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Fred-Eric Essam: «J’aimerai adresser mes félicitations à l’équipe du DAVOC»

Il connaît bien le Cameroun son pays qu’il aime et soutient à travers d’importants projets de développement et son organisation Ident.Africa

Qui est Fred Eric Essam pour ceux qui ne le connaissent pas?
Je suis ingénieur de formation spécialisé dans les technologies de maintenances biomédicales. Reconverti dans l’informatique, je suis cadre chez IBM en Allemagne depuis 12 ans. Après diverses fonctions entre autres comme responsable commercial des systèmes serveurs Unix, j’ai exercé dans plusieurs domaines comme celui des logiciels d’archivage et stockage de données à long terme. Depuis le 1er April, je suis responsable pour l’Allemagne de la stratégie «Channel» chez IBM, activités avec des entreprises partenaires dans les domaines «Buisness Analytics and statistics». Il s’agit pour IBM de croître le business en offrant aux clients des solutions leur permettant d’accroitre leur rendement sur le marché à base d’analyse de données. Je vis en Allemagne depuis 22 ans et suis père de deux enfants (filles)

Vous êtes le Manger général de l’organisation non gouvernemental Ident.Africa, de quoi s’agit-il?
J’ai le souci de promouvoir l’excellence scolaire, montrer aux jeunes camerounais ce que sont aujourd’hui les enjeux de la globalisation et les sensibiliser à plus d’effort dans leur cursus scolaire. Je suis aussi soucieux du fait que l’éducation reste un luxe dans les régions les plus retirées des nations africaines désirant se développer. J’ai donc été amené à fonder en Juillet 2004 l’Ong Ident.Africa. Le but principal est de contribuer de façon concrète au Cameroun à l’atteinte des objectifs du millénaire des nations unies d’ici 2015. Notre stratégie étant de nous focaliser dans le Canton de Boboyo dans l’Extrême-Nord du Cameroun et plus tard toucher d’autres villages camerounais et tout le pays.

Comment et pour quels objectifs cette organisation a été mise sur pieds?
Ident.Africa a actuellement 25 membres actifs et une centaine de sympathisants qui s’engagent de façon personnelle pour une cause équitable en Afrique. Nos fonds sont à 100% à caractères privés et nous avons aujourd’hui une dizaine d’entreprises partenaires depuis le début de nos activités.

De nombreuses initiatives ont été menées dans l’Extrême-Nord du Cameroun, notament à Boboyo, vers Kaelé, pourquoi cette région?
Ident.Africa a depuis sa création déjà mené plusieurs initiatives d’abord dans le canton de Boboyo, département du Mayo Kani, puis dans d’autres départements dont le Diamaré dans la région de l’Extrême nord et la Bénoué dans la région du Nord. Ces résultats n’auraient certainement pas pu être atteints si la communauté ne nous avait pas donné des garanties en termes de confiance et durabilité. Ident.Africa a pu engager chaque année une vingtaine d’enseignants de parents dans les 9 écoles primaires du canton, au CES de Boboyo, du matériel didactique a été distribué aux enseignants, des cartables, livres et cahiers aux élèves. En 2007 avec la coopération de l’ONG SES – Bonn, nous avons pu installer des plaques solaires sur la toiture du CES de Boboyo et permettre ainsi aux élèves de mieux préparer leurs examens la nuit. La population du canton en profite pour leurs rencontres au sein de leur comité de développement. Depuis 2008 nous installons systématiquement des centres Multimedia dans la région (Lycée Bilingue de Kaelé, Collège Abou Dahoud de Maroua, Collège Jacques de Bernon à Maroua). Nous avons quatre réalisations de ce type et cinq autres sont en préparation pour 2010 (Lycée de Lara, Lycée de Midjivin, Lycée Technique de Maroua, Lycée de Salak, Lycée de Meskine). Mon père est né à Boboyo, j’ai voulu lui rendre hommage de cette façon, lui qui s’est, malgré ses moyens assez dérisoires, pleinement sacrifié pour que nous ses enfants puissions acquérir ce qui, il y a 50 ans n’était pas donné à tous L’EDUCATION.

