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Infrastructures: Explosion du secteur au Cameroun

Les perspectives de croissance pour la construction d’infrastructures y sont fortes, malgré une implication très faible sur le produit intérieur brut

La part importante du secteur énergétique
Une hausse de 3%, c’est la performance que devrait réaliser le secteur de la construction des infrastructures au Cameroun entre 2011 et 2014, selon une enquête indépendante. Ces perspectives réévaluées indiquent que ce taux de progression est plus fort que dans certains pays développés. Une progression logique, et qui s’inscrit dans la lignée du lancement effectif des projets structurants. Les derniers développements de l’économie camerounaise laissent entrevoir au moins quatre piliers de cette croissance, répartis eux même en deux secteurs clés. D’abord sur le plan énergétique, la Banque Africaine de Développement(BAD), la Société Financière Internationale (SFI) et une compagnie Néerlandaise pour le financement du développement (FMO) sont convenues d’accorder un prêt de près 52 milliards de FCFA, pour la construction d’une centrale énergétique. L’objectif de cet investissement, apporter une part de solution au délicat problème du déficit énergétique. Autre projet de construction envisagé dans le même cadre, celui du barrage de Lom Pangar. Après avoir tourné en rond auprès de ses partenaires européens notamment la France, le Cameroun a trouvé une solution avec la partie Chinoise. La Chine a octroyé l’un des prêts les plus forts jamais consentis pour un même projet au Cameroun, avec notamment près de 298 milliards de FCFA, au mois de mai dernier. L’interlocuteur financier du Cameroun auprès de la Chine, China-Exim Bank, a annoncé dans la même période, des prêts pour la construction d’un autre barrage sur la rivière Ntem dans la localité de Mem’nvele.

Les exploitations minières aussi en orbite
L’autre volet de la construction d’infrastructures au Cameroun est relatif au secteur des mines. L’entreprise australienne Sundance Ressources attend encore d’avoir les accords du gouvernement camerounais et de trouver des partenaires stratégiques pour lancer le projet. Les projections de construction d’infrastructure autour de ce projet tourne autour de près de 180 milliards de FCFA. Ces projets incluent la construction de 510 kilomètres de lignes intérieures de chemin de fer, des structures d’installation sur le site d’exploitation et la construction déjà démarrée d’un port en eau profonde dans la localité de Kribi, située sur le littoral sud du pays. Toujours en matière d’exploitation minière, l’entreprise britannique Victoria Oil and Gas (VOG) a obtenu au mois de mai 2011, sa licence d’exploitation du gaz de Logbaba. L’acquisition de cette licence a eu pour conséquence directe le lancement de la construction de pipelines qui devraient permettre la distribution du gaz à usage énergétique, auprès des entreprises. Jonathan Scott Barett, le représentant de cette entreprise au Cameroun via Rodeo Development Limited, a promis aussi que plusieurs de ces travaux de construction seront confiés à des Petites et moyennes entreprises camerounaises. En matière gazière encore, le groupe Perrenco a aussi fait savoir qu’il envisageait de lancer avec Gaz de France et la Société Nationale des Hydrocarbures, la production de gaz naturel liquéfié toujours dans la localité de Kribi. Les perspectives globales pensent que ce marché pourrait atteindre les 500 milliards à partir de 2015.

Un impact limité sur le produit intérieur brut
Ces perspectives bien que positives devront encore faire face à la surcharge des sollicitations budgétaires de l’Etat. La relance de la construction d’infrastructures est en concurrence avec la volonté pour l’Etat de recruter plus de personne dans la fonction publique (recrutement des 25 000 emplois) et la nécessité d’assurer la maîtrise des coûts des produits de première nécessité (création de la MIRAP – Mission de Régulation des Approvisionnements des Produits de grande consommation, exonération des taux douane sur certains produits), ce qui a pour conséquence soit d’augmenter les charges de l’Etat, soit de réduire sa capacité à mobiliser des recettes pour l’investissement public. D’un autre côté, malgré cette forte progression du marché de la construction des infrastructures au Cameroun, son implication sur le produit intérieur brut réel risque d’être limitée. Les contours de l’assistance financière chinoise ne sont pas clairement présentés au public. Mais de toute évidence, les entreprises chinoises devraient utiliser du matériel acheté chez eux et rentré au Cameroun en franchise de douane. De même, une bonne partie de la main d’ uvre devrait elle aussi être importée de Chine, ce qui limite fortement la redistribution des sommes investies, tant au niveau de l’Etat qui perçoit peu de recettes sur le secteur, que des ménages qui ne sont pas concernés par les opportunités d’emploi. Enfin, pour les emplois disponibles, leur durée n’excèdera généralement pas 5 ans.

Le lancement des projets structurants fait évoluer le taux de réalisation dans le secteur de la construction des infrastructures
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