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Guinée: Le nouveau président de la Céni est un malien

Siaka Toumani Sangaré n’a que 3 jours pour organiser le second tour des élections prévu dimanche 24 octobre

Le Malien Siaka Toumani Sangaré est le nouveau président de la Commission électorale en Guinée. Il a été nommé le mardi 19 octobre 2010 et ce, à 5 jours du second tour de la présidentielle par le chef intérimaire de la transition Sékouba Konaté. Il remplace Loucény Camara que le candidat à la présidentielle Célou Dalein Diallo, accuse de partialité au profit de son rival Alpha Condé. La nomination d’un étranger à la tête d’une commission nationale électorale est un fait exceptionnel qui survient après une journée mouvementée marquée par des violences à Conakry entre les partisans des deux camps qui ont fait 29 blessés. Il est délégué général aux élections dans son pays et est en Guinée depuis dix mois en tant qu’expert électoral de l’Organisation internationale de la Francophonie. Le général Sangaré a par le passé travaillé pour la Cédéao et l’Union africaine, notamment au Togo.

Cette nomination, qui visent à débloquer l’organisation du second tour de la présidentielle, intervient alors que justement des heurts ont eu lieu le mardi 19 octobre entre sympathisants de l’UFDG en colère et forces de l’ordre. C’est en banlieue de Conakry que l’appel à « paralyser le pays » lancé lundi 18 octobre par l’UFDG avait été le plus suivi. En traversant la commune de Dixinn, dans la journée, on pouvait voir de nombreux magasins fermés, leurs portes de métal cadenassées par les propriétaires. Une activité très ralentie également au marché de Madina où beaucoup de portes étaient fermées. même si les vendeurs à l’étalage, eux, étaient bien présents. A Hamdallaye, des jeunes excédés sortant des ruelles envoyaient des pierres aux policiers. Des jeunes qui réclamaient, conformément à ce que demande leur parti, la nomination d’un président de la Céni neutre et consensuel. Rassemblés aux intersections du quartier, ils se dispersaient à la moindre alerte, au moindre signe annonçant une descente de police. Car une fois encore, les habitants se plaignent des méthodes utilisées par les forces de l’ordre. L’un d’eux montre une douille, l’autre une blessure à la jambe. Tous deux se plaignent de l’usage de balles réelles. Un peu plus loin, un homme affirme que les forces de l’ordre sont entrées dans sa concession, ont volé des téléphones et renversé le plat de riz. Un autre parle du saccage d’une voiture. Le bilan s’alourdit dans la capitale guinéenne. Selon des sources médicales au moins 29 personnes, dont 13 adolescents, ont été blessées dans la seule journée de mardi. Le président de l’Observatoire national des droits de l’homme (ONDH), Aliou Barry, a accusé les forces de l’ordre d’être « entrées dans les quartiers pour y violer des femmes ».

De bonnes sources, le Malien Siaka Toumani Sangaré a demandé à avoir la confiance des deux candidats Alpha Condé et Cellou Dalein Diallo, avant d’accepter cette mission. Mais il a fait face à un calendrier très serré. Siaka Toumani Sangaré a rencontré hier mercredi 20 octobre, le président de la transition le général Sékouba Konaté. Le décret lu mardi soir 19 octobre à la télévision explique que le général Sangaré a à ses côtés à la tête de la commission électorale l’actuel président contesté de la Céni, Lounceny Camara, qui prend la place de vice-président, de même que Hadja Aminata Mané Camara, l’ancienne présidente par intérim. C’est devenu une véritable course contre la montre qui s’est engagé pour le général Siaka Toumani Sangaré. Selon Abdourahmane Touré Telil, le chef du département logistique de la Céni, l’essentiel des matériels a déjà été acheminé sur le terrain mais il reste des tâches essentielles à accomplir comme décaisser l’argent nécessaire au déroulement des opérations de vote ou encore envoyer les huit coordinateurs régionaux de la Céni sur le terrain afin d’acheminer l’argent, les procès verbaux et les bulletins manquants. Il faut agir vite selon un responsable si l’on veut pouvoir tenir la date du second tour le 24 octobre soit près de quatre mois après le premier tour du 27 juin. Cellou Dalein Diallo était alors arrivé en tête avec 43% des voix contre 18% à Alpha Condé.

Le Général Sekouba Konaté, président par intérim du pays
www.tamtamguinee.com)/n
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