Culture › Musique

Henri Dikongue: « Je suis pour la promotion des bonnes initiatives telles que la soirée du 12 décembre prohain »

Il a accepté de jouer le jeu des questions-réponses

Pour la faible proportion de nos lecteurs qui ne vous connaissent pas, Il nous importe de souligner que nous avons en face de nous aujourd’hui, un musicien qui boucle cette année, 17 bougies de carrières avec 04 albums à son actif, dont le plus célèbre est titré « C est la vie » , deuxième album sorti en 1997 et qui a par ailleurs été classé premier « au world music chart Europe » en 1998. Votre style musical est constitué de rythmes savamment dosés de Makossa, Bikutsi, mais aussi du reggae, du Jazz et de la Rumba. Toutes les voix s’accordent à dire que vos paroles, vos textes et vos mélodies s’inscrivent dans une tradition folk africaine qui réhabilite avec talent les cultures les plus ancestrales (chants de pêcheurs, musiciens-voyageurs). Cheikh Anta Diop devrait donc sourire depuis sa tombe en vous écoutant jouer. Vous cumulez à votre actif également nombre d’événements culturels dans le monde.
Merci pour cette description de mon uvre dans laquelle je me reconnais parfaitement.

Vous revenez du Benin, plus précisément de Cotonou dans le cadre d’une tournée africaine en compagnie de Queen Eteme. Quel a été l’accueil réservé à l’hôte de marque que vous êtes, de la part de nos amis Béninois?
L’accueil était cordial et très chaleureux

Et comment s’est déroulé le concert?
Les concerts, car je me suis produit deux fois à Cotonou. Très bonne ambiance du public béninois et la chaleur de la communauté camerounaise qui était présente.

Biso na Wa, Monsieur Dikongue, ça remonte à 2005. A quand le prochain Album?
Mon prochain Opus est prévu d’ici fin 2010 début 2011

Un coup d’ il jeté sur votre site personnel permet de constater qu’au premier rang des pays où vous avez beaucoup joué cette année et l’année dernière, viennent l’Allemagne, ensuite la Suisse. Le Cameroun est presqu’absent de vos tournées musicales passées et futures. La dernière tournée au Cameroun remonterait à 1998 ou vous avez joué à Yaoundé et ensuite à Douala. Le Cameroun ne fait-il plus partie des pays où vous souhaiterez vous produire ?
Petit récapitulatif j’ai fêté mes dix ans de carrière au Cameroun en 2005 et participé au FENAC au Cameroun en 2009 mais étant donné que je me produis à travers différents festivals dans le monde il m’est souvent difficile d’être partout en même temps.

[On vous étiquette souvent comme artiste musicien rebelle mais sensible. Vous reconnaissez-vous dans cette étiquette?]
Oui et je l’assume cette étiquette

Cela suppose que vous n’avez pas été insensible aux « élections présidentielles » qui consacrent curieusement à chaque fois, les fils des présidents disparus. Qu’est-ce que cette situation regrettable en Afrique vous inspire?
Cette situation n’est pas bonne pour la démocratie.

Selon votre programme de ces fins d’années, vous êtes le 4 décembre en Suisse et le 12 du même mois ici à Paris ou vous avez accepté de parrainer l’évènement organisé par AEUD.INFO (media initié et animé par les anciens étudiants de l’université de Douala), qui garde une ouïe permanente et attentive sur les préoccupations estudiantines des universités camerounaises et d’Afrique en générale. Est-ce votre fibre d’ancien étudiant de Besançon qui a motivé votre adhésion à notre projet ?
Oui, je crois et aussi pour d’autres bonnes raisons : je suis pour la promotion des bonnes initiatives (et entretenir l’esprit de solidarité entre nous) telles celles pour laquelle vous me convier le 12 décembre prochain.

Et si les universités camerounaises prenaient la responsabilité de former des jeunes à la musique africaine et aux sonorités traditionnelles ou même modernes, cela pourrait-il susciter chez vous quelque engouement de formateur au point de vous pousser à y avoir une part active ? Croyez-vous que votre registre musical pourrait alors inspirer des vocations ?
Je le souhaite vivement et s’est avec un grand plaisir que je mettrais ma contribution pour de tels projets éducatifs

Est-ce que la formation d’autres jeunes camerounais qui pourront prendre le relai après votre retraite vous inspire quelque engagement? Et que pensez-vous devoir faire à ce niveau?
Wait and see (je pense avoir encore un peu de temps avant ma retraite)

Aujourd’hui le paysage musical mondial est complètement phagocyté par l’électronique, faisant ainsi fi de la créativité individuelle. Pensez-vous que ce type musical puisse exprimer réellement la sensation originelle ? Et croyez-vous pouvoir y avoir recours dans votre prochain album ?
Rien n’est impossible, l’essentiel est surtout de faire valoriser les sonorités africaines

Nous arrivons au terme de cet entretien. Avez-vous un mot de fin pour nos lecteurs ?
Je souhaite à vos lecteurs une bonne année 2010 par anticipation et espère les savoir nombreux le 12 décembre prochain à Paris, pour cette initiative louable.

Henri Dikongue
www.africasounds.com)/n
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