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Rugby: l’organisation de la Bronze Africa cup retirée au Cameroun

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La Fédération camerounaise du Rugby a par ailleurs été suspendue, le 17 mai, pour trois mois suite à des tensions internes et un conflit avec la confédération africaine.

Le Cameroun n’organisera pas et ne participera pas à la Bronze Africa Cup de rugby à XV. Les activités sportives de la Fédération camerounaise (Fécarugby) ont été gelées pour trois mois, suite à des tensions internes et à un conflit avec la confédération africaine (Rugby Afrique). La Fécarugby avait déjà été suspendue par la Fédération internationale en 2013 et en 2014.

Ce devait être une renaissance et une grande fête pour le rugby camerounais, après une longue période de mise au ban du monde de l’ovalie. Cela ressemble finalement à un énorme gâchis pour la Fécarugby et pour sa maison-mère, la Rugby Afrique.

La Bronze Africa Cup, la 3e division de la Coupe d’Afrique des nations de rugby à XV, n’aura en effet pas lieu au pays des «Lions Indomptables», alors qu’elle était prévue début mai à Yaoundé.

Sur Facebook, un post de la Fécarugby datée du 23 mai précise les raisons avancées pour justifier le retrait de ladite compétition. « Le Cameroun vient de se voir retirer l’organisation de cette compétition avec pour motif 1er l’insécurité des équipes et des officiels devant prendre part à la compétition. Une compétition devant se tenir dans la capitale du Cameroun avec un gage du gouvernement, comme ça a été le cas, ne saurait être pris à la légère. La sécurité des tiers a toujours été garantie par l’État en de telles circonstances et nul ne saurait le démentir. Le Cameroun abrite de nombreuses compétitions internationales sans que la sécurité des personnes et des biens ne soit menacée, la dernière coupe d’Afrique de Football Féminine en est un illustre exemple. Parler de sécurité en de telles circonstances pourrait sans aucun doute passé pour injurieux aux yeux de L’État du Cameroun.« 

Le Cameroun disqualifié

« Le Cameroun ne pourra pas participer à la Bronze Africa Cup, précise Abdelaziz Bougja, le président de Rugby Afrique. Les pays qui y participeront seront uniquement le Nigeria et l’Algérie. Ils joueront deux rencontres, soit en Algérie, soit au Nigeria ».

Le Cameroun est donc disqualifié. Une décision prise le 17 mai, à l’issue d’une réunion du Comité exécutif de Rugby Afrique. «Je déplore cette situation, soupire Abdelaziz Bougja. Nous avons donné six mois au Cameroun pour s’organiser. Le tournoi a été reporté à trois reprises. Nous avons accepté ces reports. Mais il y a ensuite eu des disputes internes et des clans se sont formés».

Les activités de la Fédération sont gelées

Le dirigeant marocain assure que c’est cet antagonisme qui a poussé le Comité exécutif à retirer l’organisation de la Bronze Africa Cup au Cameroun. «Il y avait une responsabilité que nous ne voulions pas prendre : faire déplacer des joueurs, des jeunes, alors qu’on ne sait pas qui gère les choses sur place et comment c’est géré».

Les activités de la Fécarugby sont par ailleurs gelées durant les trois prochains mois, même si Abdelaziz Bougja ne veut pas entendre parler d’une suspension ferme pour le moment. «Nous avons demandé à la Fédération camerounaise d’organiser une assemblée générale extraordinaire et de faire le ménage en son sein, avant de venir nous voir.»

Des conflits internes

«Je ne souhaite désigner aucun responsable car je ne maîtrise pas convenablement la situation, lâche-t-il. Je ne sais pas ce qui fait que la Fédération camerounaise de rugby est tout le temps ravagée par des disputes intestines… C’était déjà le cas en 2012 et ça s’était calmé en 2014.»

De fait, depuis plusieurs semaines, plusieurs factions s’opposent au sein de la Fécarugby. L’une est menée par son président, Jean Daniel Likalé. L’autre compte dans ses rangs l’ex-manager général Georges Ngono, licencié en avril après un peu plus d’un an d’activité.

A la Fécarugby, on s’explique

Jean Daniel Likalé accuse justement Rugby Afrique d’avoir pris fait et cause pour Georges Ngono, en continuant à travailler avec lui sur l’organisation de la Bronze Africa Cup, en dépit de son éviction. «Rugby Afrique en fut immédiatement informé. […] Malgré cette communication, le président de Rugby Afrique a continué à entretenir des relations occultes avec ces individus irréguliers et illégitimes.»

Abdelaziz Bougja s’explique sur ce point : «Nous avons eu pour démarche de continuer à avoir Georges Ngono comme interlocuteur. Le président Likalé a alors estimé que nous le soutenions. Loin de là ! Notre but était que cette compétition soit organisée au Cameroun dans de bonnes conditions.»

Les conditions, justement, étaient réunies avant la date butoir (17 mai) fixée par Rugby Afrique, martèle le patron de la Fédération camerounaise : «Le motif principal, ne pas faire courir notamment de risques de sécurité aux équipes et aux officiels, me semble plus que méprisant pour notre pays dont le Premier ministre venait de marquer son avis favorable en vue de l’organisation de ce tournoi au Cameroun, en prenant soin d’informer le Président de la République, Son Excellence Paul Biya.»

Philippe Saint-André s’interroge

Jean Daniel Likalé conclut, furieux : « retirer à notre pays l’organisation de l’Africa Cup Bronze 2017 est inique et mérite révision, si cette institution internationale participe sincèrement au développement du rugby dans toute l’Afrique. A moins que l’on admette aujourd’hui que c’est le Rugby d’une partie de l’Afrique. Le bilan du développement est fort négatif en Afrique Centrale, une sous-région qui regorge pourtant d’un potentiel énorme. »

Des critiques qu’Abdelaziz Bougja avait déjà fermement balayées dans un courrier publié le 26 avril : «Depuis mon élection en 2002 à Yaoundé, le rugby africain est passé de six pays à trente-huit. Notre sport se joue désormais partout en Afrique, y compris les pays les plus pauvres

C’est dans cet esprit de développement que l’ex-sélectionneur du XV de France, Philippe Saint-André, avait accepté de s’occuper de la sélection camerounaise durant la Coupe d’Afrique, offrant ainsi un beau coup de projecteur au rugby local. Face à cet imbroglio politico-juridique, « PSA » ne sait pas quelle suite il va donner à son projet.

 

 



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