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Haman Mana, figure de proue d'une génération!

Loin de son rêve de devenir historien, Haman Mana à la tête du quodidien le Jour est devenu une icône du journalisme au Cameroun!

Ce fils qui rêvait d’être historien est devenu en deux décades une icône du journalisme au Cameroun. Maria Rodriguez du club de jazz parisien Le baiser salé, disait récemment que Richard Bona respire la musique. Il n’est rien sans la musique. On pourrait en dire autant d’Haman Mana que cela ne serait point exagéré. Tant ce patron de presse et journaliste de talent a laissé auprès de l’opinion de son pays et même à l’international une image d’un professionnel de haut vol. Après seulement 22 ans de pratique.
Et dire qu’il a failli être historien ! Car c’est au détour d’une discussion avec les copains de faculté où il était inscrit en Histoire et alors qu’il s’ennuie ferme qu’il découvre l’Ecole supérieure des sciences de l’information (Essti). Il présentera ensuite le concours par pure curiosité. Une fois là bas, il découvre les vertus de l’écriture: écrire c’est partager, partager son envie de rire, d’amuser, de pleurer, de s’indigner, de crier, bref partager quelque chose.

Pérégrinations
Mais à l’époque, il ne se contente pas seulement d’écrire comme les archives de l’école peuvent le laisser croire. Il s’implique à fond dans le secrétariat de rédaction. Qu’il appliquera une fois ses humanités terminées à Cameroon Tribune, le quotidien d’Etat, puis au Messager de Pius Njawé. Avant de s’autoriser une première expérience éditoriale qui fera long feu. Ce sera Ozone, un mensuel spécialisé sur les questions environnementales.
En 1995, il est sollicité pour porter un nouveau projet éditorial piloté par l’assureur Protais Ayangma et l’intellectuel Maurice Kamto. Après près d’un an de travail à blanc, Mutations verra le jour en juillet 1996. Avec pour option d’être vif dans le ton, sérieux dans la tenue, iconoclaste dans les positions, culturel dans la vision. Le public peut alors découvrir les éditoriaux et autres articles durs signés Haman Mana, ce jeune directeur de publication (il a alors 30 ans). L’expérience sera si enrichissante que Mutations passera quotidien six ans seulement plus tard, avant de devenir une référence de la sous-région.

Mutation vers Le jour
En 2007, Haman Mana démissionne avec fracas de la South media corporation qui édite Mutations, Les cahiers de Mutations et Situations qu’il avait contribué à mettre en place. Le différend avec les promoteurs porte sur les valeurs journalistiques qui, de son point de vue, ont été dévoyés au profit des valeurs du capital. Il s’en va donc. Avec une partie de son équipe. Parce qu’il est «d’une agilité intellectuelle au dessus de la moyenne» comme aime à le dire son confrère Valentin Zinga de La nouvelle expression, il ne tarde pas à mettre sur pied le quotidien des nuls à qui il donne le nom de «Le jour». Un an plus loin, celui qui aime la littérature russe et nigériane n’est pas peu fier de cette aventure. Même s’il se contente de ce que «Un an après le lancement du Jour, le promoteur laissera les observateurs de la presse et le public parler. Parce qu’on ne peut pas être à la fenêtre et se regarder passer dans la rue.» Au passage, de jeunes diplômés ont trouvé du travail et l’offre éditoriale de qualité s’est élargie. A ceux qui estiment qu’il abuse de cette jeunesse corvéable à merci, il répond sentencieux Pour l’instant, je n’ai de plainte dans aucune inspection du travail. Vous me reprochez la jeunesse d’une partie de ma rédaction? C’est dommage! A l’âge qu’ont ces jeunes journalistes, moi aussi je travaillais dans un quotidien. Et puis, que veut-on? Je donne leur chance à des jeunes sortis d’école. Je suis le seul organe de presse qui à ce jour a recruté à la fois cinq étudiants issus d’une même promotion de l’Esstic. Il mène donc cette nouvelle barque, convaincu que le challenge c’est de garder sa capacité d’innovation, d’étonnement et d’émerveillement.


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