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Hassan Ndam Njikam: La force des crochets

Vainqueur aux points de l’Américain Curtis Stevens, jeudi à Santa Monica (Californie), il devient le challenger officiel pour la ceinture IBF des poids moyens

Hassan Ndam a combattu pour la ceinture IBF, détenue par l’Australien Sam Soliman, au petit matin de jeudi 2 octobre 2014. Opposé à Curtis Stevens- un duel diffusé sur L’Equipe 21 – le Franco-camerounais s’est logiquement imposé aux points, sur décision unanime des juges, au terme de douze rounds maîtrisés. L’ancien champion du monde WBO des poids moyens, qui veut «décrocher un nouveau titre mondial pour pouvoir attirer Golovkin (le Kazakh qui détient la ceinture WBA) pour une réunification», a rarement tremblé face au petit Américain. Il compte désormais 31 victoires en 32 combats. Dès les premières secondes, c’est pourtant Stevens qui marquait les esprits en touchant le camerounais d’un crochet gauche. Mais Ndam a petit à petit mis son jeu en place, face à un adversaire qui lui rendait 10 cm en taille. Chambreur dans le sixième round, «El Fenomeno» a forcé «Showtime» à mettre un genou au sol lors de la huitième reprise, sous les yeux de stars telles que Sylvester Stallone ou encore Dustin Hoffman. À ce moment-là, il avait fait le plus dur.

Les atouts de Ndam Njikam sont bien connus. Un crochet gauche qui fait mouche. C’est son arme de prédilection, «celle avec laquelle j’ai mis le plus de KO». Dès lors qu’il double son crochet du bras avant, en variant corps et face, ou l’utilise pour masquer son direct du droit, N’Dam allie précision et puissance. Seul problème: pour délivrer son crochet, il a parfois tendance à se jeter vers l’avant, ce qui peut surprendre, mais aussi donner des opportunités de contre à son adversaire. Élégant, parfois fantasque, Ndam est un boxeur d’instinct, capable d’exploiter la moindre ouverture dans la garde adverse.

Vitesse de déplacement, fluidité des enchaînements, Ndam a transposé au monde professionnel les qualités qui lui ont permis de briller chez les amateurs (87 combats, quart de finaliste aux Jeux d’Athènes en 2004). Le Franco-Camerounais brille avant tout par sa mobilité, souvent frustrante pour des adversaires au style plus rigide. Une boxe qui demande une condition physique irréprochable. Dans les premières années de sa carrière, N’Dam s’est forgé une réputation de puncheur. Sur ses 24 premiers duels, 17 sont conclus avant la limite. Mais dès lors qu’il s’est attaqué au niveau mondial -première opportunité face à Avtandil Khurtsidze, le 30 octobre 2010- ses statistiques ont faibli. N’Dam n’en a pas pour autant perdu ses qualités: après quatre ans de disette, il a renoué avec un succès avant la limite face à Ricardo Ramallo, le 15 février dernier.

«On dit d’Hassan qu’il boxe les mains basses, déplorait Moustapha Ouicher, son entraîneur dans L’Equipe en 2009. Mais s’il les monte, ça casse sa boxe ! Il a l’ il et la mobilité, pas besoin de lever les bras.» Mais à trop compter sur ses réflexes, N’Dam s’expose. Face à Peter Quillin, en 2012, il est allé six fois au sol. Sur ce duel, le camerounais a aussi montré sa résistance: après chaque voyage au tapis, il s’est relevé et a repris le combat. A tel point qu’à l’appel du dernier round, alors qu’il avait déjà été compté quatre fois, de nombreux journalistes américains le voyaient s’imposer aux points.

Hassan Ndam Njikam
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