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Guérandi Mbara Goulongo repense la démocratie africaine

La dernière parution de Guérandi Mbara Goulongo intitulée «Repenser un modèle de Démocratie participative en Afrique» scanne et recrée la démocratie africaine

Après « Une Armée sans défense, le défi du 06 avril 1984 » paru à Ouagadougou aux éditions Luttes en 1987 et « Refondation sociale, La renaissance par l’Ethique rédemptrice », Tome 1, publié aux éditions Minsi à Paris en 2004, « Repenser un modèle de Démocratie participative en Afrique », est le 3ème ouvrage du Dr Guérandi Mbara Goulongo. Enseignant de géopolitique/géostratégie et directeur d’un cabinet d’études stratégiques à Ouagadougou au Burkina Faso, l’auteur propose dans cet ouvrage un concept presqu’unique pour défaire la monocratie dominante en Afrique en vue de restituer les valeurs humaines et les choix souverains. Il s’agit, comme le souligne Aminata Diaw, d’avoir à l’esprit le souci constant de résoudre la problématique fondamentale suivante : comment penser la démocratie ou mieux, la démocratisation de la société/communauté, si les fonctions de médiation et d’intermédiation au sein de la société sont en crise ? Comment aujourd’hui, en Afrique, faire naître « une mystique civile » qui puisse donner sens à l’idée de citoyenneté et de solidarité ? Comment construire des pôles de civilité dans nos sociétés/communautés, avec quels acteurs, selon quelles modalités ? Il s’agit, en un mot, de construire une Démocratie participative. Un modèle de Démocratie participative car il apparaît opportun de prendre la mesure de l’urgence d’une conception plus exigeante de la démocratie, (chapitre premier) en vue d’en promouvoir une expression plus active avec la « palabre africaine » comme paradigme politique (chapitre deux) tout en ayant à l’esprit la nécessité d’un juste équilibre entre l’intérêt commun et les libertés individuelles (chapitre trois). Comme on le voit, GMG recadre, interpelle, promeut, valorise, responsabilise et réoriente l’Africain en général et le Camerounais en particulier, dans la perspective d’un développement durable et harmonieux, plaçant l’Homme au centre des préoccupations majeures (chapitre quatre), tout en responsabilisant plus avant les terroirs (chapitre cinq). Posant la renaissance de l’Afrique comme horizon, l’auteur propose enfin un régime semi-parlementaire rationnalisé comme cadre d’instrumentation du modèle de démocratie ainsi repensé (chapitre six).

Le n ud à défaire
Des mouvements sociaux violemment réprimés aux lois bafouées, en passant par les fraudes électorales devenues légion, l’auteur relève les principales barrières à l’ancrage de la démocratie en Afrique. Dans une société globalisée, dictée par la finance mondiale et où l’instantanéité se pose en maître absolu, GMG voudrait amener le lecteur à comprendre pourquoi en Afrique, l’expression démocratique est quasi-systématiquement entachée de querelles arithmétiques post-électorales. Tout au long de l’ouvrage, l’auteur s’appuie sur le système Biya pour illustrer la lame tranchante de la guillotine de la démocratie sur la base d’un régime du parti-Etat, en l’occurrence le Rassemblement démocratique de peuple Camerounais (Rdpc). En effet, il restitue la concentration de l’incapacité du gouvernement camerounais qui jusqu’ici, s’est nourri de la dictature, de l’inertie, de l’impunité, du laxisme pour ne citer que ces tares. Le fossé existant entre gouvernants et gouvernées semble être l’un des principaux handicaps à l’expression de la démocratie. C’est dans l’optique de restituer ce lien brisé que l’auteur replante l’arbre à palabre au c ur de la nation. Dès les premières lignes, GMG évoque la restitution des valeurs humaines et celle d’un Etat de droit moderne. Pour y arriver, il insiste sur le principe de la participation qu’il pose comme base de développement à tous les niveaux, notamment politique, économique, social, culturel, scientifique et technologique. D’où le principe de la palabre présenté ici comme un triangle construit autour de la compréhension, de la tolérance, et de la réconciliation.

Pour assurer la faisabilité de ce projet intellectuel ambitieux, repenser un modèle de démocratie, l’urgence de balayer les piliers de l’échec du régime actuel s’impose dans l’ouvrage qui reconstruit les principes de la gouvernance. Il s’agit pour l’auteur « d’avoir à l’esprit le souci constant de résoudre la problématique fondamentale suivante : comment penser la démocratie, ou mieux la démocratisation de la société/communauté, si les fonctions de médiation et d’intermédiation au sein de la société sont en crise ? Comment aujourd’hui, en Afrique, faire naître une mystique civile qui puisse donner sens à l’idée de citoyenneté et de solidarité ? Comment construire des pôles de civilité dans nos sociétés/communautés, avec quels acteurs, selon quelles modalités ? ». En droite ligne de cette vision politique (à travers la contribution sur la démocratie en Afrique), la dimension économique du regard que porte le Dr Guérandi sur l’Afrique est quant à elle consignée dans ce livre au travers de l’Economie Sociale et Solidaire dont il ébauche les grandes lignes ; des développements plus approfondis, d’après les confidences de l’auteur, feront l’objet d’un prochain ouvrage. Le nouveau combat de l’ex-capitaine, sur les ruines du désert intellectuel laissé par les pontes du parti-Etat (Rdpc) s’annonce néanmoins rude : de jeunes loups en politique, également soucieux du bien-être général, ayant depuis lors initié des joutes réflexives sur notre société. Tant mieux, aux dires du Dr Guérandi, qui entend « (re)donner à la jeunesse camerounaise toute la place qu’elle mérite dans l’espace public, dès lors que cela traduit la manifestation d’un humanisme patriotique ».


Journalducameroun.com)/n


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