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Gestion des écoles de médecine: Jacques Fame Ndongo critiqué

Un des enseignants de la Faculté de Médecine de Yaoundé estime que le ministre de l’enseignement supérieur n’a pas su mettre en uvre la réforme dans le secteur

Dans une interview accordée au journal le Jour, le professeur Tetanye Ekoe qui donne des cours de pédiatrie et a été doyen de la Faculté de médecine de l’Université de Yaoundé indique que la décadence du système de formation dans cette institution est le fait d’un manque de pertinence de l’action du ministre en charge de l’enseignement supérieur. Quand on regarde exclusivement la filière médicale, ces dernières années sont des années héroïques pour cette école. Les performances médiocres correspondent aux années où le ministre Fame Ndongo s’est mis à improviser, sous prétexte d’augmenter l’offre de formation, en obligeant la Fmsb d’une part à augmenter les effectifs à former (de 85 étudiants à 250 par promotion en médecine) et d’autre part d’assurer ce qu’il a appelé des tutelles académiques parfaitement fantaisistes, pour des institutions privées auxquelles il accordait des autorisations à fonctionner dans ce secteur stratégique a-t-il fait savoir. L’enseignant ajoute que l’actuel ministre de l’enseignement supérieur a demandé aux enseignant de la faculté de medécine de voir dans les institutions privées une opportunité d’arrondir les fins de mois. vous ne pouvez pas, comme ministre de l’enseignement supérieur, en même temps demander aux enseignants de la Fmsb « d’aller arrondir leurs fins de mois dans les Ipes » et demander aux étudiants de ces derniers de ne pas dénoncer l’absentéisme de leurs enseignants en délinquance tolérée, et venir après coup crier au voleur en réclamant la qualité de la formation a ajouté monsieur Ekoe.

Ce point de vue vient rajouter un argumentaire supplémentaire à la crise que traversent les institutions de formations aux métiers de la médecine. Dans le désormais célèbre rapport Sosso du nom du Recteur de l’Université de Yaoundé 1 qui a conduit les travaux de sa rédaction, il est ressorti que l’enseignement médical au Cameroun souffrait de graves lacunes. En réaction, le ministre n’a suivi que les revendications des associations des professions médicales, qui stigmatisaient les instituts privés: Ces réformes concernent la création d’une commission nationale interministérielle de la formation médicale (elle émet des avis techniques sur la formation à l’Université, mais aussi sur le terrain), l’institution d’un examen national unique pour l’accès à la formation médicale (établissements publics et privés agréés), d’un examen unique pour l’accès à la profession médicale, d’un examen pour le passage de la troisième à la quatrième année. Autre innovation: la création de l’internat des hôpitaux (comme en France) ouvert aux étudiants les plus brillants (Ils passent un concours spécial dès la fin de la sixième année. Après l’obtention du doctorat en médecine, ils continuent leurs études dans le cadre de la spécialisation, sans être astreints à l’obligation de l’expérience professionnelle, contrairement à leurs camarades qui choisissent le résidanat). L’internat des hôpitaux sera effectif dès l’année prochaine. Soulignons aussi l’alignement de toutes les formations menant au doctorat en médecine sur le cursus bac (ou GCE AL) + 7 ans au moins a-t-il fait savoir. La rentrée académique de septembre 2013 risque d’avoir son lot de surprises.

Jacques Fame Ndongo, ministre de l’enseignement supérieur du Cameroun

camer.be)/n

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