Les autorités camerounaises vous soutiennent-elles dans vos initiatives?
Nous avons eu plusieurs fois des rencontres avec les autorités camerounaises de la place. Les cérémonies de rétrocession des dons se sont toujours faites en présence par exemple d’autorités administratives et traditionnelles de la région. Elles comptent dans le succès de nos activités, sans oublier la population et surtout certaines personnes de bonne volonté localement qui facilitent nos activités, managent localement nos projets. Je citerai particulièrement Honorable Amadou Adji, Dr Roland Ziébé et Paulette Magou. En ce qui concerne l’entreprise Wallstein connue en Allemagne surtout dans les domaines dits des «Procédés», j’ai eu à rencontrer le Directeur général de l’entreprise qui avait été impressionné par les activités de notre Ong. Après une visite de courtoisie et la présentation du Cameroun, Ident.Africa et Wallstein se mettront au service des jeunes du Cameroun. C’est exactement ce jour qu’est né notre projet d’électrification en zone rurale à base des systèmes photovoltaïques. Nous sommes fiers qu’aujourd’hui la question d’électrification en général ne se pose plus à Boboyo. Nous sommes actuellement en train d’élaborer le prochain projet, lié à la construction d’un centre multifonctionnel à Boboyo et un dispensaire scolaire dans une école du canton. Les chantiers viennent de démarrer.

Où en est-on aujourd’hui avec le projet Boboyo?
L’objectif principal d’Ident.Africa est de mettre à la disposition de la communauté rurale de Boboyo des infrastructures de haut standing et de leur ouvrir les portes de la globalisation. Roland Ziebe notre coordonnateur des projets sur place ne ménagera aucun effort pour la réussite de nos réalisations. Notre prochain voyage est prévu pour mi-octobre. D’ici là, nous pourrons programmer l’inauguration du centre multifonctionnel de Boboyo, du centre informatique de Lara, du centre de santé de l’école publique de Zaklang et la remise des prix aux élèves des établissements scolaires. À long terme, il faudrait que la population se prenne elle-même en charge, ceci nécessitera de gros investissements aussi dans le domaine de l’élevage et de l’agriculture. Peut-être plus tard, il faudrait penser au jumelage de Boboyo avec un village du Sud du Cameroun, comme par exemple Zoetélé le village natal de ma Maman. Mais avant tout, il nous faudra organiser le quatrième tournoi de football féminin de Cologne au mois de Juin afin de collecter des fonds pour des projets des filles.

Fred-Eric Essam
Journalducameroun.com)/n

Vous travaillez chez IBM Allemagne, dans le domaine de l’archivage à long terme, est ce qu’il y a des chances qu’on vous voit monter un projet de numérisation et de conservation des archives nationales camerounaises dans un contexte de cinquantenaire?
Depuis le 1er avril, je travaille dans le domaine des statistiques et analyses des données. Je vois ici des projets innovants dans l’évaluation du système éducatif et scolaire du Cameroun et surtout dans le renforcement des capacités. Le domaine des archivages est très important non seulement pour les entreprises, mais aussi pour les gouvernements. Un exemple assez simple peut être l’archivage des actes de naissances de tous les Camerounais. C’est aussi un projet qui me tient bien à c ur et j’aimerais en discuter avec les responsables de la place.

Vous êtes de ceux qui partagez la conviction d’une diaspora camerounaise plus fructueuse pour l’économie camerounaise, qu’est ce qui selon vous pourrait booster une telle initiative, au regard de la qualité et des compétences de nombreux camerounais de la diaspora?
J’aimerai adresser à l’équipe du DAVOC mes félicitations pour avoir pu mettre sur pieds cette plateforme d’échange permettant aux Camerounais soucieux du développement de leur pays, de se rencontrer une fois l’an et présenter les différentes initiatives. J’ai pu depuis un peu plus de 10 ans côtoyer des Camerounais surtout ceux de l’Allemagne que je connais assez bien lors des diverses manifestations, sportives ou culturelles. Je peux affirmer qu’à mon humble avis cette diaspora souffre d’une crise de positionnement qui handicape toutes les bonnes initiatives. Il y a véritablement un déficit de stratégie et de professionnalisme, de leader pouvant mobiliser tout le monde vers une vision partagée et noble. A mon avis, Davoc, je suis sûr et certain sera ce socle où sortira un Leader capable de mieux cibler les potentialités de la diaspora et d’en faire bénéficier notre pays. De mon côté j’essaierai à tout moment d’être utile dans toute équipe qui sera engagée à faire de la Diaspora un moteur d’idées et d’ambitions pour la construction d’un Cameroun prospère riche et démocratique. Concrètement je pourrai utiliser mes excellents et nombreux contacts pour faire la promotion du Cameroun auprès de mes partenaires économiques en Allemagne.

Fred-Eric Essam, l’ingénieur
Journalducameroun.com)/n


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