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Hausse du carburant: Le débat refait surface

Tout le monde en parle mais le gouvernement fidèle à sa logique s’est enfermé dans un silence complet

Alerte au Boycott
Le Réseau des associations des Consommateurs d’Energie (RACE) ont menacé mercredi 25 janvier 2012, les autorités camerounaises d’un boycott national, si le prix du carburant venait à être augmenté à la pompe. Les consommateurs n’avaleront pas cette nouvelle pilule amère sans réagir. Nous n’accepteront pas l’augmentation d’un seul centime de FCFA du prix du carburant. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, en cas de passage en force du gouvernement, plus qu’en Février 2008, c’est à l’unisson avec les syndicats de transporteurs que le RACE et la FENAC vont appeler à une mobilisation générale des consommateurs pour un boycott actif des stations services et aux manifestations de rue sur toute l’étendue du territoire national, peut-on lire dans un communiqué diffusé par cette association très impliquée dans le domaine de l’énergie. Cette communication intervient alors que de nombreux éléments laissent envisager l’hypothèse d’une hausse des prix à la pompe. Une hausse qui techniquement se justifie pourtant. Le problème dans cette affaire c’est que la stratégie de compensation de l’Etat n’est pas transparente et du coup les populations sont aux abois. Mais la vérité est qu’actuellement, la facture du pétrole pour le Cameroun a augmenté en raison du léger relèvement des cours sur le marché mondial et de l’appréciation du Dollars monnaie d’achat du pétrole par rapport au FCFA. Des variations légères mais qui s’impacte en milliards de FCFA, explique un expert proche des transactions pétrolières. Une évidence apparait cependant, c’est que le débat sur le prix du «carburant» ne porte que sur la subvention de l’Etat, qui parle d’une facture lourde. Pour l’année dernière, le gouvernement affirme avoir payé jusqu’à près de 330 milliards pour respecter sa politique des prix fixes.

Une fin de la subvention salutaire?
Au sein de l’opinion publique le manque d’information fait qu’on ne veut rien comprendre, l’Etat est invité à maintenir la subvention. La conclusion logique et immédiate est que sa suspension entrainera une incidence sur le prix de tous les autres biens. Mais ce que les populations ignorent et qui est l’argument de poids utilisé par le Fonds Monétaire International (FMI), c’est que la subvention du «carburant» ne profite pas aux pauvres, mais favorise les personnes les plus riches et les détournements de fonds. Ils ont raison, et je pense même que la véritable incidence d’une hausse du carburant sur les consommateurs est celui du transport. Une stratégie pertinente du gouvernement pourrait être de maintenir la subvention pour les entreprises de transport organisées. Cela réduirait les risques d’inflation et permettrait de transformer un secteur qui est livré quasiment au chaos, fait remarquer un observateur. De nombreux experts estiment aussi qu’il est important d’ouvrir un débat franc sur le prix de l’essence au Cameroun. Sur le sujet de nombreuses interrogations demeurent sans réponses. Pour certains, il s’agit d’une cagnotte fiscale que des membres du gouvernement se partagent avec leurs amis comme cela a toujours été le cas. Mis à part des publications de la CSPH sur le volume d’argent injecté, le gouvernement n’a jamais clairement démontré en quoi économiser par exemple 300 milliards de FCFA et laisser les acteurs de la consommation du carburant fixer les prix pourrait rendre les populations plus pauvres, surtout si les 300 milliards sont injectés, pour produire plus de nourriture ou soutenir une couverture partielle de maladie pour les plus pauvres. A la vérité, les populations ne le perçoivent pas mais les pauvres paient pour les riches a indiqué un expert de l’économie en poste au ministère de l’Economie et du Plan

Silence radio dans l’administration
Au sein même de l’administration fiscale, certains responsables estiment que les prix peuvent être maintenus, et même réduits si l’Etat consent à revoir la fiscalité pétrolière. Il existe une application sur réaliste de la Taxe sur la Valeur Ajouté (TVA) sur les produits pétroliers qui est très contre-performante. La plus surprenante est celle appliquée sur la sortie à la pompe, totalement incompréhensible parce qu’en amont il existe déjà une TVA sur la distribution. L’Etat peut donc tranquillement jouer sur ces TVA et aussi sur la taxe spéciale pour la route, pour à chaque fois amortir l’augmentation des prix sur le marché mondial, a fait savoir sous anonymat aussi, un cadre à la Direction des impôts. Le gouvernement n’a pas encore donné une position claire et précise sur le sujet. Selon des chauffeurs de taxi cependant, certains de leurs responsables syndicaux avaient été à la table de discussions pour voir comment on pouvait augmenter le prix du carburant en compensant avec une hausse du prix du transport. De ce point de vue l’homologation d’une augmentation du prix du transport interurbain semble être un indicateur que les lignes bougent.

Les prix à la pompe pourraient augmenter bientôt
tradexsa.com)/n


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