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France-Afrique: Une nouvelle étape, les mêmes préoccupations

Le sommet s’est achevé le 1er Juin à Nice en France, Sarkozy annonce la naissance d’une nouvelle ère, mais l’Afrique en profitera-t-elle ?

Renforcer les capacités de maintien de la paix du continent
Ce sommet marque une étape, a déclaré le président français Nicolas Sarkozy à la fin du 25ème sommet France-Afrique, qui s’est déroulé du 31 au 1er à Nice en France. Il a aussi indiqué qu’il était heureux d’avoir supprimé le traditionnel dîner avec les pays francophones. Pour les observateurs, une partie remise. L’ensemble de ces chefs d’Etats seront présent le 14 juillet en France, pour défiler avec leurs troupes dans le cadre de la célébration du cinquantenaire des indépendances de ces pays. Contournant l’absence de déclaration claire sur le thème de la place de l’Afrique dans la gouvernance mondiale, Nicolas Sarkozy a promis de travailler avec les pays africains sur les questions de maintien de la paix ou de lutte contre la piraterie et le terrorisme, estimant que l’Afrique ne pouvait pas s’en sortir seule. Sur toutes ces questions, nous allons travailler ensemble, a déclaré Nicolas Sarkozy. Nous avons décidé, nous la France, que sur 2010-2012, nous allons consacrer 300 millions d’euros pour former 12.000 soldats africains pour les forces de maintien de la paix en Afrique, a-t-il confirmé. Ça nous semble beaucoup plus intelligent, car la quasi-totalité des crises régionales et sous régionales seront mieux résolues si les Africains prennent en charge eux-mêmes ces questions plutôt que d’autres, a expliqué devant ses pairs le président français.

Place à la nouvelle économie entre la France et l’Afrique
Les échanges économiques ont aussi été au c ur de ce 25e sommet Afrique-France de Nice, marquée par la présence de près de 300 chefs d’entreprises français et africains. Dans un élan visant à faire reconnaître ses avantages comparatifs, le patronat français a adopté à Nice, ainsi que plusieurs entreprises africaines, une charte définissant leur responsabilité sociétale et leur volonté de contribuer au progrès de l’Afrique, de ses entreprises, de ses habitants. Les signataires promettent notamment de refuser toute forme de pratique corruptive et toute pratique ayant pour objet ou pour effet de fausser la concurrence saine et loyale. Elles s’engagent aussi à recruter majoritairement de la main-d’ uvre locale et à privilégier le recours à des partenaires locaux. Cette démarche vise pour les patrons à mettre l’homme, le respect de l’homme, au c ur de leur projet d’entreprise, a affirmé Laurence Parisot, présidente du Medef, qui a noté un enthousiasme nouveau, régénéré, né de ce 25e sommet. La création d’une association des patronats d’Afrique et de France a été annoncée. L’un des reproches fait à la Françafrique d’avant était de privilégier les seuls intérêts des entreprises françaises.

Soutenir l’environnement
Sur le dossier de l’environnement, la France a promis lorsqu’elle présidera le G20 d’y associer l’Union Africaine. Le Premier ministre éthiopien, Meles Zenawi, qui représentera l’Afrique à la conférence de Cancun de décembre, avait même menacé mi-mai de bloquer tout traité sur le climat. Si les pays développés continuaient de ne pas respecter leurs engagements pris à Copenhague de fournir 30 milliards sur la période 2010-2012. Les chefs d’Etat et de gouvernement réunis à Nice ont annoncé un accord de principe pour aller au-delà, en préparant un système de financement à long terme permettant de passer à un financement de 100 milliards de dollars par an à partir de 2020. Il faudra impliquer davantage le secteur privé dans la lutte contre le changement climatique via le renforcement des marchés carbone, ajoute le texte. Qui avance aussi le principe d’une taxe sur les transactions financières internationales au profit du développement et de la lutte contre le changement climatique que Paris défendra. La création d’une Organisation mondiale de l’environnement a aussi être réclamée. Tout comme l’élaboration d’un plan électricité renouvelable et le lancement d’un plan solaire à travers le projet Africasol. Pour aider les entreprises en Afrique, la France s’engage aussi, toujours selon le projet de texte final, à soutenir un fonds européen de garantie des investissements. Elle entend soutenir l’agriculture africaine à travers un fonds d’investisseurs de 120 millions de dollars, financé par une taxe sur les transactions financières. Une initiative qui sera difficile de mener jusqu’au bout, compte tenu de l’échec de cette tentative à Copenhague.

Sommet France-Afrique Nice 2010
L. Blevennec/Elysee.fr)/n

Les sujets oubliés du sommet
Plusieurs grands dossiers ont été absents de cette 25 édition, tel que la lutte contre la pauvreté et la sécurité alimentaire. La France avait fait de ce dernier dossier l’une de ses priorités, après les émeutes de la faim du printemps 2008. S’il n’a pas vraiment été débattu, le sujet est toutefois évoqué dans la déclaration finale (au 20e point sur 24). La France appelle de ses v ux la constitution d’un fonds d’investisseurs – le Fonds pour l’Agriculture africaine – destiné à soutenir des projets agricoles en Afrique, qui mobilisera, à terme, 300 millions de dollars. Présentée comme innovant, ce projet est pourtant acté depuis longtemps: en avril 2009, le secrétaire d’Etat à la Coopération, Alain Joyandet, et la Banque du continent africain avaient en effet annoncé la mise en place d’un Fonds d’investissement pour l’agriculture en Afrique. Aussi occultée, la question des droits de l’Homme a peu été évoquée. Nicolas Sarkozy a estimé lundi que le déficit de démocratie et les violations des droits de l’Homme alimentent les violences et l’instabilité. Mais aucun huis clos sur ce dossier n’a toutefois été organisé. De l’avis de Nicolas Sarkozy, c’est plutôt une bonne idée de faire des sommets qui ne parlent pas de tout, parce que sinon on ne discute de rien. Enfin l’indépendance monétaire de l’Afrique francophone surtout qui est revendiquée par de plus en plus d’intellectuels n’a pas été évoquée.

Paul Biya et Nicolas Sarkozy à Nice
Reuters)/n
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