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Gaby Ngadou sort ses pinceaux pour la liberté d’expression

Naturalisé français depuis 2006, le dessinateur d’origine camerounaise expose ses peintures « Libertés d’expressions », du 4 au 17 mai à l’hôtel de ville de Poitiers en France

Aux Trois-Cités, beaucoup l’appellent simplement Gaby. Le médiateur, pilier du club de foot, pratique aussi la peinture qu’il met au service de la liberté.

Qui ne connaît pas Gaby Ngadou du côté des Trois-Cités? A 44 ans, il continue à porter fièrement le maillot du club de foot du quartier. «Dimanche dernier, j’ai encore marqué deux buts avec la deuxième réserve», convient avec un brin de fierté l’admirateur de Roger Milla. Le meilleur avant-centre au monde « et ce n’est pas moi qui le dis! » Poitevin depuis 2002 où il obtient rapidement le statut de réfugié politique, Gaby Ngadou vient alors de quitter son Cameroun natal. Ou plutôt «le système du président Paul Biya, un symbole que l’on ne doit pas toucher.»

«Quand je dis on, c’est nous les journalistes et les dessinateurs.» Entre Douala et Yaoundé, Gaby Ngadou écrit et dessine pendant plusieurs années pour différentes publications dont des journaux satiriques. Finalement, après plusieurs arrestations et procès, avec l’aide de Reporters sans frontières, il se résout à quitter son pays.

Wolinski au Cameroun sans papiers
A Poitiers où il a de la famille, il intervient tout d’abord comme bénévole au club de foot des Trois-Cités: «Je me mets de fil en aiguille à faire de la médiation sans le savoir un peu comme Monsieur Jourdain.» Naturalisé français depuis 2006, le journaliste de formation, fait aujourd’hui de la médiation à plein-temps principalement pour Sipea Habitat après avoir validé un master 2 à l’université de Poitiers. Gaby Ngadou a un vrai rôle de référent sur le quartier: «Il faut créer du lien, dialoguer et écouter. Les gens qui sont écoutés sont apaisés†; ça permet de faire baisser la tension. C’est un peu comme le journalisme, il faut être un bon communiquant pour exercer ce métier.» Le foot – il s’occupe aujourd’hui principalement des plus jeunes -, reste bien sûr un des supports de cette action.

Dernièrement Gaby vient de ressortir les pinceaux: «J’ai la prétention de savoir peindre, c’est avant tout un support pour faire passer un message, j’utilise tous les styles, le but du jeu est surtout de s’exprimer librement. Ce qui s’est passé à Paris a eu sur moi une grande résonance, car les dessinateurs de Charlie sont mes frères camerounais.» Aujourd’hui, à l’occasion de la journée mondiale de la liberté de la presse, sera inaugurée à l’hôtel de ville une exposition de ses uvres (une trentaine de tableaux) intitulée «Libertés d’expressions».

«Il y a 17 ans, Wolinski est venu au Cameroun sans visa nous soutenir pour le festival de la caricature de Yaoundé, c’était le parrain de la 1re édition. A son retour il avait fait deux pages dans Charlie sous le titre « â€ Wolinski sans papiers au Cameroun ». Puis sont venus Plantu, Tignous. » Parmi les peintures présentées, en forme d’hommage, cinq toiles représentent Charb, Honoré, Wolinski, Cabu et Tignous vus par Gaby Ngadou. D’autres toiles feront symboliquement référence au tristement célèbre 7 janvier 2015.


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