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Francis Kengne: «On ne s’improvise pas réalisateur.»

A 33 ans, le jeune réalisateur camerounais affiche de grosses ambitions pour cet art qui peine encore à faire vivre son homme au Cameroun. Rencontre!

Vous êtes un jeune cinéaste et réalisateur camerounais, mais pouvez-vous vous présentez avec plus de détails aux lecteurs?
Je me qualifie souvent d’altruiste et me définis plus comme un artiste qu’un réalisateur. Etant pluriel et polyvalent, il m’arrive de toucher à plus d’une profession dans le domaine de la culture. Je suis aussi conscient que je suis un citoyen du monde.

Vous avez près de cinq films à votre actif de réalisateur, est-ce un métier aisé au Cameroun?
Je dois vous avouer que se faire accepter comme tel quand on sait comment évolue l’art dans notre pays n’est pas chose facile. Par conséquent, dire que la fonction de réalisateur est aisée est un mensonge. C’est un choix qui, si on veut être sérieux, demande beaucoup d’abnégation et de loyauté. On ne s’improvise pas réalisateur, on le devient par sa démarche.

Vous venez de sortir «La femme de mes rêves», parlez nous de cette réalisation
Je ne me suis jamais senti autant à l’aise que sur un plateau. Avant tout on s’amuse, puis on échange, on apprend, on se lâche, on se déchire, on se réconcilie… c’est une vraie partie de plaisir. Pour moi, réaliser «La femme de mes rêves» m’a permis de mieux cerner des situations liées à mon humanité surtout que j’étais sur le plateau sous pression à cause de ma double casquette de réalisateur et de producteur. Mais plus de peur que de mal, ça été dans la boîte.

Aujourd’hui la presque totalité des professionnels du 7ème art camerounais est unanime sur le fait que notre cinéma n’est pas mort, comme certains le disent, malgré l’absence de salles. Cela n’handicape-t-il pas votre travail?
Je suis de ceux qui croient fermement à la renaissance du cinéma camerounais. La venue du numérique a quelque peu facilité les choses et il va de soi que c’est sur la qualité technique et artistique que se joue notre avenir. L’absence des salles doit, ma foi, plutôt réveiller les opérateurs économiques, culturels et pourquoi pas des mécènes sur la nécessité de prendre en main le destin de cette industrie qui chez nous n’est pas encore organisée. On confond un peu tout! Ce n’est que si tout le monde (créateurs et consommateurs) s’implique qu’on sera certain de ce que le cinéma à lui seul peut relever notre économie. Quelques uns l’ont compris et c’est tant mieux!

Francis Kengne, le réalisateur
Journalducameroun.com)/n

Vous êtes par ailleurs l’administrateur d’un site internet, www.cinemaducameroun.com pouvez-vous nous en dire davantage?
Dans l’esprit de valoriser les acteurs de notre cinéma, cette plate forme a été mise sur pied. Dieu merci, les statistiques montrent le véritable intérêt pour le cinéma camerounais. On peut déjà être fier du résultat car il y a une visibilité qui se dessine, ce qui nous a permis de remplir une page de notre cahier de charges. Nous sommes à un an et quelques mois d’existence et nous avons déjà placé plus d’une centaine de comédiens et de techniciens du cinéma camerounais sur des productions cinématographiques internationales et nationales, voir des spots publicitaires. Actuellement nous sommes en négociation avec plusieurs structures nationales et étrangères de distribution pour la vente des films camerounais de part le monde. Notre ultime bataille c’est d’arriver à faire vivre l’artiste de son art!

Comment les jeunes acteurs peuvent-ils intégrer votre banque de données?
Actuellement, le site est ouvert à tous. On peut s’inscrire en ligne ou dans un de nos points de représentation si on est comédien ou aspirant. Par la suite, il faut soit suivre des formations ou participer à des ateliers pour mieux se préparer à intégrer le milieu du 7e art camerounais. Pour des informations complémentaires, visiter le site www.cinemaducameroun.com ou envoyer un mail à casting@cinemaducameroun.com

Personnellement sur quoi travaillez vous actuellement et quels sont vos projets les plus chers?
Je me tue à la tâche pour servir les amoureux du 7e art et participe si besoin est à la réalisation des projets dont on sollicite mon appui. Pour ce qui est des projets, l’un ne vaut pas plus que l’autre car c’est la même énergie que je déploie. Sinon, je travaille actuellement sur un documentaire de 26 minutes dont le titre provisoire est «Des maux métis», produit par l’association 7 GRAVATS FILMS dont je préside aux destinées.

Francis Kengne, le promoteur de www.cinemaducameroun.com
Journalducameroun.com)/n


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