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Inondations à l’extrême nord: Paul Biya annonce une aide de 50 millions FCFA

Alors que l’eau se retire peu à peu, le bilan s’alourdit de plus en plus, et les experts craignent des conséquences plus graves

Un peu plus de 15 000 FCFA d’aide de départ, par sinistré
Le chef de l’Etat camerounais a annoncé un soutien immédiat de 50 millions de FCFA aux sinistrés de Pouss, localité de l’extrême-nord du Cameroun où un violent orage a causé de nombreux dégâts. Selon le dernier bilan, plusieurs autres corps ont été découverts ensevelis sous les décombres, portant le nombre de personnes décédées à 13 officiellement. On déplore aussi deux personnes disparues. Le retrait de l’eau a permis de dénombrer au moins 300 bêtes mortes noyées. Une catastrophe économique pour les populations en plus de la catastrophe naturelle. Le gouverneur de la région, joseph Betsi Assomo, la seule haute autorité à être descendue sur les lieux pour le moment, a estimé à 25%, la population sinistrée. Environ 3 000 personnes seraient donc concernées. Une division rationnelle de l’aide apportée aux victimes par le chef de l’Etat permet de déduire que pour chaque sinistré, il y en aura à peu près pour à peu près 15 500 FCFA, beaucoup trop peu pour leur permettre de se remettre. Le ministre de la santé avait lui annoncé que les blessés et tous ceux qui avaient besoin d’assistance médicale, seraient gratuitement pris en charge. Des mesures qui de l’avis des témoins contactés sur place ne représentent pas grand-chose. Dans la localité de Bagassaré, un nouveau quartier de la localité de Pouss, c’est presque tout le quartier qui est rasé. Rares sont les maisons qui ont pu résister à la tornade. Les populations ont presque tout perdu: vêtements, matériels de couchage, ustensiles de cuisine, nous comptons sur les pouvoirs publics pour un appui multiforme, a déclaré un habitant de Pouss joint au téléphone. Le gouverneur a prévenu il y aura certainement de l’aide, mais pas des indemnisations. Depuis le début de la catastrophe, le débat est plus concentré sur le soutien à apporter aux populations, un soutien qui tarde encore a vraiment s’organiser. Joseph Betsi Assomo a déclaré qu’une enquête avait été ouverte.

Craintes justifiées de catastrophe sanitaire
Selon des premiers témoignages, le Lac de Maga, sans protection particulière, aurait débordé créant une inondation sans précèdent. L’enquête permettra éventuellement de déterminer si les autorités foncières avaient appliqué le principe de précaution environnementale en invitant les populations à ne pas construire dans les zones à risque. C’est seulement sur cette base que pourra être envisagée une indemnisation des victimes. Pour l’heure, la plus grave menace est sanitaire. Les personnes ayant perdu leurs habitations se retrouvent dans des abris de fortune. La présence de cadavres d’animaux est un danger supplémentaire dans cette partie du pays frappée par une épidémie de choléra. Elle a déjà fait 83 morts dans le nord du Cameroun depuis le début du mois de juin selon une déclaration faite lundi par le gouvernement camerounais. Le ministre de la Santé, André Mama Fouda, a appelé les populations de la région touchée à faire preuve de vigilance et à signaler sans attendre tout cas suspect. Selon le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), cette épidémie, la plus grave depuis celle qui avait fait 100 morts en 2004 à Douala, la capitale économique du pays, risque de s’étendre rapidement. On peut craindre que si rien n’est entrepris d’urgence, l’épidémie ne s’étende rapidement, avec des conséquences incalculables pour le Cameroun et des pays voisins comme le Nigeria et le Tchad, s’est inquiété un responsable du CICR. La catastrophe de Pouss pourrait être le point de départ d’un drame humanitaire, si les autorités ne lui apportent pas une réponse appropriée. Elle intervient dans un contexte où le courant électrique fait défaut depuis plusieurs jours.


Journalducameroun.com)/n
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