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Gabon: Surprise et crainte de tensions après les élections

Les derniers bureaux de vote ont fermé leurs portes, dimanche 31 août à 19 heures, en raison du retard

On s’attendait à une forte participation pour le tout premier scrutin de l’après-Omar Bongo. Aucun chiffre n’a été communiqué sur le taux de participation mais les médias gabonais parlent de forte mobilisation des électeurs, mieux que la précédente présidentielle de 2005. Des électeurs ont dû attendre devant les bureaux de vote qui n’étaient pas encore ouverts à 07H50 locales (06H50 GMT). En cause, la livraison tardive du matériel électoral et l’absence d’agents électoraux. Par la suite, de nombreuses files d’attente se sont formées, chaque vote prenant un certain temps. Plus de 813.000 électeurs étaient appelés à s’exprimer dans les 2.801 bureaux à travers le pays et près de 200 autres à l’étranger.

Surprise de dernière minute
Les électeurs ont finalement opéré leur choix entre dix-sept candidats. Tôt le matin et à la surprise de tous, Casimir Oyé Mba l’un des candidats les plus en vue, s’est désisté en plein scrutin sans donner de consigne de vote. Il avait fermement démenti vendredi son ralliement à André Mba Obame. Pour éviter toute fraude, les candidats les plus en vue ont fait l’effort de déployer un scrutateur dans chacun des 3000 bureaux prévus pour l’occasion. Après avoir voté, chaque électeur devait glisser les bulletins des dix-sept candidats qu’il n’avait pas choisi dans une enveloppe « poubelle » qui elle aussi sera dépouillée. Le but de la man uvre était d’éviter les achats de conscience. Il est arrivé dans des élections en Afrique, qu’un candidat achète un électeur en lui promettant une somme d’argent contre les bulletins des adversaires.

Quelques troubles signalés
Quelques troubles ont été notés, d’après les informations fournies par les médias sur place. La situation aurait été explosive dans des quartiers populaires de Libreville. Des partisans d’Ali Bongo ont assuré quant à eux que le scrutin s’est déroulé dans de bonnes conditions. Les autorités avaient pris d’importantes mesures de sécurité. Nous prenons toutes les dispositions pour sécuriser les bureaux de vote de sorte que le scrutin se déroule dans de très bonnes conditions. Les forces de sécurité seront aux alentours des bureaux de vote pour permettre aux citoyens de circuler et de remplir leur devoir électoral en toute quiétude et ensuite rentrer chez eux affirmait sur les ondes de RFI, Jean-François Ndongou, le ministre de l’Intérieur. L’AFP a rapporté une tentative de lynchage sur un homme accusé d’être Ghanéen et de voter à tort, dans le quartier Nkembo, situé à l’est de Libreville. Des électeurs y auraient mis en cause la régularité du scrutin. Une information non confirmée.

Le vote a aussi concerné des milliers de gabonais de l’étranger. Cela a été le cas à Beyrouth et dans d’autres régions du Liban. Environ 600 gabonais en âge de voter se sont rendus aux urnes hier, sous la supervision d’une commission indépendante et le personnel de l’ambassade du Gabon. Aucune estimation ne pouvait être fait jusqu’à hier tard dans la nuit. Les premiers résultats sont attendus pour mardi ou mercredi matin. De nombreux observateurs et candidats ont affirmé craindre des troubles postélectoraux dans le pays. De Lambaréné à 240 km au sud-est de Libreville, d’où elle est originaire et où elle a voté, la présidente intérimaire du Gabon, Rose Francine Rogombé, a prononcé un discours sur la RTG1, la première chaine du pays qu’on peut avoir à travers le câble. Elle a exhorté les candidats à l’élection présidentielle à accepter les résultats du vote quels qu’ils soient, prônant l’apaisement après le scrutin. Une requête qu’avait déjà formulée Koffi Annan l’ancien secrétaire général des nations unies, quelques heures avant les élections.

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