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Friperie: Le commerce nourrit son homme

De nombreux jeunes se lancent dans cette activité pour pouvoir subvenir à leur besoins. Reportage.

C’est au marché central, marché Mokolo, marché du Mfoundi que le commerce de la friperie est plus accentué. Les habits dits de 1er ou de 2ème choix sont étalés sur des plastiques à même le sol en bordure de route. D’autres vêtements sont entassés ou emballés dans de ballots prêts à être proposés aux clients. On y trouve tout type d’habits: des pantalons pour femmes, hommes, des chemises des sous-vêtements des chaussettes des serviettes des vestes etc.
Dans d’autres marchés de la capitale on retrouve également des chaussures pour hommes femmes et enfants. On assiste parfois à une sorte de vente aux enchères pendant lesquelles les prix oscillent entre 1000 Francs Cfa et 2500 Francs Cfa. Des prix qui sont d’ailleurs discutables. Et c’est certainement ces petits prix qui amènent de nombreuses personnes à s’approvisionner dans le marché de la friperie. Valère jeune vendeur de friperie nous révèle qu’il reçoit toute catégorie de clients, Surtout le samedi car dit-il,  » les fonctionnaires sont libres et peuvent venir acheter les habits ici ». Lui, se ravitaille au marché du Mfoundi chez son frère qui à son tour s’approvisionne au marché central de Douala. A côté de lui, un autre vendeur vante ses vestes qu’il vend à 500 Francs Cfa la pièce. Quelques clients s’arrêtent, trient ou partent en promettant de revenir plus tard.

Un vendeur de friperie qui négocie avec le client
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La ruée des clients vers la friperie est motivée par le coût élevé de la vie car certaines personnes ont du mal à s’offrir un habit à 10000 Francs Cfa ou à 25000 Francs Cfa. Pour Josiane,  » ce que nous achetons ici comme habit est de la bonne qualité. Quand vous le lavez et vous repassez on ne dirait pas que c’est de la friperie ». En effet les vêtements de la friperie ont une odeur particulière qui disparait après le lavage et le repassage des vêtements. Dans les marchés des jeunes filles laissent des « boutiques » pour aller faire le tri à la « fripe ». Le marché a ainsi pris une grande ampleur à Yaoundé et dans d’autres régions du pays. Il est plus exercé par des femmes et des jeunes sans emplois et fait partie de petits métiers du secteur informel qui occupe une place non négligeable dans l’économie. Valère nous dit qu’il peut rentrer chez lui avec un bénéfice de 2000 Francs Cfa chaque jour. Mais il faut souligner que la garantie sanitaire n’est toujours pas assurée dans le marché de la fripe. Certains vêtements tachetés ou sales sont vendus aux clients. Il importe donc de les laver au préalable pour éviter d’être exposé à certaines maladies de la peau. Etalés en bordure de route, ces habits sont exposés aux intempéries. Il faudrait alors observer les règles élémentaires d’hygiène en les lavant et en les repassant pour tuer d’éventuels microbes.

Si le métier nourrit son homme, il n’en demeure pas moins que son caractère informel ne donne aucune sécurité sociale à ceux qui l’exercent. Aussi, faudrait-il que l’Etat pense à règlementer le secteur de cet autre pan de l’économie nationale.

Friperie en plein coeur de Yaoundé
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