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Gabon: L’opposition exige la démission d’Ali Bongo Ondimba

Après la diffusion du documentaire Françafrique sur France2, les opposants estiment que leur victoire a été volée

Le président de l’union nationale, Zacharie Myboto a demandé au chef de l’Etat Gabonais, Ali Bongo Ondimba, de quitter le pouvoir, au cours d’un meeting organisé samedi 18 décembre dernier à Libreville. Selon lui, le documentaire Françafrique, de Patrick Benquet, diffusé sur France 2 et qui passe régulièrement sur la chaîne nationale ivoirienne RTI, apporte une nouvelle preuve de la victoire d’André Mba Obame à la présidentielle 2009. M. Myboto a rejeté également le projet de révision de la Constitution déposé depuis deux semaines par le gouvernement sur la table des parlementaires. L’Union nationale demande la démission d’Ali Bongo Ondimba et rejette son projet de révision de la Constitution, a affirmé Zacharie Myboto, lors du meeting rassemblant un peu plus d’un millier de personnes au siège de son parti à Libreville. Il pense que ce projet n’a pour seul objectif que de renforcer les pouvoirs d’Ali Bongo Ondimba qui cherche à s’imposer de plus en plus pour mieux asservir le peuple gabonais.

Citant ce documentaire « Françafrique » Myboto a affirmé: Un extrait du documentaire (…) montre des autorités françaises (…) qui déclarent que l’élection présidentielle d’août 2009 remportée par Ali Bongo, fils d’Omar Bongo décédé en juin, a été bien truquée. Ces mêmes autorités confirment que c’est bel et bien André Mba Obame (actuel secrétaire exécutif de l’UN) qui avec 42% des suffrages a été élu président de la République. Il est donc inacceptable, selon lui, que l’actuel chef de l’Etat continue à exercer des fonctions présidentielles. Il est illégitime et doit partir, a-t-il martelé.

Les leaders de l’opposition ont profité également de ce meeting pour réclamer une fois de plus l’introduction des données biométriques dans le processus électoral, notamment l’établissement des listes électorales fiables, avec photo et empreinte digitale. Ils ont affirmé que les nouvelles autorités du pays refusent l’utilisation de la biométrie dans la confection des listes électorales, afin de permettre à leurs supporters de s’inscrire plusieurs fois et de voter plusieurs fois, refusant le principe démocratique d’ « un homme, une voix ». Un orateur a même promis de distribuer mille DVD à la foule de l’extrait en question. Dans cet extrait, Michel de Bonnecorse, ex-conseiller Afrique du président français Jacques Chirac affirme que les résultats ont été inversés. Michel de Bonnecorse a depuis parlé de « montage » de ses propos affirmant: Je disais que la dernière rumeur du jour (…) c’était que c’était inversé (le résultat). En aucune façon, je n’ai endossé cette affaire, mais j’ai sans doute été maladroit.
Plusieurs centaines de militants de l’opposition ont manifesté dans le calme devant l’Assemblée nationale, déserte le week-end, avec des banderoles: « Sarkozy, Obama, Ping, Ban Ki-Moon. Gabon, Côte d’Ivoire: Deux poids deux mesures » ou « Communauté internationale, rendez nous notre victoire. Y a pas que la Côte d’Ivoire ». « Si Gbagbo part, Ali doit partir ». « Ici aussi il y a eu un coup d’Etat électoral »…

En réponse aux déclarations faites par Zacharie Myboto, le gouvernement de la République a exprimé son étonnement et sa plus grande indignation et exhorte les Gabonaises et les Gabonais à ne pas se laisser distraire par le délire des gesticulations de ces politiciens (…) Plutôt que de tenter de détourner le peuple des préoccupations qu’il partage désormais avec l’exécutif que dirige un Président de la République qu’il s’est choisi contre vents et marées, M. Myboto aurait tout intérêt à reporter toute son attention et sa verve sur l’état de son parti politique dont la santé vacille. En témoignent son meeting qui a tourné en eau de boudin tout comme sa pseudo-marche du 20 novembre 2010 lit-on dans un communiqué du gouvernement.


la-breche.com)/n
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