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France/Rwanda: Une nouvelle crise diplomatique

En cause, le refus par les autorités rwandaises d’agréer un nouvel ambassadeur de France, jugé trop proche d’Alain Jupé,

Nouvel accrochage diplomatique entre Paris et Kigali. Les autorisés rwandaises ont refusé d’agréer le successeur de l’actuel ambassadeur, Laurent Contini, qui était sur le départ depuis novembre 2011. En réponse, le ministère des affaires étrangères a rappelé son ambassadeur « pour consultations afin d’étudier la situation », selon un porte-parole du ministère, Vincent Floréani. L’hebdomadaire Jeune Afrique avait révélé un peu plus tôt, le refus à la mi-février par Kigali de la nomination d’Hélène Le Gal, actuellement consule de France au Québec. Selon Jeune Afrique, le refus du gouvernement rwandais est motivé par le fait qu’Hélène Le Gal « serait trop proche du ministre des affaires étrangères Alain Juppé, considéré depuis toujours comme hostile au pouvoir en place à Kigali ». Les officiels français se refusent à toute polémique. Les relations entre la France et le Rwanda n’ont cessé de se renforcer depuis la visite du chef de l’Etat à Kigali en février 2010, qui a scellé au plus haut niveau la relance politique et économique entre nos deux pays, a souligné Monsieur Floréani. La bonne qualité de nos relations bilatérales est illustrée par les visites récentes en France de Mme Louise Mushikiwabo, ministre des affaires étrangères, en juillet 2011, et du président Paul Kagamé en septembre, a-t-il ajouté.

Alain Juppé, le ministre français des relations extérieures n’a jamais reçu son homologue rwandais pour la première de ces visites et, pour la seconde, il était absent de France pour un long voyage, opportunément organisé à l’autre bout du monde. A l’époque du génocide de 1994, Alain Juppé était déjà chef de la diplomatie française. Depuis lors, le ministre français reste convaincu que la relation entre la France et le Rwanda est un « Tissu de mensonge ». Le gouvernement rwandais pour sa part, a assuré que cet incident ne remettait pas en cause la normalisation de ses relations avec Paris. « Le Rwanda ne mène pas une diplomatie personnalisée », a commenté la ministre rwandaise des Affaires étrangères, Louise Mushikiwabo. Nous estimons que nos relations avec la France sont au-dessus des questions de personnes, et dans l’intérêt mutuel de nos deux pays a ajouté la responsables selon des médias Rwandais. Il ne doit y avoir aucun doute quant à l’engagement permanent à bâtir des liens diplomatiques, économiques et culturels forts entre les gouvernements et les peuples du Rwanda et de la France, a poursuivi la ministre.

Laurent Contini l’ambassadeur partant, était proche de l’ex ministre français des relations extérieures Bernard Kouchner, favorable au réchauffement des relations entre la France et le Rwanda. Depuis fin 2011, il serait devenu moins apprécié du ministre Alin Juppé après des déclarations jugées trop favorables au Rwanda, dans la vieille querelle des responsabilités du génocide de 1994. Dans un document controversé de 2008, réalisé par une commission d’enquête rwandaise, la France est accusée d’avoir « participé » au génocide sous couvert de l’opération militaro-humanitaire Turquoise, menée en juin 1994. Le rapport vise nommément Alain Juppé qui était alors ministre des Affaires étrangères sous le gouvernement d’Edouard Balladur, ainsi que plusieurs personnalités françaises. Une chose qui reste toujours en travers la gorge de l’actuel ministre français des affaires étrangères.

Nicolas Sarkozy et Paul Kagame, lors du voyage du président français au Rwanda, le 25 février 2010.
Remy de la Mauviniere/ AFP )/n



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