Société › Faits divers

Il était une fois, les fabuleux cercueils venus du Ghana

Les artistes ghanéens poussent la création artistique à son summum en alliant art, sculpture et mémoire des morts

Une reconnaissance…
Depuis une dizaine d’années, un phénomène nouveau est apparu en Angleterre, celui des cercueils figuratifs. Qualifiés de Crazy coffins par la presse d’Outre-Manche, comprenez cercueils fous en français, cette nouvelle lubie bouscule les traditions anglo-saxonnes. Cela étant dit, il existe un précédent en Afrique de l’Ouest, au Ghana précisément. Plus anciens, puisqu’ils apparaissent dans les années 1950, les cercueils du Ghana sont destinés à honorer la mémoire du défunt en symbolisant l’activité terrestre qui fut sa renommée. Bien que réservées à une élite ghanéenne, ces sépultures restent très populaires dans tout le pays. En 1989, une exposition Magiciens de la Terre au Centre Pompidou à Paris, un film puis un livre de Thierry Secretan, révélèrent au monde comment des artistes ghanéens poussaient la création artistique à son summum en alliant art, sculpture et mémoire des morts.

Cercueil poisson, sans doute pour un pêcheur
Wolfgang Rattay/maximememoirevive.blogspot.com)/n

… De l’art venu du Ghana
Au Ghana, les funérailles sont une grande célébration et il revient aux familles d’honorer avec style leurs défunts. Dans la région de Teshie, l’atelier de menuiserie et de sculpture Samuel Kane Kwei fabrique des cercueils aux formes diverses qui symbolisent un métier, un loisir ou encore un vice de la personne décédée. Nés dans les années 50, les cercueils figuratifs sont vite devenus une tradition pour le peuple Ga puis pour tous les ghanéens. L’histoire débute dans la jeunesse du sculpteur, il a une fibre artistique exacerbée, ce pourquoi il décide de confectionner, bien naïvement, un cercueil atypique à l’image d’un proche décédé afin que le défunt puisse littéralement: reposer en paix! Samuel Kane Kwei s’exécute et ce qui devait être une cocasse histoire de famille à narrer aux générations futures devient une sacrée révolution pour le modeste peuple Ga qui ne représentait alors que 8% de la population ghanéenne. Quelques années plus tard, c’est tout le Ghana, qui revendique cet art, et tous les ghanéens veulent leurs cercueils personnalisés. Et voilà comment est née cette tradition des plus particulières…

Quelques pièces incroyables destinées aux morts
Leparisien)/n
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