› Eco et Business

Hausse des prix d’électricité au Cameroun: le refus du gouvernement!

Le ministère de l’énergie a fait savoir son opposition à la hausse des factures d’électricité par l’opérateur AES-Sonel

Le gouvernement contre la hausse
Aucun commentaire, juste un communiqué lu au journal de 17 h sur les ondes de la Cameroon radio television, ce 31 mai 2010. Le ministre de l’eau et de l’énergie (Minee), Ngako Tomdio Michael, a exprimé son désaccord pour la dernière augmentation du prix du kilowatt par l’opérateur AES-Sonel en charge de la distribution de l’électricité au Cameroun. La récente augmentation des tarifs de l’énergie électrique a été faite de manière unilatérale par Aes Sonel. Par conséquent, la société Aes Sonel est sommée de revenir à ses tarifs appliqués avant la date du 1er avril 2010. Depuis la concession de la Sonel à Aes Sonel le 18 juillet 2001, c’est la première fois qu’une augmentation de prix de l’électricité au Cameroun est aussi ouvertement dénoncée par le gouvernement. Cette intervention du gouvernement étonne plus d’un observateur. A la Sonel on s’est refusé à commenter une décision prise par le ministre de tutelle. Selon le contrat de concession, l’opérateur AES-Sonel est tenu de prévenir l’agence de régulation du secteur de l’énergie(ARSEL), avant toute hausse des prix. En la matière, il existe deux formes d’autorisations, une autorisation formelle et une autorisation tacite en cas de silence pendant trois mois, nous ont affirmé des experts qui ont lu le contrat. L’opérateur a envoyé un projet d’une nouvelle grille tarifaire en octobre 2009. Trois mois après (janvier 2010), le silence de l’ARSEL vaut accord tacite. Et donc Aes Sonel a carte blanche pour hausser les prix, avait fait comprendre Geremi Bikidik, le président du RACE (Réseau d’Associations des Consommateurs d’Electricité), lorsqu’il initiait l’opération de protestation Guichet mort.

Et si AES-Sonel avait raison pour une fois?
Dans une interview accordée au site www.journalducameroun.com, le président du RACE a laissé transparaitre, que contre toute attente AES-Sonel était en droit de pratiquer des hausses de prix sur les factures d’électricité du moins en ce moment. Dans l’interview il affirme que la rencontre initiée par le DG de la Sonel Jean David Bile leur a permis de comprendre une incompétence de l’Etat dans la gestion du dossier Energie. Selon l’article 5 alinéa 3 du Contrat-cadre de concession du 18 juillet 2001, AES-SONEL avait le droit de procéder à une augmentation des tarifs de vente basse tension et moyenne tension de trois pour cent (3%) pendant la première période quinquennale et de cinq pour cent (5%) après cette première période quinquennale dans les cas d’ajustement visés aux paragraphes 5.2 et 5.3 relatifs à un ajustement d’au moins dix pour cent (10%). Signé le 18 juillet 2001 pour une durée de 20 ans, le contrat de concession liant le gouvernement à AES-Sonel est soumis à révision tous les 5 ans. Mais visiblement, les avenants issus de la dernière révision en décembre 2006 entre les deux parties, n’ont rien changé à la disposition à l’article 5 alinéa 3.

Doutes sur les intérêts défendus par le gouvernement
De toute évidence, la hausse effectuée par la Sonel allait à l’encontre de la politique de soutien aux Petites et Moyennes Entreprises, notamment pour ce qui est de leur approvisionnement en énergie. Les experts s’interrogent, pourquoi le gouvernement a-t-il attendu aussi longtemps, pour marquer son désaccord à une hausse dont il était visiblement informé ? Une question restée sans réponse. Au ministère de l’Energie et de l’Eau, on s’est aussi refusé à commenter la décision du ministre. Le 15 mai dernier, le Réseau associatif des consommateurs de l’énergie (Race) avait distribué, dans la ville de Douala notamment, des communiqués pour une campagne «Guichet mort» à partir de ce 1er juin 2010. Une menace prise très au sérieux par Aes Sonel qui a réuni autour du directeur général Jean David Bilé, le 25 mai dernier à Douala, une dizaine de représentants des associations de consommateurs. Une argumentation qui a convaincu les associations de consommateurs à l’issue de la réunion de concertation et d’information du 25 mai dernier à Douala. Celles-ci ont accepté de surseoir à toute action de nature à alimenter la controverse autour de la nouvelle grille tarifaire. Pour les observateurs cette évolution de l’actualité amène à s’interroger sur les intérêts défendus par le gouvernement.


adgoog.com)/n
À LA UNE
Sondage

Un candidat de l'opposition a-t-il une chance de gagner la présidentielle 2018 au Cameroun?

View Results

Loading ... Loading ...
Retour en haut