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Gabon: Ambiance à la veille d’élection sous calme relatif

Les candidats tirent leurs dernières ficelles, des médias interdits de couvertures

D’après les dernières informations qui parviennent de Libreville, la tension est palpable. Les différents camps se sont dessinés. Ce sera finalement un match à deux contre un, mais pas dans la configuration qu’on se serait attendu à avoir. Trois hommes semblent s’être détachés du reste. Du côté de l’opposition, Pierre Mamboundou et André Mba Obame ont pris les devants. En face ils auront Ali Bongo Ondimba, donné largement favori, et candidat du parti au pouvoir(PDG). Casimir Oye Mba et Zacharie Myboto eux aussi proches du pouvoir, auront aussi une carte à jouer. Mais il ne faudrait pas négliger les 12 autres candidats. Même s’ils ne sont plus sur de remporter, ils seront de véritables troubles fêtes.

Stratégies et contre stratégies
Hier vendredi on a assisté à une véritable bataille de chefs. Selon RFI, lorsque Casimir Oye Mba a appris par la radio qu’il s’était rallié à la candidature d’André Mba Obame. Il a exprimé toute sa colère : « C’est de la manipulation, je suis et je reste candidat » a lancé l’ancien Premier ministre devant les journalistes. Dans une interview accordée au site lexpress.fr, André Mba Obame réaffirme : « Casimir Oyé Mba avait indiqué qu’il se rangerait à la décision majoritaire. Puis il a pris part au vote à bulletins secrets. S’il renie son vote, le peuple gabonais appréciera. » L’ex-ministre de l’Intérieur, possède néanmoins le ralliement de deux figures de l’opposition gabonaise : Jean Eyéghé Ndong et Paul Mba Abessole.

La configuration actuelle crée un flou qui rendra l’acceptation du résultat des élections difficiles. Techniquement et à moins d’une stratégie préparée à l’avance, la candidature unique autour de Mba Obame n’a pas eu le temps de préparer tous les électeurs à cette union. Mais elle a pour avantage de représenter une grande partie des Fang, tribu majoritaire au Gabon. Ali Bongo pour sa part bien que favori devra gérer la concurrence directe de Casimir Oye Mba, qui a été son patron dans le gouvernement de l’ancien régime. Les observateurs avouent aujourd’hui que les résultats risquent d’être très serrés, et l’après élection inquiète d’avantage.

Déjà des dénonciations
Au cours des derniers grands meetings la majorité des candidats dénoncent les entorses à la loi électorale. «Le gouvernement n’a pas mis en place le décret qui convoque le collège électoral, un décret qui devait être pris en Conseil des ministres et publié dans un journal d’annonces légal ; il n’y a pas eu d’ordonnances signé par le chef de l’Etat ; les listes électorales n’ont pas été publiées à temps ; des milliers d’électeurs qui voulaient voter ne se sont pas inscrits ; de même il y a tous ces doublons sur les listes affichées», avait notamment énuméré le candidat Bruno Ben Moubamba. Le rôle des observateurs est très critiqué. Critiqué aussi la gestion des médias. Deux journaliste de la chaine france24 se sont vu refusé le visa pour couvrir l’évènement. L’ONG Reporters sans Frontières a dénoncé dans un communiqué les restrictions imposées aux journalistes, dont certains se sont vus refuser l’accréditation.
C’est dans cette ambiance que se tiendront demain les élections de tous les risques au Gabon. Une chose est claire, celui qui aura remporté la bataille de Libreville aura une grande chance d’être le premier président de l’ère post Bongo.

Omar Bongo, ancien président du Gabon
www.mincom.ga)/n
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