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Gratuité des soins contre le paludisme: L’opération a débuté au Cameroun

Si la campagne de communication a réussi, les mesures d’accompagnement ne semblent pas suivre. Reportage à l’hôpital central de Yaoundé

Depuis le 1er février dernier, les enfants de moins de cinq ans, peuvent se rendre dans les établissements hospitaliers retenus pour recevoir leur traitement gratuitement contre le paludisme simple. Une mesure annoncée par le président de la République, Paul Biya, lors de son discours à la nation le 31 décembre dernier. De nombreuses femmes se sont rendues à l’hôpital central de Yaoundé la capitale camerounaise, pour en bénéficier. « On est venu nous dire que désormais les enfants peuvent se soigne gratuitement, donc je suis venue avec mes deux enfants, la fille et le garçon que vous voyez là j’attends depuis le matin de voir le médecin », déclare Rose une jeune mère de deux enfants. Les files d’attente sont longues et les médecins débordés. Si la campagne de communication a réussi, les mesures d’accompagnement ne semblent pas avoir suivi. Ce sont plus de 3000 centres de santé à travers le pays qui sont concernés par l’opération. Sur le plan de l’organisation cependant, des observateurs font certaines remarques. Il semblerait que les hôpitaux militaires qui reçoivent l’essentiel des malades militaires ou familles de militaires, n’aient pas été pris en compte, de même que les centres de santé des administrations pénitentiaires. D’un autre côté, la question de la gratuité dans les établissements privés se posent. Aucune information à ce jour ne permet de dire qu’ils pratiquent la gratuité.

Concrètement la gratuité suppose que seul le médicament est pris en charge. « La directive est claire c’est le traitement qui est gratuit et son administration simple » avait fait savoir le ministre de la santé André Mama Fouda, qui expliquait aussi que le diagnostic n’était pas pris en compte dans la gratuité. Une information que beaucoup de femmes ne possédaient pas en venant à l’hôpital central. « Je suis coincée ici depuis le matin, on nous a dit que c’était gratuit, mais là maintenant je vois le docteur et il dit qu’il faut qu’on fasse des examens, pour mes trois enfants cela fera 15 000FCFA, ou est la gratuité dans ce cas ? » s’interrogeait cette dame éplorée. Des experts eux, s’interrogent sur le temps que durera la gratuité et surtout l’efficacité de celle-ci. Cela ramène au débat sur la qualité de paludisme simple. La maladie de façon globale est présente au Cameroun en permanence. Le risque couru disent des experts serait qu’une grande quantité de personnes développent une résistance de groupe ce qui rendrait la politique de lutte contre le paludisme encore plus complexe, surtout que les traitements appliqués le sont sur la base des produits génériques. « Même s’il faut faire confiance à l’Etat, on ne peut s’empêcher de se demander d’où viennent les stocks distribués, quelle est leur efficacité véritable, et surtout, quel type de paludisme peuvent-ils soigner ? » fait savoir pour sa part un expert en santé publique. Enfin sur la base des conditions établies par le ministère de la santé, la mesure risque de ne pas concerner un grand nombre d’individus. Près de 60% des cas de paludisme au cameroun sont de type complexe, ce qui en fait une des principales maladies tueuses dans le pays.

Image d’illustration
afp.fr)/n



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