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Guinée Bissau: L’armée aux commandes du pays depuis vendredi

Les chefs militaires, auteurs du coup de force, ont instauré dimanche un conseil de transition. Ce à quelques jours des présidentielles

La Guinée Bissau a fait l’objet d’un nouveau coup d’Etat militaire vendredi 13 avril dernier après l’arrestation du président intérimaire, du Premier ministre et du chef d’état-major, dans la capitale désormais quadrillée par les soldats, à deux semaines de la présidentielle du 29 avril. « L’armée confirme avoir déposé le président intérimaire Raimundo Pereira, le Premier ministre Carlos Gomes Junior et le chef d’état-major, le général Antonio Indjai. Les trois sont sains et saufs et se trouvent sous contrôle de l’armée », a informé un communiqué vendredi soir.

L’assaut -condamné par l’ONU et la Maison blanche- a été lancé jeudi soir, principalement sur la résidence à Bissau de Carlos Gomes Junior, homme fort de l’exécutif et favori du scrutin. Sa maison a été attaquée à la roquette, pendant que des militaires prenaient le contrôle de la radio nationale et bouclaient la ville. Vendredi, les soldats ont quadrillé la ville, à pied ou en pick-up. Certains étaient postés devant des ministères et le siège du Parti africain pour l’indépendance de la Guinée-Bissau et du Cap-Vert (PAIGC, au pouvoir). Le « commandement » a assuré n’avoir « aucune ambition pour le pouvoir » et a proposé un « gouvernement d’union nationale » lors d’une réunion avec les partis politiques. Mais il s’y attribue d’office les ministères de la Défense et de l’Intérieur, et a décrété un couvre-feu de 21H00 à 06H00 (locales et GMT). Ils dénoncent un « accord militaire secret » conclu selon eux entre le pouvoir et l’Angola. En cause: la mission militaire angolaise (Missang) présente depuis 2011 dans le pays et qui servait, selon les militaires bissau-guinéens, à « protéger le gouvernement en cas de crise ».

Lundi à Bissau, le chef de la diplomatie angolaise, Georges Chicoty, avait annoncé le prochain retrait de la force comptant au moins 200 éléments. Ex-puissance coloniale, le Portugal a défendu la mission angolaise, « un facteur de sécurité et non un facteur d’instabilité », et dénoncé « avec véhémence » le coup. Les pays membres du Conseil de sécurité de l’ONU ont exigé « le rétablissement immédiat de l’ordre constitutionnel et du gouvernement légitime » pour permettre aux élections d’avoir lieu comme prévu. L’UA a fustigé un putsch « inadmissible » et exigé la libération immédiate des personnalités détenues. La France a condamné « l’usage de la violence » et les Etats-Unis ont exhorté Bissau à « restaurer le leadership légitime des civils ».

La Guinée-Bissau a une histoire jalonnée de putschs, de tentatives de coups d’Etat militaires et de violences politiques depuis son indépendance en 1974. Elle est devenue ces dernières années une plaque tournante du trafic de cocaïne entre l’Amérique du Sud et l’Europe.

La Guinée-Bissau a une histoire jalonnée de putschs
Wikipédia)/n


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