Culture › Musique

Georges Antonin Honde Elonda parle de l’organisation de son concert avec Toto Guillaume

Le producteur de spectacles revient sur les préparatifs du concert du 27 février et parle de sa structure United African

A quelques heures de ce grand concert, comment se déroulent les préparatifs?
Il y a une pression énorme parce que c’est la première fois que l’on réunit sur une scène plusieurs artistes camerounais. L’émotion est forte et chacun a envie de prouver sa force musicale, valoriser sa prestation. Le Cameroun est un grand pays avec plusieurs ethnies et ce n’est pas facile de canaliser tout cela car, chacune d’elles a ses particularités, ses rituels, sa façon de faire. Cela crée une sorte de tension permanente. Nous avons fini les régularisations au niveau de la salle, avec Garance Productions qui nous fait entièrement confiance et qui est prête à nous donner d’autres dates avec d’autres artistes africains. On n’a envie de réunir l’Afrique parce qu’on ne voit plus la musique africaine dans les salles. On la voit plus dans les endroits « ghettoïsés ». On veut la ramener sur la grande scène comme tout le monde. Tous les musiciens ont répondu présents, mais y a des réserves sur Dina Bell qui a un souci au Cameroun avec ses obligations. Par contre, il y a d’énormes surprises avec de grands guitaristes dont on avait perdu les traces et qui referont leur apparition.

Comment fait-on pour avoir et, organiser un spectacle du genre dans une salle aussi réputée que l’Elysée Montmartre?
J’ai rencontré M. Georges Le Pon qui a toujours travaillé pour le public africain. Avec l’âge, il avait besoin d’avoir un africain, avec une ou deux licences de spectacles à côté de lui, pour pouvoir le faire rentrer dans ce milieu fermé pour les africains. Il m’a présenté à une dame assez gentille qui travaillait à l’Elysée Montmartre. J’ai discuté avec la dame, qui a suivi un peu mon parcours. Je lui ai dit que j’avais envie de voir la musique africaine dans ces salles. J’ai trois licences de spectacle, je veux ramener mes frères africains dans ces salles. Elle était très réticente. J’ai ajouté que j’étais intéressé pour faire mes spectacles à l’Elysée Montmartre. Immédiatement elle a été séduite, ce d’autant plus de je venais je la part de Georges Le Pon. Elle a cru à mon sérieux. La salle m’a été confiée, j’ai pris plusieurs dates.

Comment avez-vous fait pour mobiliser autant d’artistes autour d’un même événement?
Ça fait depuis des années que j’avais envie de faire tourner Toto Guillaume. On ne le voit pas sur la scène, ni en Afrique, ni ici en Europe, il n’a pas une valeur marchande, personne, ne le connaît et pourtant, c’est un grand guitariste camerounais, africain qui a vraiment changé la musique camerounaise. A l’époque on avait l’habitude d’écouter cette musique binaire qui tourne avec beaucoup de rythme. On se pose la question, qu’est-ce qui se passe, pourquoi, on ne voit pas les africains? Cette idée, m’est venue de plus de 27 ans, je me suis battu à faire mes preuves et à obtenir cette licence qui me pousse à vouloir travailler avec mes frères. J’ai trois licences de spectacles dont une qui est faite pour les spectacles africains, une autre qui est faite pour les spectacles de variétés françaises, parce qu’il y a aussi des africains qui jouent avec ces artistes. Il s’agit en tout pour moi de réunir les Africains pour qu’ils fassent la fête, qu’ils applaudissent et non se tapent dessus.

Qu’est ce que vous promettez au public qui va faire le déplacement samedi soir ?
Je promets au public la fête. C’est-à-dire savoir apprécier ce que l’on a comme artiste, les aimer, car j’ai remarqué que le public camerounais est très dur avec les artistes. Il ne sait pas apprécier la musique, ni aimer ses artistes. L’amour c’est le partage et la musique aussi c’est le partage. Je me rends compte que l’Africain a oublié la notion de partage parce que nous restons enfermer dans l’enfance avec nos émotions. Le public viendra découvrir les jeunes talents et un style de musique qui lui fera vraiment du bien.

Avez-vous d’autres spectacles et d’autres dates en vue?
J’ai d’autres spectacles en vue avec notamment avec Nkodo Sitony et les chanteuses de Bikutsi. Il faut dire qu’il a été à l’origine de l’éclosion de la musique Bikutsi donc, j’ai l’intention de réserver aussi une date à l’Elysée Montmartre à cet effet. J’avais eu aussi l’idée de réunir tous les grands bassistes camerounais autour d’un événement appelé «La nuit de la basse», mais cela ne s’est pas fait. Une partie des artistes n’avait pas compris ce que je voulais faire. J’ai donc contourné la difficulté en passant par ce spectacle avec Toto Guillaume qui a été à un moment, l’emblème de la musique populaire au Cameroun, pour essayer de réunir l’ensemble. Ça aussi a été dur parce que c’est quelqu’un de réservé.

Quid de la vente des billets?
Là aussi, j’ai découvert que le public africain n’a pas l’habitude d’aller acheter les billets dans ces points de vente là. Cela ne fait pas partie de sa façon de fonctionner. Nous n’avons pas contrôlé l’écoulement des billets au niveau de ces points de vente. On se dit juste que nous avons un beau plateau. Par contre, il y a un autre spectacle prévu le 27. Ceci expliquerait peut-être cela. Je fais les choses avec beaucoup d’amour et je m’inscris dans la logique du partage.

Un mot sur votre structure United African?
Je l’ai créée à l’époque où j’étais marié à une Irlandaise qui s’appelait Geraghty Mary qui m’a donné cette façon de voir. Réunir l’Afrique pour essayer de faire quelque chose. J’ai créé cette association, il y a plus de 25 ans. Je ne savais pas quoi faire exactement et, je me disais qu’il fallait que j’attende le bon moment. Comme je n’avais pas de licence de spectacle, j’ai attendu longtemps avant de travailler avec l’association. Son but est de pouvoir dégager des fonds un jour, et penser à nos frères qui sont en Afrique. J’ai commencé par le Cameroun aujourd’hui, et demain ça va être autre chose. Après avoir payé tous les artistes, tous les bénéfices seront mis de côté pour faire de l’humanitaire en Afrique: créer des écoles, des puits d’eau . J’invite les gens à venir contrôler et je mets quiconque au défi de prouver que cela a été utilisé à des fins personnelles. Pour montrer aux frères que nous sommes capables d’apporter une main sacrée à l’Afrique, à ceux qui sont restés là bas. J’ai besoin que les artistes et moi tendions une main, une belle main, à ceux que nous avons laissé en Afrique.

Georges Antonin Honde Elonda, promoteur de spectacles
Journalducameroun.com)/n


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