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Gaspar Goman: L’artiste connu, mais oublié

Les centres culturels français et espagnol ont décidé de présenter l’illustre peintre au grand public du Cameroun

Une nouvelle exposition prévue en hommage à l’artiste
Le projet d’exposition de l’artiste Gaspar Goman est né il y a bientôt deux ans, lorsque le directeur actuel du Centre culturel français (CCF), Hubert Maheux découvre son travail et sa personne. Une partie de son uvre est bien visible et appréciée aux yeux de tous les passants de la capitale camerounaise. Pourtant beaucoup ignorent que l’auteur des peintures de l’immeuble Afriland First Bank ou encore du grand bâtiment de la direction générale des impôts, est un de leur concitoyen. Malgré la pertinence et la qualité de son travail, le nom de Gaspar Goman reste inconnu au Cameroun et à l’international. Le CCF a donc souhaité organiser une rétrospective des uvres de cet artiste au Cameroun, en France mais aussi en Espagne, où il longtemps vécu et travaillé lors de ses études. C’est dans le but de partager cette nouvelle aventure de l’artiste Goman, qu’une conférence de presse a été organisée ce jeudi 04 novembre 2010, à l’hôtel Djeuga Palace de Yaoundé. Pour la première fois pour beaucoup de médias présents, les peintures du centre ville de Yaoundé pouvaient se voir coller un visage. L’occasion a été donné d’échanger avec l’artiste. Un catalogue de plus de 80 pages en français, anglais et espagnol a également été édité en mille exemplaires. Selon Nadège Bourguignon en charge de la communication au CCF de Yaoundé, cette production sera distribuée gratuitement.

Toujours en quête de reconnaissance
De son vrai nom Ngoman, celui connu aujourd’hui sous le nom de Gaspar Goman est un camerounais. Mon père qui avait fui le dur régime imposé par la colonisation allemande a fui et s’est retrouvé en Guinée équatoriale. Là il a pris une nouvelle identité et a rencontré sur place, une fille, une camerounaise d’origine Akwa (tribu de la côte littorale du Cameroun). Voila comment je suis né et mon petit frère aussi a raconté l’artiste. Sur les encouragements de sa maman il a suivi des études qui l’ont conduit à l’école supérieure des beaux arts de Barcelone, durant la période franquiste, une époque où la peinture était détestée par le régime militaire en place en Espagne. De retour en Guinée équatoriale, terre qui a accueilli sa famille, Gaspar inventera une expression picturale de grande liberté, qui lui est propre. Il se libère des codes appris aux Beaux-arts, et puise son inspiration dans l’art africain, tout en respectant certains principes de l’académisme.

Sa peinture est une synthèse, une influence de la peinture occidentale de la première moitié du 20ème siècle. L’artiste travaille sur tous les supports et excelle dans plusieurs techniques a fait savoir une critique picturale présente et invitée du CCF. En 1973, l’artiste découvre son rattachement à l’ethnie bassa au Cameroun, et demande à rentrer dans son pays. Il veut partager son don avec la jeunesse camerounaise de l’époque. Mais les autorités en charge de l’éducation lui imposent d’être professeur de langue espagnol. Ce qu’il fera finalement jusqu’à sa prise de retraite. L’ uvre de Gaspar Goman sera exposé au CCF de yaoundé, à l’hôtel Djeuga Palace à Yaoundé, à la fondation Muna et par la suite un agenda bien chargé pour le vieux peintre. On verra si on peut aller à Paris et à Barcelone en Espagne, a fait savoir la communication du centre culturel français. Je vis de la peinture parfois je dors et je rêve que je peins puis je me lève et je fais des croquis, c’est dommage que ce soit toujours les gens de l’extérieur qui apprécient le mieux le travail que nous faisons a indiqué Gaspar Goman oublié et pourtant très connu à travers son uvre.

Gaspar Goman (au milieu) en conférence de presse
Thierry Minko (Ici les gens du Cameroun))/n


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