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Hommage : Manu Dibango une vie de rêve, de douleur aussi

Manu Dibango, une carrière longue, habitée de beaucoup de succès et de difficultés. Le monde pleure une virtuose de la musique Jazz notamment. Évocation de son parcours musical immense et exceptionnel.

Emmanuel N’Djoké Dibango, dit Manu Dibango, est lâché par la vie ce 24 mars 2020. Des suites de la pandémie du Coronavirus.  La nouvelle de sin infection avait fait le tour su monde et les réseaux sociaux l’ont donné pour mort à trois reprise.

Ce 24 mars 2020  est donc le dernier qu’aura vu Manu Dibango né à Douala au Cameroun le 12 décembre 1933. Lui dont les parents sont originaires d’ethnies différentes : son père est Yabassi, et sa mère douala. Sa famille est de confession protestante, et sa mère dirige la chorale du temple.

En 1949, il se rend à France par bateau. Plus de vingt jours de voyages pour rejoindre Marseille.  Manu dépose ses valises à Saint-Calais, dans le Nord de la France pour poursuivre ses études et passer son Bac. C’est à Chartre qu’il découvre le jazz au début des années 50.  Il apprend le piano, puis le saxophone, et commence à se produire sur scène. Son père désaprouve son style de vie et lui coupe les vivre en 1956.

C’est à Bruxelles qu’il rencontre sa femme Coco et que son jazz s’africanise au contact du milieu congolais Belge. Joseph Kabasélé Tshamala, dit Grand Kalle l’engage dans son orchestre et ils enregistrent plusieurs disques qui remportent le succès en Afrique et les amènent à Kinshasa, au Congo où Manu lance le twist en 1962 dans sa propre boite. Le succès est phénomènal. Mais le musicien ne se sent pas bien accueilli dans son pays car créer un nouveau lieu de nuit lui attire beaucoup de problèmes. Il décide de retourner en France.

En 1967, Manu Dibango trône à la tête de son premier Big Band et développe son style musical novateur pour une série d’émissions télévisés avec des acteurs comme Dick Rivers ou Nino Ferrer, pour lequel il joue de l’orgue Hammond, puis du saxophone, et finit par diriger son orchestre.

En 1972, il enregistre la face B d’un 45 tours « Soul Makossa », qui servira d’hymne de la Can 1972 au Cameroun. Une chanson qui sera reprise sur « Wanna be Starting Something » de Michael Jackson et « Please don’t stop the music » de Rihanna. Manu Dibango fait la conquête des Etats-Unis avec un tournée qui remporte un vif succès.

De 1975 à 1979, il dirige à Abidjan l’Orchestre de la Radio-Télévision ivoirienne. Ses parents décédent en 1976, et deux ans plus tard Manu entregistre un album avec des musiciens nigérians (« Home Made ») avant de s’envoler pour la Jamaique. La bas, il enregistre des sessions au côtés de la célèbre section rythmiques de reggae Sly Dunbar.

Dans les années 80, il collabore en outre avec Serge Gainsbourg. Sorti en 1982, son album « Waka Juju » consacre son retour à l’afro-sound. « Surtention » (1984) offre une rencontre entre hip-hop et tradition africaine. Le 14 mai 1986, Manu Dibango est décoréede la médaille des Arts et des Lettres par le ministre de la culture française de l’époque, Jack Lang.

En 1992, Yves Bigot lui propose d’enregisrer « Wakafrica », un album de reprises des plus grands tubes africains. Cet album parait dans le monde entier et permet à Manu Dibango de revisiter le patrimoine de la chanson en invitant les ténors Youssou N’Dour, Salif Keita, Papa Wemba, Angélique Kidjo, Peter Gabriel, Manu Katché,… Le single « Biko » sera remixé à Atlanta par Brendan O’Brien. C’est cette même année que manu reçoit une Victoire de la Musique pour le deuxième volume des Négropolitaines.

L’album « Lamastabastani »parait en 1996 et s’inspire de la disparition de sa femme l’année précédente. Manu Dibango enchaine deux albums, un spectacle aux côtés de Ray Lema, la musique du film d’animation Kirikou et les bêtes sauvages en 2005, un album en hommage à Sydney Bechet et à La Nouvelle Orléans…

Manu Dibango c’est finalement plus de 40 albums, des dizaines de tournées mondiales. Une icône comme un en trouve un tous les cinquante ans.


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