Dossiers › Présidentielles 2011

Gestion médiatique des élections: Un décret présidentiel mis en concurrence

Le ministre de la communication a créé une commission y relative, alors qu’il existe déjà un décret présidentiel et un organe compétent

Encore un instrument de contrôle
Une commission nationale de supervision des actions médiatiques dans le cadre de l’élection présidentielle du 09 octobre prochain au Cameroun, a été créée. Selon le texte signé du ministre Issa Tchiroma de la communication le 04 septembre dernier, la commission a pour mission l’élaboration des textes réglementaires relatifs au temps d’antenne imparti aux différents candidats et aux modalités techniques de diffusion des émissions de campagne électorale dans les médias audiovisuels de service public. Le contrôle des règles d’équilibres et d’autre normes déontologiques par les médias nationaux et internationaux] peut on lire à l’article 2 de l’arrêté. Mais la commission aura aussi pour rôle l’organisation et la gestion des relations presse du gouvernement et la facilitation des opérations de couverture médiatique

Le conseil National de la Communication hors jeu?
Le texte du ministre Tchiroma met de fait le conseil national de la communication hors jeu dans la gestion des actions de médiatisation durant ces élections présidentielles. C’est le ministre qui préside la commission et il s’appuie sur ses propres organes et se présente sous la forme d’une commission ad hoc, puisqu’elle disparaitra avec la proclamation des résultats. Pourtant Mgr Joseph Befe Ateba, nommé à la présidence de cette institution par le chef de l’Etat en remplacement de Félix Sabal Leko décédé, avait fait du contrôle des médias durant la campagne, son premier champ de bataille. Il avait réuni ses collaborateurs fin août, pour discuter l’engagement du conseil lors des élections. Notre travail en équipe commence et nous avons déjà sur la table une mission urgente : la distribution du temps d’antenne pendant l’élection présidentielle. Cela implique que, bientôt, nous devrions très rapidement tout mettre à l’ uvre pour proposer la répartition des tranches selon les partis politiques avait-il déclaré en cette circonstance.

Le décret présidentiel de 1992 mis en concurrence
Créée, financée et parrainée par les pouvoirs publics, la commission souffre d’un manque de crédibilité. Plus sérieusement la création d’une commission avec de telles compétences, pose un problème de son opportunité, mais aussi de sa légalité. Au Cameroun, il existe un décret signé du président de la république Paul Biya, et qui organise déjà les modalités d’accès des partis politiques aux médias audiovisuels du service public de la communication, c’est le décret du 13 février 1992. Il y a donc lieu de s’interroger sur le type de « textes réglementaires » que pourra élaborer la commission. Dans la hiérarchie des normes administratives, le décret du président de la république étant supérieure au règlement d’une commission, des conflits risquent de surgir. Et si la commission reprend les textes du décret, elle sera un instrument de trop créé en violation de la constitution. D’un autre côté, le décret de 1992 lui-même avait été contesté, en raison de ce qu’elle organisait une répartition de temps d’antenne proportionnelle à la taille du parti. Ce décret du président sortait aussi du champ de la communication partisane, des informations passées dans le cadre des bulletins d’information. Une brèche utilisée par les médias d’Etat pour sur-communiquer sur le parti au pouvoir. Mais la loi n’organise pas la communication dans les médias cybernétiques qui prennent de l’ampleur. Peut-être que c’est à ce niveau que le rôle de la commission sera pertinent. Pas sûr, au regard de ce que le ministre Tchiroma qui préside la commission, est aussi un allié du RDPC et un défenseur de Paul Biya, dont la candidature sera pour sûr, retenue.




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