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Gouvernance en Afrique: Le Cameroun toujours loin de la moyenne continentale

Le pays se classe 38e sur les 53 pays africains en 2011, dans la dernière publication de l’indice Mo Ibrahim, alors qu’il était 35e en 2010

Les cinq premiers d’Afrique
Les résultats du 5e indice annuel de la gouvernance africaine, l’indice Mo Ibrahim, ont été divulgués ce lundi 10 octobre 2011. Dans la liste des dix premiers du classement de pays africains qui se distinguent en matière de bonne gouvernance, on peut respectivement citer, l’Ile Maurice (1er), le Cap vert (2e), le Botswana (3e), Seychelles (4e), l’Afrique du Sud (5e). Le Lesotho, le Ghana et la Namibie sont de la partie également. Plus de la moitié de ces pays sont reconnus comme des Etats où la démocratie fonctionne effectivement et où les droits de l’homme sont respectés. D’après ces résultats, le Cameroun s’enfonce davantage dans la mal gouvernance. En effet, classé 35e sur 53 en 2010, le Cameroun a dégringolé de 3 places, occupant en 2011 le 38e rang sur 53 Etats. Le Cameroun est classé 38e. Moins bien loti que le Gabon que l’on retrouve à la 27e place, l’Ethiopie (34e), le Burkina Faso (19e), le Mali (22e), la Libye (28e), le Sénégal (15e). L’Ouganda se situe à la 20e position, la Mauritanie 32e, le Rwanda 25e sur les 53 pays africains évalués dans l’indice 2011.

Le Cameroun obtient 45 sur 100
Notre pays réussit quand même l’exploit d’être devant quelques pays. Le Tchad (52e), le Zimbabwe (51e), la Rca (49e), le Nigeria (41e), la Guinée Equatoriale (45e), la Côte d’Ivoire (49e), la Rdc (50e), le Congo (40e). Le dernier pays est la Somalie, avec un score de 8 sur 100. A noter quand même que trois pays d’Afrique centrale sont parmi les cinq derniers d’Afrique. La Rca, la Rdc et le Tchad. Le Cameroun obtient un score de 45 (sur 100) pour la qualité globale de la gouvernance. Le pays obtient un score supérieur à la moyenne régionale de l’Afrique centrale qui est de 39. Au niveau des sous-catégories, le Cameroun obtient son classement le plus élevé dans secteur agricole (19e) et le plus bas dans sécurité Individuelle (42e). Dans les cinq dernières années, la qualité globale de la gouvernance du Cameroun s’est améliorée (entre 2006 et 2010). Cette année, il a été constaté un recul dans le domaine de la sécurité et souveraineté du droit et participation et droits de l’homme, et des avancées notables dans les catégories développement économique durable et développement humain. 38 et 48 pays ont amélioré leur score dans ces catégories. Mis en place en 2007, l’Indice Ibrahim constitue la collection la plus complète de données quantitatives fournissant une évaluation annuelle des performances de gouvernance dans chaque pays d’Afrique.

88 indicateurs
L’indice Mo Ibrahim évalue les prestations de biens et services publics délivrés aux citoyens par les pouvoirs publics et les acteurs non-étatiques à travers 88 indicateurs regroupés en quatre catégories : sécurité et souveraineté, participation et droits de l’homme, développement économique durable et développement humain. D’autres indicateurs sont pris en compte dans les calculs : l’assainissement, l’eau et la santé publique. L’Afrique de l’Ouest est la région qui occupe le troisième rang de l’indice. Selon Ebrahima Sall, elle obtient son meilleur classement, deuxième sur cinq, dans les domaines suivants : « participation et droits de l’homme » et « sécurité et souveraineté du droit ». Et c’est le Cap Vert (74 points) qui, dit-il, « s’avère le pays le plus performant de la région dans les quatre catégories et, par conséquent, pour la qualité de la gouvernance ».

A l’inverse, a-t-il relevé, c’est la Guinée (36 points), qui « est le pays le moins performant de la région pour la qualité globale de la gouvernance ». « Il ne suffit pas d’avoir des ressources, il faut savoir les exploiter pour que cela aboutisse à une croissance économique, à une amélioration du cadre de vie. Le Cap Vert est l’un des rares pays qui ont évolué vers le haut », a-t-il poursuivi. La directrice de la recherche et des politiques publiques pour la Fondation Mo Ibrahim, Nathalie Delapalme, a toutefois indiqué que cette structure n’a pas de « vocation politique ». « Nous n’avons pas de vocation politique, la Fondation se charge juste de donner des indicateurs et c’est aux analystes de les décrypter », a-t-elle précisé. « Nous mettons à la disposition de la société civile cet indice (Indice Mo Ibrahim), c’est à vous de l’utiliser, de vous l’approprier », a-t-elle ajouté. Interpellée sur le Prix Ibrahim de bonne gouvernance, qui n’a pas été décerné depuis deux ans, Aïcha Ba Diallo, ancienne ministre de l’Éducation de la Guinée et directrice de l’éducation de base à l’UNESCO, a rappelé que cette distinction est basée « sur l’excellence ». « Il ya des critères à respecter, il faut que tout soit clair et net », a-t-elle ajouté, avant d’affirmer : « Jusqu’à présent, personne n’a encore rempli ces critères ».

Le Cameroun est 38e sur les 53 pays africains en 2011, dans la dernière publication de l’indice Mo Ibrahim
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