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Françoise Mbango Etone, un bond pour l'histoire!

Elle a, à travers ses performances, prouvé que l’athlétisme pouvait porter son pays au sommet de la hiérarchie sportive mondiale

Le 02 septembre 2008, Françoise Mbango recevait la reconnaissance de la nation camerounaise. Cela à travers la médaille d’officier du mérite que le premier ministre Ephraïm Inoni prit soin d’épingler à sa poitrine «au nom du chef de l’Etat». Une cérémonie qui venait à la suite de nombreux autres à l’endroit de cette athlète exceptionnelle qui a ouvert les yeux du monde entier sur ce que il n’y a pas que des talents de foot au pays de Roger Milla. Car le 17 août dernier, dans le Nid d’oiseau de Beijing, elle faisait un pas dans l’histoire. Ce jour là, elle confondait nombre de ses contempteurs en conservant la médaille d’or olympique après un bond de 15.39m. Mieux elle établissait à l’occasion trois records : celui des jeux Olympiques, de l’Afrique et donc du Cameroun. A Yaoundé et dans tout le pays, la nouvelle donna l’occasion à ses compatriotes
d’oublier un temps soit peu les affres d’une vie quotidienne dont les événements de février dernier avaient dessiné les contours.

Confiance en soi
A la veille du rendez-vous pékinois, ils étaient peu nombreux pourtant à parier sur elle. Malgré ses états de service au-dessus de la moyenne. Ils brandissaient alors son absence de compétition, sa têtutesse, son indiscipline et bien d’autres griefs encore. Mais ce qu’ils oubliaient c’est que Françoise, mère depuis deux ans, avait décidé au lendemain des olympiades d’Athènes de donner une nouvelle orientation à sa carrière. Pour le chroniqueur E. Gustave Samnick du quotidien Mutations à Yaoundé, «l’erreur de l’athlète, aujourd’hui âgée de 32 ans, fut peut-être de ne pas assez communiquer sur sa situation réelle à ce moment : Mbango avait décidé de devenir maman, ce qu’elle fit en avril 2006 avec la naissance à New York de son fils Niels Adena».
Ce qu’ils oubliaient aussi c’était le courage et la détermination de l’athlète à en découdre avec cette médaille qui décidément lui avait beaucoup plu et qu’elle ne comptait pas lâcher de si tôt ! Elle commença par les jeux africains où avec un bond de 14.76m, loin devant sa rivale soudanaise Aldama Yamil (14m36). Sur de ses possibilités, elle pouvait alors regarder la route de Pékin avec assurance. Non sans avoir fait un tour au Cameroun pour revendiquer que soient tenues les promesses qui lui avaient été faites par le sommet de l’Etat après son exploit de 2004 : une maison, le reliquat de sa prime de préparation de 80 millions sur quatre ans, sa
prime olympique, la prise en charge médicale de sa mère. Sa rencontre avec le ministre des Sports permet de récupérer les 42 millions de Fcfa restants sur sa prime de préparation. Pour le reste, avec le soutien de Roger Milla, elle obtient une audience avec le directeur du cabinet civil de la présidence de la République qui la rassure que le chef de l’Etat a donné des instructions pour que ce lourd passif soit soldé.

Performances
Sa performance de Pékin vient confirmer un passé qui pouvait laisser présager ce qui arrive. Car dès le collège, elle tapa dans l’ il de ses professeurs d’éducation physique. Au point où elle sera sélectionnée pour les Jeux de l’Avenir à Paris en 1991. Mais à son retour, son c ur balance et elle s’essaye au football, au baskletball ; court les 100, 400m ; fait le triple saut, la longueur et la hauteur. Elle finira par opter pour les sauts, portant même le record national de la longueur à 6,55m. Le véritable déclic surviendra en 1998 où elle bat le record africain au triple saut à Garoua (14,50m). Elle alignera ensuite des performances de rang, échouant plusieurs fois à la deuxième place. Jusqu’à ce bond inoubliable d’Athènes qui la persuade après réflexion à opter d’être entraînée par sa seule s ur. La suite, on la connaît. Surtout depuis qu’elle a laissé entendre qu’elle pourrait être au rendez-vous de Londres dans quatre ans. Elle aura alors 36 ans. Deux ans de moins qu’un certain Roger Milla en 1990 en Italie.


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