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Homosexualité: Paul Biya dira-t-il non à François Hollande?

La dépénalisation de cette pratique au Cameroun sera à l’ordre du jour de l’entretien entre les présidents camerounais et français

A sa sortie d’audience avec le président du Cameroun Paul Biya, l’Ambassadeur de France a fait savoir que l’un des points à l’ordre du jour de l’entretien avec François Hollande serait la question de la dépénalisation de l’homosexualité dans la loi camerounaise. « Au cours de cette deuxième rencontre, après celle de Kinshasa, seront également évoqués les dossiers relatifs à l’affaire Michel Thierry ATANGANA et la légalisation de l’homosexualité au Cameroun », a expliqué Bruno Gain à sa sortie d’audience. Un morceau qui risque d’être difficile à avaler, dans l’excellent plat que constitue pour monsieur Biya, la rencontre avec le nouveau patron de l’Elysée (Siège de la Présidence Française). La position de François Hollande sur ce sujet est connue depuis sa campagne pour la présidentielle. Il est plus que favorable plus à une union entre personnes du même sexe et même à une institutionnalisation de ce type de relation par le mariage. Dans la logique du président français, cela fait partie de la grande panoplie des droits humains qu’il importe de protéger. Il est difficile de savoir ce que lui répondra le chef de l’Etat Camerounais sur ce sujet. Paul Biya n’a presque jamais rien dit sur le sujet, alors que son pays subit la pression de différentes formes d’Organisations Non Gouvernementales (ONG), qui demandent à son gouvernement de cesser de porter atteinte aux libertés des individus, notamment dans leurs choix sexuels. Une des rares occasions où la question a fait l’objet d’une réaction présidentielle au Cameroun, c’est lorsque des journaux avaient publié la « fameuse liste », des homosexuels qui minent le régime. Paul Biya dans un discours s’était alors refusé de parler des choses qui relèvent des questions de m urs privés.

Au delà de l’aspect juridique, qui condamne cette pratique, une partie de la société continue de rejeter les homosexuels. Lors de la fête de la nativité 2012, l’église a clairement pris position contre « un acte qualifié de maudit ». « Notre tradition honore en demandant à l’homme et à la femme de procréer pour étendre la génération dans nos villages. Nos communautés. Et c’est pour cela que nous devons défendre certaines valeurs. La valeur de la vie, c’est la valeur du mariage entre un homme et une femme. C’est la valeur de l’enfant que nous devons accompagner dans la vie » a répondu l’archevêque de Yoaoundé Mgr, Victor Tonye Mbakot, dans une interview accordée récemment à l’occasion de la cérémonie des v ux dans son archidiocèse. Avant lui c’est le cardinal Christian Tumi qui avait menacé en 2010 de soulever les populations à Douala, si le gouvernement faisait passer une convention ratifiée par le Cameroun, et dont une disposition autorisait insidieusement selon eux, à la femme de choisir son partenaire sexuel. Aux côtés de l’église, la société est encore plus critique. La justice elle aussi n’y va pas de main morte. A chaque cas d’homosexualité, elle a souvent appliqué la peine maximale. Dans certains quartiers de grandes villes, lorsque des présumés homosexuels sont arrêtés, c’est de justesse qu’ils ne sont pas brûlés vifs. Une homophobie qui a attiré les critiques d’Amnesty International et d’autres associations de défense des droits des homosexuels. Mais rien n’y fait. En 2011, le gouvernement a rappelé à la délégation de l’Union Européenne à Yaoundé, que financer une association de défense de l’homosexualité, était contraire aux bons offices entre les deux parties. Le sujet est d’autant plus d’actualité qu’elle divise actuellement la société française.

La dépénalisation de l’homosexualité au Cameroun sera à l’ordre du jour de l’entretien entre les présidents camerounais et français
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