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Hemley Boum signe « Si d’aimer… »

L’auteure camerounaise dans ce 2e livre, explore à nouveau les relations humaines, sous le prisme de l’amitié, de la maladie et de l’espoir, au grand bonheur des lecteurs

Qu’est ce qui dans la vie peut rapprocher « une fille bien », Salomé Lissouck épouse Bema à une prostitué de luxe ? Qu’est ce qui dans la vie peut associer les destins d’un médecin gynécologue, fierté sociale, Valérie Bisseck, à une prostituée de luxe ? Qu’est ce qui dans la vie peut lier un jardinier, Moussa, à Céline, la prostituée de luxe ? A ces trois questions, la réponse c’est l’amitié. Une amitié vraie, construite en tandem Valérie – Salomé, Moussa – Céline, puis en groupe entre ces quatre héros. Une amitié bâtie sur des socles de la naïveté et l’amour « sans intérêt » de l’enfance, mais aussi sur la fragilité que chacun porte en lui et que des événements de la vie peuvent mettre à nu à un moment de l’existence.

Voilà la trame de ce roman plein d’humanité que nous offre Hemley Boum, auteure camerounaise, qui après « Le clan des femmes », son premier livre, continue l’exploration de la complexité de la nature humaine à travers l’amour, l’amitié, avec – heureusement – beaucoup d’espoir. Car on a besoin d’espoir pour s’accrocher au fur et à mesure qu’on lit « Si d’aimer… » On a besoin de se dire que tout finira bien pour pleurer avec l’héroïne principale, Céline, sur son sort de damnée.

C’est pour mieux raconter cette amitié que Céline laisse la place aux autres protagonistes, Moussa, Valérie, Salomé, afin qu’ils racontent avec le « je » les mêmes réalités, donnant ainsi l’occasion de juger à la fin – ou pas – après avoir écouté les « versions » de la même histoire. Équilibrant de ce fait les actions des héros, et nous rendant un peu complices de leurs choix de vie.

L’auteur gratifie le lecteur de références historiques et anthropologiques avérées sur les territoires géographiques qu’elle explore. Que ce soit l’évocation de la délation et de la chasse aux « maguidas » qui a suivi le coup d’état avorté au Cameroun en avril 1984 ou encore les souffrances des familles ouvrières du Nord de la France lorsque les débuts de la mondialisation ont brusqué le transfert de leurs usines à textile vers des contrées où la main d’ uvre était bon marché, privant ainsi ces derniers de leurs emplois, mais surtout de leur fierté régionale. Ces référents sociologiques, ajoutées à une pointe d’argot camerounais assez bien maîtrisée, rend le livre digeste et la lecture linéaire.

Hemley Boum signe, auteure camerounaise

La Cheminante)/n

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