Culture › Musique

Gabon: Hilarion Nguema, un artiste inoxydable

Son nouvel album fait un carton à Yaoundé

Hilarion Nguema a un parcours remarqué et remarquable. L’enfant terrible de la Province de l’Estuaire revient sur la scène musicale africaine de fort belle manière. Né le 31 décembre 1943 à Nkoltant dans la province de l’estuaire, Hilarion Nguema est orphelin très tôt. Pour lui donner une bonne éducation, sa mère le confie aux missionnaires qui vont lui inculquer des notions élémentaires de morale de savoir-vivre et de savoir- être. Son éducation est suivie de près par le révérend père Louis Le Dis. Sa chorale, dirigée par l’abbé Jean Marie Effene en 1958, compte en son sein Hilarion Nguema. En 1961 le jeune homme intègre l’orchestre scolaire, Jeunesse Band dirigé par le père Adiwa jean Paul. Après deux années passées au sein de cet orchestre, Hilarion Nguema, quitte le groupe pour aller parfaire son art vocal ailleurs. En 1963, Hilarion Nguema, qui s’implique de plus en plus dans les mouvements politiques, est incarcéré et assigné à résidence à l’intérieur du pays. Il sera détenu d’abord à Tchibanga, puis à Makokou, enfin à Bakoumba et Okondjo. C’est fort de cette dure expérience qu’il compose la chanson Ambiance à Bakoumba.Il est libéré en 1967 par le président Omar Bongo dès son avènement au pouvoir. parmi les titres ayant marqué son parcours, figure en bonne place, Libreville,Espoir, Décision Approuvée, Minki, Gabon pays de joie, Quand la femme se fâche, Quand l’homme est content, Conjoncture Crise économique etc. La musique d’Hilarion Nguema est une ingénieuse synthèse des musiques africaines, allant du Makossa au soukous avec en prime l’influence des instruments comme le Mvet. Les chansons de cet artiste sont de véritables chroniques sociales, qui collent à l’actualité du moment de leur composition.

Après Libreville, Hilarion va s’installer dans le Woleu Ntem région natale de ses parents. Il va y organiser des soirées et des tournées en Guinée équatoriale et au Cameroun en 1973. De retour à Libreville, il s’attelle à reformer son groupe, Afro Succès. En 1977, alors que le Gabon abrite le sommet de l’OUA, un incendie se déclare dans son bar dancing, La Noya. Tout le matériel est consumé par les flammes. Hilarion se convertit en Commerçant, achète et vend des produits vivriers dans une camionnette qui sillonne le pays. Mais alors que son commerce marche plutôt bien, le virus de la musique prends le dessus, et Hilarion accepte la proposition de madame Alice Mébiane épouse du premier Ministre de l’époque, d’intégrer le groupe d’animation politique baptisé Nkol’engong.

En 1981, après un bref séjour dans l’orchestre de la Gendarmerie nationale, il intègre l’Agence pour la Promotion Artistique et Culturelle. Il finira par opter pour une carrière solo, pour se frayer son propre chemin. C’est en 1985 qu’il débute une nouvelle aventure avec les éditions Haissam Records du producteur réalisateur Moussa Haissam. Hilarion met un sens à sa carrière, et est sollicité dans des spectacles au Canada (1989-1990) au japon au Togo, au Cameroun en Centrafrique et en Guinée Equatoriale etc. Cette forte sollicitation internationale, l’oblige à s’installer durant deux décennies à Paris en France. Rentré au Gabon il y a moins de deux ans, Hilarion Nguema encore bien d’ambitions pour la musique de son pays. Après 47 ans de carrière musicale, prépare à nouveau un album qui fera à coup sûr des vagues en Afrique. Mais en attendant cet autre opus, les mélomanes de Yaoundé se trémoussent au rythme de la La gazelle n’est pas l’enfant de l’éléphant un véritable coup de c ur pour les amoureux de la bonne musique.

Hilarion Nguema
Journalducameroun.com)/n
À LA UNE
Sondage

Un candidat de l'opposition a-t-il une chance de gagner la présidentielle 2018 au Cameroun?

View Results

Loading ... Loading ...
Retour en haut