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Fraudes forestières: Plus d’un milliard de Fcfa de sanction

L’information a été donnée lors de la réunion du comité de pilotage de l’observateur indépendant au contrôle forestier et suivi des infractions forestières

Présentant l’état d’avancement de leur travaux lundi 05 mars 2013 dernier, des responsables du projet d’observateur indépendant du contrôle forestier et du suivi des infractions forestières au Cameroun, ont révélé lors de la 6e session de son comité de pilotage que leurs différentes interventions sur le terrain avaient permis de sécuriser près de 300 millions de Fcfa d’amendes pour les fraudes forestières. « C’est un des impacts qui découlent de l’accroissement du taux de couverture annuel en matière de contrôle des concessions forestières et des circuits de l’exploitation », a expliqué Mbolo Marie, chef de mission du programme de cet Observatoire Indépendant au Cameroun. A ces 300 millions de Fcfa, d’autres membres présents lors de cette rencontre ont rappelé les recettes résultantes de la vente aux enchères des essences forestières attrapées à la suite des missions de contrôle. « On est à plus d’un milliard de Fcfa si on veut faire le décompte final », a expliqué un des membres du comité. Le bilan présenté comme un impact a pourtant fait l’objet d’un gros débat. « Je veux bien croire que le fait qu’on ait fait 1 milliard de Fcfa de recette sur les fraudes dans l’exploitation des forêts, c’est effectivement la preuve qu’un certain travail est bien fait. Mais de l’autre côté, il ne faut pas perdre de vue l’objectif ultime, qui n’est pas celui de faire le plus de recette, mais plutôt de sécuriser nos forêts en évitant des exploitations anarchiques. Or 300 millions de Fcfa d’amende, c’est aussi la preuve que le contrôle forestier n’est pas encore au point», a expliqué Gansop Ange, expert au ministère des forêts.

Un argument qui a eu son poids dans les échanges, dans un contexte où malgré les interdictions du ministère en charge des forêts et de la faune, une récente opération coup de poing a permis d’attraper des bois frauduleusement transportés jusqu’à la ville portuaire de Douala. « Je voudrai préciser que la fraude forestière a deux visages. Il y a les fraudeurs qui n’ont pas de documents, ou ont omis de faire signer un papier de bonne foi, là l’amende se comprend et l’impact du projet peut être pertinent. Les missions de formations et sensibilisation du projet ont conduit à des effets considérables. Mais il y a ceux qui sont complètement dans l’illégalité et qui agissent avec des soutiens difficiles à cibler, c’est eux le problème. Pour que le Wengue (une espèce de bois) qui ne se trouve qu’à Yokadouma dans la région de l’Est du Cameroun, se retrouve à Douala, il traverse au moins 1000 kilomètres de route où on retrouve des postes de contrôle. C’est la preuve qu’il y a un problème de fonds et c’est là qu’il faut attaquer », a insisté monsieur Gansop. Au sein du projet de l’observateur indépendant, on précise que cet objectif est partagé. « Le montant élevé des amendes et autres recettes dus à la fraude forestière sont des indicateurs de contre-performance du contrôle forestier. Mais déjà il faut noter que le projet est jeune et c’est normal si nos premiers effets font augmenter le niveau des amendes. Il y a peu, ces amendes n’étaient pas payées et justement nous pensons que lorsque cet indicateur de paiement des amendes sera revu à la baisse et que le système de contrôle sera bien huilé, la bataille contre les fraudes forestières sera en train d’être gagnée. Mais cela demande une implication de tout le monde et surtout des responsables en charge du contrôle que nous continuerons d’appuyer », a fait savoir madame Mbolo Marie. Pour leurs parts, les représentants de l’Union Européenne, l’assistant financier du projet, ont fait peu de commentaires, mais se sont dit satisfaits de l’évolution du projet. Des recommandations ont été faites, pour que les indicateurs de résultats à atteindre à l’avenir, s’appuient sur des analyses de base solides. Une recommandation prise en compte par les responsables du projet.

L’exploitation illégale du bois continue d’être un problème à suivre de près

Journalducameroun.com)/n

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