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Gabon: Le président autoproclamé André Mba Obame perd son immunité parlementaire

Accusé de haute trahison et de tentative de déstabilisation des institutions, il risque la prison et la mort politique

André Mba Obame devient un citoyen gabonais ordinaire. L’Assemblée nationale a levé le jeudi 5 mai son immunité, lui qui s’était autoproclamé président du Gabon en janvier dernier, ouvrant ainsi la voie à une procédure de justice contre l’opposant qui a de son côté accusé le pouvoir de vouloir l’éliminer physiquement. L’Assemblée a levé l’immunité par 79 voix pour, 3 contre et 3 abstentions, lors d’un vote secret électronique sans surprise de l’Assemblée au sein de laquelle le Parti démocratique gabonais (PDG, au pouvoir) détient une confortable majorité absolue. Ni M. Mba Obame, ni aucun membre de sa formation l’Union nationale (UN), n’étaient présents à la séance. Se déclarant menacé par le pouvoir, M. Mba Obame avait annoncé qu’il ne se rendrait pas à l’Assemblée. Il n’y a pas eu de débat contradictoire comme prévu mais une simple lecture en public du rapport de la commission qui avait entendu M. Mba Obame en avril. « L’Assemblée nationale autorise la justice à entendre le député sur les faits qui lui sont reprochés. Il (Mba Obame) reste député et peut siéger. Toutefois, il doit se présenter aux différentes » convocations du juge d’instruction, a résumé le président de l’Assemblée Guy Nzouba Ndama, membre du PDG.

Ex-ministre de l’Intérieur, ex-baron du parti au pouvoir, André Mba Obame s’était autoproclamé président du Gabon le 25 janvier et avait formé son propre « gouvernement». Il s’était ensuite réfugié pendant un mois au siège d’une agence des Nations unies à Libreville avec ses « ministres » et plusieurs cadres de son parti l’Union nationale (UN). M. Mba Obame revendique la victoire à la présidentielle d’août 2009 où il est officiellement arrivé troisième et qui a été remportée par Ali Bongo, selon les résultats contestés par l’opposition. Les autorités avaient dissous l’UN le 27 janvier et demandé la levée de l’immunité parlementaire estimant que « M. Mba Obame et consorts ont porté atteinte à l’ordre et la sécurité publique, à l’autorité de l’Etat et au crédit de la Nation », selon la ministre de la Justice Ida Reteno Assonouet.

Accusé de haute trahison et de tentative de déstabilisation des institutions, André Mba Obame court les risques tels que la prison et la mort politique. La levée de son immunité étant le dernier verrou qui a sauté, au moment où l’intéressé, animait une conférence de presse au siège de l’ex Union Nationale (UN), l’honorable André Mba Obame devient simple citoyen devant la loi. Rappelons que le 13 avril dernier, l’ancien Ministre de l’Intérieur était entendu en commission par ses collègues. Certains analystes avaient, au lendemain de l’auto proclamation de M. Mba Obame, estimé ne pas laisser cet acte impuni.André Mba Obame a confié qu’il n’entendait pas être jugé par un tribunal correctionnel: « J’ai posé un acte politique, j’attends des réponses politiques. Si la réponse est judiciaire, il faut que ce soit devant les juridictions compétentes », suggérant la Cour de sûreté de l’Etat ou une Haute cour. « En attendant, je continue mon action politique. Je ne m’interdis rien, ni meeting, ni tournée. Je serai chez moi, qu’on vienne me chercher », a-t-il conclu.

André Mba Obame risque la prison



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