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Golfe de Guinée : Le bon arrangement de Yaoundé sur le code de conduite

Entre partisans et adversaires du code de conduite pour la lutte efficace contre l’insécurité maritime dans le golfe de guinée, la rencontre de Yaoundé s’achève sur un bon compromis

Alors que certains chefs d’Etat commencent déjà à quitter le Cameroun après la clôture des travaux de la rencontre de Yaoundé sur la sécurité maritime dans le golfe de guinée, les premiers bilans tombent. La télévision d’Etat camerounaise y a trouvé sans surprise un franc succès avec notamment la décision de créer un centre de coordination des opérations basé à Yaoundé. « Une marque de confiance au pays du président Paul Biya », commentera un des journalistes de la télévision d’Etat. Dans l’ensemble, les Etats sont convenus du principe de la mutualisation des efforts en même temps qu’ils ont encouragé les initiatives de discussion bilatérales entre pays voisins. Preuve que le consensus n’a pas été au rendez-vous. Les Etats, toujours selon la déclaration de Yaoundé, sont convenus de la mise en place d’un code de conduite avec effet immédiat, mais une période probatoire de trois ans. « Une victoire » expliquera Xavier Messe, journaliste du quotidien Mutations. Selon ce journaliste d’expérience, le délai de trois ans devient un franc succès lorsqu’on prend en compte le fait qu’on est parti de deux positions opposées entre les partisans et les non partisans du processus. Une portée encore limitée de cette décision sur le code de bonne conduite que reconnaît le président ivoirien Alassane Ouattara. « Vous savez que c’est une question qui prend beaucoup de temps. Les décisions que nous avons prises aujourd’hui ne sont pas très contraignantes et ont une période probatoire de trois ans. D’ici là, chaque pays va se préparer pour que les décisions que nous prendrons soient des décisions contraignantes », a indiqué celui qui est aussi président en exercice de la CEDEAO, ajoutant « nous ne devons pas avoir de doute sur notre engagement de mutualiser nos efforts pour combattre le phénomène ».

Sur de nombreux points cependant, les chefs d’Etats réunis à Yaoundé ont renvoyé les discussions pour la rencontre des experts. Selon Jean Emmanuel Pondi, il est simplement regrettable qu’on n’ait pas évoqué les sources de financement de cette stratégie « mutualisée ». « J’avais l’impression qu’on aurait parlé de la mise en uvre des mécanismes comme le Fonds Monétaire Africain », a expliqué l’intellectuel. Le président Idriss Déby du Tchad a reconnu que la question n’a pas fait l’objet de discussion car elle relevait d’un détail qui serait traité en profondeur au cours des rencontres ministérielles. « Nos experts vont y travailler, le moment viendra et on saura l’ensemble des points et détails que nous n’avons pas pu définir ici. Nous n’avons pas eu des échanges sur comment cela va être financé, combien cela nous coûte. Les experts nous diront et on saura la contribution de toutes les parties », a-t-il déclaré au cours d’une conférence de presse tenue juste après la clôture du sommet. Toutefois il a exprimé l’idée selon laquelle la question ne posera pas de problème parce que la volonté des pays participants aura été forte. « Ça coûte cher, mais pour sécuriser cet espace maritime, il n’y a pas un prix. Nous allons mettre les moyens qu’il faut, mutualiser les moyens des deux sous régions et de la CGG, avec l’appui de la communauté internationale, nos amis qui ont assisté à ce sommet de bout en bout, nous n’avons pas à un instant un souci de moyens nous avons parlé comment nous organiser pour être efficace rapidement, c’était ce qui importait », a-t-il fait savoir répondant à la question d’un journaliste. Un aspect aussi qui n’a pas fait l’objet de grande publicité, c’est la question de l’approche amélioration des conditions de vie des populations riveraines. Les gouvernements semblent s’être mis d’accord sur la répression d’un phénomène qui pourtant trouve ses origines et sa force dans l’exclusion sociale. Dans la presse publique camerounaise on commente déjà qu’au terme de la troisième année, les décisions prises par le centre de coordination de Yaoundé s’imposeront. Une affirmation qu’il faudrait alléger selon d’autres experts, car personne n’ira dire au Nigéria comment il doit assurer la sécurité sur ses côtes maritimes, surtout si finalement c’est lui le plus gros contributeur de la force mutuelle.

Photo de la cérémonie d’ouverture du forum, à Yaoundé

Prc)/n

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