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Homosexualité: Ouverture du procès de deux jeunes au Cameroun

Arrêtés le 25 juillet dernier, ils comparaitront pour flagrant délit d’homosexualité à seulement 19 ans et demi de moyenne d’âge

Ils sont jeunes et homosexuels. Les dénommés Franky et Jonas deux jeunes camerounais, ont été surpris et arrêtés lez 25 juillet dernier dans une voiture garée devant une boite de nuit de Yaoundé, la capitale du pays. L’ouverture de leur procès c’est ce jeudi. Si le flagrant délit est constaté, les deux jeunes âgés respectivement de 20 et 19 ans, encourent une peine pouvant aller jusqu’à cinq ans de prison ferme. Leur situation inquiète aujourd’hui Amnesty International qui dans un communiqué en date du 15 août dernier, a demandé aux autorités camerounaises qu’elles relâchent les deux jeunes hommes. «Étant donné le degré élevé d’homophobie toléré par les pouvoirs publics au Cameroun, les personnes arrêtées en vertu de cette loi risquent d’être agressées et soumises à d’autres formes de mauvais traitements par leurs codétenus ou par les autorités carcérales en raison de leur orientation sexuelle présumée», a déploré Erwin Van Der Borght, directeur du programme Afrique d’Amnesty International. Une requête qui sera difficile à satisfaire. Les deux jeunes hommes sont aujourd’hui inculpés au titre de l’article 347a du Code pénal camerounais, qui érige en infraction les actes sexuels entre personnes du même genre. Une situation que déplore Amnesty international. « Le Cameroun doit abroger cette loi draconienne. En arrêtant des personnes au seul motif de leur orientation sexuelle présumée, le gouvernement camerounais viole de manière flagrante les traités internationaux en matière de droits humains qu’il a signés ou ratifiés » peut-on lire dans le communiqué.

Pour les deux jeunes inculpés, leur condamnation sera une simple formalité. Plus que la loi, la société camerounaise dans son immense majorité est radicalement homophobe. « Si ce n’est pas le diable lui-même qui pousse ces gens là c’est quoi ? Il faut être possédé pour se livrer à de telles pratiques », déclare Eric, un jeune cadre interrogé sur le sujet. Ce qui est frappant dans cette nouvelle histoire, c’est l’âge des prévenus. Malgré les dénonciations, malgré les stigmatisations, le nombre d’homosexuels découverts au Cameroun semble croitre. Pire, la pratique semble gagner les plus jeunes. Les politiques et l’ensemble de la société camerounaise se refusent à tout débat ouvert sur le sujet. Pourtant, un fait demeure constant, au nom de leur orientation sexuelle, les adeptes de cette pratique encourent un bannissement qui ne dit pas son nom au sein de la société. Dans les cellules de prisons, ils sont très souvent maltraités et pourtant leurs crimes sont parfois moins dommageables pour la société que celui des détourneurs de fonds publics ou des meurtriers. Une situation que craint Amnesty International. En mars 2011, le dénommé Jean-Claude Roger Mbede a été condamné à 3 ans de prison après avoir envoyé des SMS tendancieux à un homme de sa connaissance. Il purge actuellement sa peine à la prison centrale de Kondengui, dans des conditions difficiles. Selon certaines informations rapportées par Amnesty, la santé physique et mentale de Jean-Claude Roger Mbede se serait dégradée.

Le gouvernement camerounais se refuse aujourd’hui à reconnaitre l’homosexualité comme un choix possible de la personne humaine. La société tolère encore des unions incroyables entre des personnes âgées et des mineures. Des arrestations, détentions et procès d’hommes homosexuels et de personnes soupçonnées d’être homosexuelles ont lieu fréquemment en vertu de l’article 347a du Code pénal camerounais. Mais la position des décideurs est difficile à cerner aujourd’hui. Il y a quelques années, lorsque des personnes haut placées dans l’appareil étatique avaient été citées dans une affaire d’homosexualité, l’affaire avait viré au scandale socio-politique. Evoquant le sujet, le président Biya avait fait savoir que c’était des questions relevant de la vie privée. Récemment par contre, le gouvernement camerounais avait rappelé à l’ordre l’Union Européenne. Sa représentation camerounaise avait octroyé un financement de près de deux cent millions de FCFA pour assurer la garantie des droits des homosexuels lorsqu’ils sont devant des juges ou dans les prisons. Si l’article 347a est en vigueur depuis 1972, cela fait seulement quelques années qu’elle est appliquée avec grande force. Paradoxalement, cela coïncide aussi avec une augmentation de sa pratique dans la société et surtout parmi les plus jeunes.

L’homosexualité n’est pas toléré au Cameroun
samichaiban.wordpress.com)/n



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