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Soudan: nouvelle manifestation le jour de la prestation de serment du gouvernement

Une foule de manifestants s’est rassemblée jeudi dans la capitale soudanaise Khartoum, où le nouveau gouvernement a prêté serment avec pour tâche de s’atteler aux graves problèmes économiques du pays, à l’origine du mouvement de contestation.

Le Soudan est le théâtre depuis le 19 décembre de manifestations déclenchées par la décision du gouvernement de tripler le prix du pain. Celles-ci se sont rapidement transformées en mouvement réclamant la démission du président Omar el-Béchir, au pouvoir depuis 1989.

Après plusieurs semaines de répression, le président a décrété l’état d’urgence le 22 février pour tenter de mettre fin aux protestations qui représentent son plus grand défi en trois décennies de règne, selon des analystes.

Depuis l’entrée en vigueur de cette mesure, l’ampleur des manifestants s’est réduite.

Scandant leur cri de ralliement « Liberté, paix et justice », de nombreux manifestants sont sortis jeudi dans les rues de plusieurs quartiers de Khartoum et de la ville voisine d’Omdourman, selon des témoins.

Les forces de sécurité sont vite intervenues pour les disperser à l’aide de gaz lacrymogène.

« Combien de temps encore resterez-vous silencieux? », ont déclaré des manifestants à l’adresse d’habitants, selon des témoins.

Outre l’état d’urgence, qui renforce notamment les pouvoirs des forces de sécurité, le président a limogé le gouvernement aux niveaux fédéral et provincial, et a nommé un nouveau Premier ministre, Mohamed Taher Ela, qui a dévoilé mercredi la composition de son gouvernement.

Jeudi, M. Béchir a fait prêter serment aux membres de ce cabinet.

Il s’agit du troisième gouvernement à être formé en moins de deux ans, les deux derniers ayant été limogés pour avoir failli à résorber la grave crise économique.

M. Ela a indiqué mercredi que son gouvernement s’était donné pour objectif de s’attaquer à cette crise.

« Les problèmes économiques doivent être réglés immédiatement car ils ont un impact sur l’inflation et sur le cours des devises », a-t-il dit notamment.

Le pays est confronté à une inflation de près de 70% par an et à un grave déficit en devises étrangères, ainsi qu’à des hausses de prix et des pénuries d’aliments et de carburants.

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