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Guerre de chefs à la Camair-Co et crise anglophone en couverture des journaux camerounais

La passe d’armes entre le président du conseil d’administration (PCA) de la compagnie aérienne nationale et son directeur général (DG), de même que la condamnation à perpétuité de 10 leaders sécessionnistes anglophones, sont à l’affiche des journaux camerounais parus vendredi.Les visages préoccupés des dirigeants de la Cameroon Airlines Corporation (Camair-Co) s’affichent en couverture de L’Épervier, InfoMatin, La Nouvelle Expression, Le Messager et Mutations. C’est la guerre ouverte entre Ngalle Bibehe et Njipendi Kouotu, lance Émergence, commentant une correspondance toute fraîche du premier cité, qui enjoint son DG de procéder à l’annulation pure et simple de ses textes, signés le 19 août 2019 et portant nomination de personnels.

 Le PCA demande au DG d’annuler le redéploiement du personnel, effectué au mépris des orientations stratégiques, sur fond de désapprobation de la politique managériale, commente Le Messager, n’hésitant pas à évoquer des «fautes lourdes» de Louis Georges Njipendi Kouotu.

 «Camair-Co : la hache de guerre déterrée», constate Mutations sous le titre «Camair-Couacs» : «Depuis sa création, en septembre 2006, la compagnie aérienne nationale brille très peu par ses performances. Au contraire, ce sont les crises qui s’enchaînent. Quand il ne s’agit pas de la flotte qui bat de l’aile, ce sont des batailles d’ego et des conflits de compétences qui empoisonnent l’ambiance au sein de la compagnie. D’où les changements récurrents et contre-productifs à la tête de l’entreprise.»

 C’est «la malédiction !» s’exclame La Nouvelle Expression, pour qui la note signée du PCA, par ailleurs ministre des Transports, traduit à suffisance la navigation turbulente d’un avion qui a du mal à décoller et d’une entreprise pour seul plan de restructuration que l’augmentation des effectifs au détriment d’une relance des activités.

 Au-delà du désaccord sur les nominations, InfoMatin écrit que «Ngalle Bibehe et Njipendi Kuotu seraient en conflit pour le partage des rétro-commissions issues de la location des aéronefs», toute chose qui représenterait, pour ceux en ayant négocié les contrats, des centaines de millions de francs en termes de bakchich. D’où leur option commune de privilégier les locations d’aéronefs plutôt que d’assurer la réparation des appareils de la compagnie cloués au sol.

 Et voici que The Sun se laisse émouvoir par le verdict prononcé, mardi matin, par le tribunal militaire de Yaoundé, la capitale, qui a condamné à vie 10 leaders séparatistes anglophones. Rendant compte du délibéré, l’hebdomadaire voit s’effondrer non seulement les espoirs de dialogue et de paix, mais aussi pointer le péril sur la rentrée scolaire dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.

 Ce verdict aura forcément un impact négatif sur la guerre en régions anglophones, soupire Émergence. C’est «le procès de la honte !» s’indignent, dans les colonnes de The Voice, trois avocats desdits séparatistes pendant qu’un de leurs confrères, chez Essingan, estime que leur acquittement est envisageable en appel.

 «Yaoundé fonce tête baissée», renchérit La Nouvelle Expression, pour qui le pouvoir, en condamnant lourdement des leaders indépendantistes, ne peut guère rassurer une communauté internationale qui, depuis des mois, appelle à la libération de tous les prisonniers politiques et détenus de la crise anglophone, afin de faire baisser la tension sociopolitique.

 Mais au juste, qui conseille Paul Biya par rapport à la crise anglophone ? s’interroge lourdement le quotidien à capitaux privés de langue anglaise The Guardian Post. Pour la publication, le fait que le président de la République ait rejeté les appels à l’arrêt des poursuites contre les dirigeants de la république autoproclamée d’Ambazonie, ainsi que ses appels pressants pour un dialogue urgent et inconditionnel, visant à résoudre la crise armée dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest, témoignent du fait qu’il est entouré de personnes ayant peur de lui dire la vérité, ou qui le trompent pour préserver leurs propres intérêts.

Le Messager, pendant ce temps, en profite pour dresser le long portrait d’un «prêtre qui dérange» : le cardinal Christian Tumi», au front depuis des lustres contre le tribalisme, le manque de démocratie et les atteintes aux droits de l’homme et, aussi, un des promoteurs du projet de Conférence générale anglophone qui ne cesse d’être repoussée.

 Il s’agit, selon cette publication, d’un homme qui entretient une relation de défiance vis-à-vis du pouvoir et qui garde, aussi, le regard braqué sur l’alternance au sommet de l’État.

 Il ne faudrait tout de même pas oublier, ose le quotidien à capitaux publics Cameroon Tribune qui cite le même prélat, qu’une croisade pour la paix se prépare sous les auspices du vieux prélat qui, lui aussi espère que les condamnés du 20 août 2019 «bénéficieront des actes de clémence du président de la République».


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