball au Cameroun, assure Nathan Wounembaina. On vient de se qualifier pour le Championnat du monde 2014. Et en 2010, on s’était également qualifié pour la phase finale. Après ce Mondial 2010, les médias s’étaient fortement mobilisés pour parler beaucoup plus du volley-ball ».

En Italie, les « Lions indomptables » s’étaient illustrés en atteignant le deuxième tour, puis en tenant tête (2 sets à 3) à une solide équipe des États-Unis. « J’ai plein, plein, de souvenirs de ce tournoi, savoure Nathan Wounembaina. Mon plus beau, c’est un match contre l’Australie qu’il fallait absolument gagner pour aller au 2e tour. On s’était préparé tout l’été pour gagner ce match-là, et on l’avait remporté ».

En Pologne, lors du Mondial 2014 (30 août-21 septembre), le Camerounais espère goûter au 3e tour, cette fois. « Et pourquoi pas aller plus loin ? », sourit celui qui n’a pas envie de s’arrêter en si bon chemin. Avec Chaumont et les « Lions ».

Le Camerounais Nathan Wounembaina sous les couleurs de Maaseik, en janvier 2013.
AFP/ Yorick Jansens)/n


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